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CRITIQUES DE CONCERTS 17 octobre 2019

Nouvelle production de la Dame de pique de Tcha√Įkovski mise en sc√®ne par Peter Stein et sous la direction de Kirill Petrenko √† l'Op√©ra de Lyon.

Une Dame sans apparat
© Bertrand Stofleth

Anna Tarassova (la Comtesse)

Demi-r√©ussite que cette Dame de Pique lyonnaise qui cl√īt la trilogie Tcha√Įkovski entam√©e il y a deux ans par Peter Stein. Si Guryakova et Maximova continuent √† dominer le plateau, une distribution masculine seulement moyenne, une partie chorale et orchestrale pas exceptionnelles et une mise en sc√®ne habile mais sans apparat peinent √† rendre pleinement justice √† ce jalon de l'op√©ra russe.
 

Opéra national, Lyon
Le 03/02/2008
Benjamin GRENARD
 



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  • Avec cette production de la Dame de pique s'ach√®ve la trilogie consacr√©e √† Tcha√Įkovski sous la direction sc√©nique de Peter Stein, commenc√©e il y a deux saisons avec Mazeppa et poursuivie l'ann√©e pass√©e par Eug√®ne On√©guine. Le metteur en sc√®ne allemand donne ici une lecture sans apparat, √† la sc√©nographie peu s√©duisante mais qui au moins s'accommode parfaitement au livret, et s'av√®re habile √† faire ressortir par des d√©cors en carton-p√Ęte la superficialit√© et le mauvais go√Ľt d'une soci√©t√© qui s'adonne √† des f√™tes creuses et kitsch, soci√©t√© qui fa√ßonne aussi ses enfants d√®s le plus jeune √Ęge comme le montre habilement le premier tableau.

    D'o√Ļ le faux et ridicule clinquant de l'entr√©e de Catherine II, la coupure de l'interm√®de mozartien, les attitudes niaises et pu√©riles des suivantes de Lisa lorsque Pauline se livre √† quelque romance-clich√©. Stein prend parfaitement en compte la dimension r√©aliste de l'ouvrage pour laisser quelque peu de c√īt√© l'aspect romantique. Mais celui-ci ressort suffisamment pour mettre en valeur le contraste entre une soci√©t√© pernicieuse et indiff√©rente et un Hermann fragile dont la n√©vrose est de s'aimer soi-m√™me en train d'aimer, femme ou jeu, qui ne peut que conduire au destin fatal des protagonistes.

    La distribution, comme dans les deux productions pr√©c√©dentes, se distingue par sa tenue globale due √† la pr√©sence de nombreux chanteurs slaves. Kostadin Andreev campe ainsi un Hermann correct, voire d'une tenue technique et musicale honorable compte tenu de la difficult√© du r√īle. Si Anna Tarassova lui donne une r√©plique moins enthousiasmante que ce que sa remarquable Lioubov d'il y a deux ans semblait promettre, sa Comtesse n'en demeure pas moins soigneusement bross√©e psychologiquement.

    De belles voix composent √©galement les r√īles secondaires √† l'image du Sourine profond et prometteur d'Ante Jerkunica, Nikolai Putilin restant quant √† lui un Tomski in√©gal, au beau mat√©riau mais √† la f√Ęcheuse tendance √† intoner trop bas dans les sommets de son premier acte.

    Excellentes voix féminines

    Mais ce sont surtout Olga Guryakova en Lisa et Elena Maximova en Pauline, on ne peut plus russes par leur remarquable beaut√© physique et leur pr√©sence que par leur voix dense et chaude dans la lign√©e de l'√©cole russe¬ł qui suscitent un engouement sans r√©serve. D√©j√† soeurs remarquables dans On√©guine, elles confirment leur excellence musicale et leur compl√©mentarit√© exemplaire. Maximova rend toute la saveur d'une voix moir√©e et proprement charnelle, qui aurait dam√© le pion √† la moindre soprano s'il ne s'√©tait agit de Guryakova, toujours d'une finesse, d'une tendresse et d'un engagement parfaits.

    Le jeune Kirill Petrenko, tr√®s remarqu√© dans les deux productions pr√©c√©dentes, confirme sa proximit√© avec le r√©pertoire tcha√Įkovskien, en particulier dans les passages lyriques et dramatiques. Cependant, sa lecture se situe tout de m√™me en de√ß√† des incontestables r√©ussites qu'avaient constitu√©es Mazeppa et On√©guine, tout comme le choeur un l√©ger cran en-dessous de son niveau habituel.

    Cette direction achoppe dans les multiples références néo-classiques de l'opéra, comme la scène du bal, appesantie et manquant souvent d'esprit. L'orchestre lui-même se révèle inégal, du magnifique violoncelle solo à une clarinette proprement désastreuse, gonflant et métallisant systématiquement le son à la manière d'un style yiddish hors de propos dans ce contexte sonore.




    Opéra national, Lyon
    Le 03/02/2008
    Benjamin GRENARD

    Nouvelle production de la Dame de pique de Tcha√Įkovski mise en sc√®ne par Peter Stein et sous la direction de Kirill Petrenko √† l'Op√©ra de Lyon.
    Piotr Illitch Tcha√Įkovski (1840-1893)
    La Dame de pique, opéra en un trois actes et sept tableaux (1890)
    Livret de Modest Tcha√Įkovski d'apr√®s Pouchkine

    Choeurs et Orchestre de l'Opéra national de Lyon
    direction : Kirill Petrenko
    mise en scène : Peter Stein
    décors : Ferdinand Wögerbauer
    costumes : Anna Maria Heinrich
    éclairages : Duane Schuler
    préparation des choeurs : Alan Woodbridge

    Avec :
    Kostadin Andreev (Hermann), Nikolai Putilin (Tomski), Andrei Breus (Eletski), Roman Sadnik (Tch√©kalinski), Ante Jerkunica (Sourine), Marianna Tarasova (La Comtesse), Olga Guryakova (Lisa), Elena Maximova (Pauline), Nadine Denize (La gouvernante), Didier Roussel (Tchaplitski), Paolo Stupenengo (Naroumov), Brian Bruce (Le ma√ģtre de c√©r√©monies), Sophie Lou (Macha).

     



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