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CRITIQUES DE CONCERTS 23 février 2018

Nouvelle production de Zampa de Hérold mise en scène par Jérôme Deschamps et Macha Makaïeff et sous la direction de William Christie à l'Opéra-Comique, Paris.

Le retour de Zampa
© Eric Mahoudeau

Richard Troxell (Zampa) et Patricia Petibon (Camille).

William Christie, héraut du baroque, pourfendeur des idées reçues, a eu le coup de foudre pour Zampa de Ferdinand Hérold. France Musique qui enregistre cette production de l'Opéra-Comique l'a vendue à plus de trente radios étrangères. Zampa était un phénomène au XIXe siècle, il le redevient au XXIe. Tout à la fois il étonne, il déconcerte, il passionne et consterne.
 

Opéra Comique - Salle Favart, Paris
Le 10/03/2008
Nicole DUAULT
 



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  • Ce Zampa a de quoi décoiffer les mélomanes. Il est tout à l'opposé de ce que l'on entend et voit d'habitude sur scène. Il trouble, il ironise. Côté mise en scène, Jérôme Deschamps manie la parodie, l'outrance et la grandiloquence avec un plaisir non dissimulé en donnant aux chanteurs-acteurs une gestique emphatique. On pense à ces films où l'on voit Sarah Bernhardt déclamant. Macha Makeïeff s'est amusée d'un style troubadour que ne renierait pas Viollet-Le-Duc au château de Pierrefonds. À un détail près puisque l'histoire se déroule en Sicile : c'est l'Etna fumant qui paraît entre des arcades gothiques.

    L'histoire située au XVIe siècle est rocambolesque à souhait. Camille, fille du comte de Lugano, va épouser son amoureux Alphonse de Monza. Elle est également convoitée par le pirate Zampa qui, pour imposer son amour, a pris le père de la belle en otage et menace de le tuer si elle ne cède pas. Le jour des noces, Zampa provoque une statue de marbre. Elle représente une jeune fille qu'il a jadis séduite et qui est morte de chagrin. Par dérision, il passe un anneau au doigt de la statue, la nommant « sa fiancée jusqu'à demain ». Alphonse qui reconnaît en Zampa son frère, décide d'enlever Camille. Zampa se lance à leur poursuite. Il est arrêté par la statue qui l'entraîne dans l'Etna en éruption.

    Dans ces péripéties romantico-fantastiques se multiplient les clins d'?il à Don Juan : la statue est une réplique de celle du Commandeur. Quant au valet de Zampa, après sa disparition, il dérobe la bourse du corsaire et l'on pense évidemment à Sganarelle. L'histoire tragique, à faire pleurer Margot, mêle en contrepoint un trio comique, Ritta, Dandolo et Daniel. Toutes les formes traditionnelles de l'opéra comique sont respectées.

    L'ouverture « en fusée » comme l'on dit, tant elle est pétaradante, tous les mélomanes l'ont entendue au moins une fois. Elle est programmée en début de bien des concerts. Christie n'y va pas d'ailleurs pas de main morte, lui donnant, à l'image de la mise en scène, une tonalité parodique. L'oeuvre, succès de l'Opéra-Comique et de tous les grands théâtres de région au XIXe siècle, chacun la découvre.

    Certes on s'attendrait aux sonorités d'un orchestre romantique. Désappointement sans doute pour beaucoup. Christie est là et veille sur une orthodoxie réinventée. Écarts stupéfiants entre les dynamiques fortes et les murmures, le chef texan a trouvé une atmosphère doucereuse et acide, intempestive et mélancolique, intelligente et naïve censée s'approcher de ce que l'on entendait jadis. À rebrousse-poil de nos habitudes.

    Les parties vocales exigent des interprètes une véritable ampleur, notamment celle du rôle-titre. Il y a de quoi en interloquer plus d'un. Un exemple : le ténor Richard Troxell (Zampa), dont les aigus acidulés et les sautes d'intonation stupéfient. Il a été très critiqué. Cela est injuste et témoigne d'une méconnaissance totale de l'approche musicale de cette époque où se succèdent barcarolles tendres, effets dramatiques et humour naïf.

    La distribution, outre Richard Troxell, fait découvrir l'excellent ténor Bernard Richter (Alphonse). Patricia Petibon (Camille), vocalement impeccable, n'arrive pas scéniquement à être sincère et authentique. Elle devrait peaufiner son ego. Les rôles comiques sont magnifiques et notamment la mezzo Doris Lamprecht, épatante Ritta.

    Voilà une soirée tout en nuances: sans doute faudrait-il reprendre cette oeuvre avec un autre orchestre, moderne cette fois, et l'on se rendrait compte alors de toute l'inventivité de William Christie.




    Opéra Comique - Salle Favart, Paris
    Le 10/03/2008
    Nicole DUAULT

    Nouvelle production de Zampa de Hérold mise en scène par Jérôme Deschamps et Macha Makaïeff et sous la direction de William Christie à l'Opéra-Comique, Paris.
    Ferdinand Hérold (1791-1833)
    Zampa ou la Fiancée de marbre, opéra comique en trois actes (1831)

    Orchestre des Arts Florissants
    direction : William Christie
    mise en scène : Macha Makeïeff & Jérôme Deschamps
    décors et costumes : Macha Makeïeff
    éclairages : Dominique Bruguière

    Avec :
    Richard Troxell (Zampa), Bernard Richter (Alphonse), Patricia Petibon (Camille), Léonard Pezzino (Daniel), Doris Lamprecht (Ritta), Vincent Ordonneau (Dandolo).

     



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