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CRITIQUES DE CONCERTS 16 août 2018

Récital de Gianluca Cascioli dans le cadre de Piano**** au Théâtre du Châtelet, Paris.

Du talent, mais

Rendez-vous maintenant régulier du jeune pianiste italien Gianluca Cascioli avec le public parisien grâce à la série Piano****. Dans un programme assez maladroitement équilibré, cette personnalité incontestable n'a pas toujours su vraiment bien s'exprimer, notamment dans le répertoire typiquement germanique.
 

Théatre du Châtelet, Paris
Le 19/03/2008
Gérard MANNONI
 



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  • On est souvent dérouté par les récitals de Gianluca Cascioli. Il n'est pas question de nier les grandes qualités de cet artiste qui n'a pas encore 30 ans et possède donc encore bien du temps pour parvenir à la pleine maturité. Doté d'un toucher d'une grande finesse et d'un souplesse très appréciable, ennemi de toute dureté, généralement imaginatif, toujours sensible, son jeu semble pourtant rester souvent à la surface des oeuvres qu'il aborde. Est-ce d'ailleurs un bon choix que de consacrer une première partie de concert à trois sonates finalement assez semblables et poussant le pianiste à faire joli plutôt que réfléchi ou approfondi ?

    Sonate Linz de Mozart, Sonate pour Thérèse et 27e sonate en mi mineur de Beethoven, Cascioli ne cherche guère à traduire ce qui aurait pu différencier ces pages les unes des autres. Une série de mouvements assez brefs ? les deux sonates de Beethoven ne comportent que deux mouvements ? des doigts courant allègrement sur le clavier et délivrant des sonorités scintillantes et agréables, mais peu de conscience d'une évolution de la pensée et du langage romantique, ou, si l'on préfère, de ce qui fait passer la sensibilité d'un Mozart précurseur à un Beethoven héritier de ses avancées.

    Beethoven ne réussit décidément pas à Cascioli, on l'avait déjà constaté. Et pourtant, le meilleur moment du récital est sans doute le dernier mouvement de la Sonate la Tempête, donné en bis, d'un investissement beaucoup plus affirmé, de choix bien plus nets, et d'une vision bien plus convaincante et attachante du monde beethovénien.

    La deuxième partie de la soirée était consacrée à la Fantaisie en ut majeur de Schumann, redoutable monument, aussi séduisant que compliqué à aborder. L'approche de Cascioli est inégale, avec de beaux moments, plus abandonnés, sincères, cherchant des sonorités moins évidentes, des contrastes plus significatifs, mais avec aussi une certaine manière de laisser parfois se dérouler les notes sans vouloir prendre parti.

    Sans tomber dans une sorte de racisme musical, on pourrait dire que dans un programme comme celui-ci, Cascioli manque de germanité et pèche par excès de latinité, travers que n'ont pas eu tous les grands maîtres italiens du clavier, Michelangeli et Pollini notamment, ce dernier nous ayant laissé au disque une interprétation de référence de la Fantaisie de Schumann.

    Des précédentes apparitions de Cascioli, c'est de son interprétation de la musique française que l'on garde le plus beau souvenir. C'est probablement à retenir




    Théatre du Châtelet, Paris
    Le 19/03/2008
    Gérard MANNONI

    Récital de Gianluca Cascioli dans le cadre de Piano**** au Théâtre du Châtelet, Paris.
    Mozart, Beethoven, Schumann
    Gianluca Cascioli, piano

     


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