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CRITIQUES DE CONCERTS 21 mai 2018

Concert de l’Orchestre national de France sous la direction de Tugan Sokhiev, avec la participation du pianiste Jonathan Gilad au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

L’éclat des trentenaires

Le chef a 31 ans, le soliste 27. Ils sont la nouvelle génération en plein épanouissement. Le duo Tugan Sokhiev-Jonathan Gilad fait un triomphe dans un programme tout russe avec l’Orchestre National de France. Une soirée réconfortante, qui aura peut-être permis à un public plus habitué au romantisme germanique de mesurer la grandeur de la musique symphonique russe.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 22/05/2008
Gérard MANNONI
 



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  • Loin de l’emportement et de l‘apparente spontanéité débridée d’un Gergiev, Tugan Sokhiev est pourtant un chef de la même veine et certainement la plus évidente personnalité russe révélée en ce domaine depuis l’ascension du grand Valery. Le jeune Ossète continue en effet son parcours sans faute et ses triomphes se succèdent à Paris comme ailleurs.

    Dans ce programme consacré à Borodine et à Rachmaninov, il montre une fois encore sa parfaite maîtrise d’une technique de direction d’une absolue clarté, où aucun geste ne semble inutile. Ce n’est pas le minimalisme d’un Karajan ni la fougue échevelée d’un Gergiev – encore lui, mais la comparaison est inévitable ! – mais plutôt une sorte de lucidité permanente qui accompagne et canalise un engagement profond dans une lecture d’une confondante exactitude.

    La 2e symphonie de Borodine n’est pas facile à faire accepter par un public beaucoup plus habitué au monde germanique romantique, intellectualisant en ce qui concerne l’écriture symphonique. C’est un univers quasiment opposé à celui de Schumann ou de Mahler, par exemple, un univers où le langage passe d’abord par la palette des couleurs et le jeu des rythmes. On y respire davantage l’air vivifiant des steppes que celui plus confiné des salons et des bibliothèques viennois.

    Mais proposé avec une pareille lucidité, sans faute de goût, dans la vérité de ce que cette musique a de plus beau, soutenu avec un enthousiasme magnifique par le talent d’un Orchestre national visiblement très motivé par les propositions du chef, c’est tout un monde qui s’anime pour nous, riche de saveurs, de couleurs, de lyrisme. Certes, comme dans les célèbres Danses polovtsiennes en ouverture du programme, l’harmonie est mise à rude épreuve, mais les pupitres du National y brillent de façon impressionnante.

    Entre ces deux pages de Borodine, une autre grande partition russe de la fin du XIXe siècle, le 1er concerto de Rachmaninov, dans sa version définitive de 1917 bien sûr. Œuvre brillante, opulente, où le piano déploie les fastes d’une virtuosité chaleureuse aux humeurs cependant bien diversifiées. Jonathan Gilad peut y confirmer sa position de figure majeure du piano français et même international. En parfaite osmose avec l’orchestre et le chef, il sait dérouler avec naturel ce propos généreux, riche de sons, de lumières, d’envolées poétiques, de pauses plus méditatives.

    Un grand moment de musique instrumentale, de fusion piano-orchestre, sans que l’aspect soliste passe au second plan. Cela est aussi est dû au chef, présent juste comme il le faut. Peut-être un concert comme celui-ci aura-t-il ouvert des horizons à un public français qui est encore assez peu concerné par les grandes pages de la musique orchestrale russe, hormis les symphonies de Tchaïkovski, et encore pas toutes, et cela depuis peu de temps !




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 22/05/2008
    Gérard MANNONI

    Concert de l’Orchestre national de France sous la direction de Tugan Sokhiev, avec la participation du pianiste Jonathan Gilad au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Alexandre Borodine (1833-1887)
    Danses polovtsiennes, extraites du Prince Igor

    Sergei Rachmaninov (1873-1943)
    Concerto pour piano n° 1 en fa# mineur, op. 1
    Jonathan Gilad, piano

    Alexandre Borodine (1833-1887)
    Symphonie n° 2 en si mineur, « Épique »

    Orchestre National de France
    direction : Tugan Sokhiev

     


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