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CRITIQUES DE CONCERTS 24 février 2018

Nouvelle production de l'Étoile de Chabrier mise en scène par Macha Makeïeff et Jérôme Deschamps et sous la direction de Sir John Eliot Gardiner à l'Opéra-Comique, Paris.

Une Étoile sans éclat

L'Étoile guide l'Opéra-Comique vers une nouvelle destinée. Pour ses débuts de directeur de la salle Favart, Jérôme Deschamps met en scène l'opéra bouffe de Chabrier qui voilà vingt-quatre ans sur cette même scène, fit un passage aussi triomphal que sans lendemain. Les deux productions, ont un point commun : John Eliot Gardiner. Avec un succès variable d'une fois sur l'autre

 

Opéra Comique - Salle Favart, Paris
Le 13/12/2007
Nicole DUAULT
 



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  • Il a de la suite dans les idées, le plus francophile des chefs britanniques. Cela fait la troisième production de l'Étoile qu'il dirige. Celle qu'il présenta jadis dans cette même salle Favart était une production de l'Opéra de Lyon dont il était alors le directeur musical. Autant avec la formation lyonnaise la partition parut pétillante, autant cette fois-ci avec l'Orchestre Révolutionnaire et Romantique, elle se révèle pesante et sans saveur. Sans doute les instruments anciens, la ponctuation musicale insistante ralentissent et alourdissent-ils sans raison la partition.

    Orfèvre en reconstitution, Gardiner, à trop vouloir scruter, analyser, décortiquer, plombe la musique et lui enlève son punch. Chabrier a tout entendu, tout vu. Il connaît son Wagner et son Rossini par coeur et les parodies qu'il en fait, entre autres, sont délicieuses. Encore faut-il les jouer comme des parodies et non les prendre à la lettre.

    On est fort malheureux dans la Romance à l'étoile où l'humour, la fantaisie et la loufoquerie sont absentes. On est encore plus désappointé dans le duo de la Chartreuse verte où, malgré le talent ironique de Jean-Philippe Lafont, (l'astrologue Siroco) et celui de Jean Luc Viala (le roi Ouf), la parodie rossinienne ne décolle pas.

    Circonstance atténuante : peut-être ce manque d'entrain était-il dû au stress de la première puisque les autres représentations ont fait le plein de spectateurs ? Élément positif, le remarquable Monteverdi Choir. Il est rare de trouver une formation étrangère qui sache aussi bien prononcer le français. Chaque mot est ainsi compréhensible.

    Gags éculés

    Le décor gentillet et sans prétention avec de jolies toiles peintes de Macha Makeïeff apporte une dose de charme que la mise en scène de Jérôme Deschamps ne transforme pas. On a connu l'inventeur du pétaradant Lapin Chasseur, l'imaginatif créateur des Deschiens plus en verve que dans ces gags éculés. Il était plus à l'aise dans son habit de contestataire persifleur que dans celui, officiel, de directeur et metteur en scène d'opéra.

    Espérons qu'il s'agisse d'une timidité passagère face à l'institution et que sa créativité ravageuse, son inspiration mordante vont rapidement prendre le dessus. Côté chanteurs : Jean-Luc Viala et Jean-Philippe Lafont, en professionnels de haute trempe, semblent s'amuser en permanence. Heureusement qu'ils sont là pour nous dérider un peu !

    La charmante Stéphanie d'Oustrac peine dans un rôle pour lequel elle n'est peut-être pas faite. On l'a connue plus brillante que dans cette pâle Étoile qu'il ne faut pourtant pas condamner tant la musique de Chabrier mérite beaucoup mieux. On souhaiterait que cet opéra, inscrit au répertoire, soit redonné dans quelques saisons. Il retrouverait peut-être un peu de cette allégresse qui enchantait l'ami de Chabrier, Paul Verlaine.




    Opéra Comique - Salle Favart, Paris
    Le 13/12/2007
    Nicole DUAULT

    Nouvelle production de l'Étoile de Chabrier mise en scène par Macha Makeïeff et Jérôme Deschamps et sous la direction de Sir John Eliot Gardiner à l'Opéra-Comique, Paris.
    Emmanuel Chabrier (1841-1894)
    L'Étoile, opéra bouffe en trois actes (1877)
    Livret d'Eugène Leterrier et Albert Vanloo

    The Monteverdi Choir
    Orchestre Révolutionnaire et Romantique
    direction : Sir John Eliot Gardiner
    mise en scène : Macha Makeïeff et Jérôme Deschamps
    décors et costumes : Macha Makeïeff
    éclairages : Dominique Bruguière

    Avec :
    Jean-Luc Viala (le roi Ouf 1er), Jean-Philippe Lafont (Siroco), Christophe Gay (Hérisson), Stéphanie d'Oustrac (Lazuli), Anne-Catherine Gillet (la princesse Laoula), Blandine Staskiewicz (Aloès), François Piolino (Tapioca).

     



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