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CRITIQUES DE CONCERTS 19 novembre 2018

Récital du ténor Roberto Alagna accompagné par l’Orchestre symphonique de Navarre sous la direction de David Gimenez Carreras dans le cadre des Grandes Voix au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Viva Roberto !
© DG

Sous le titre de Viva Verdi, Roberto Alagna vient de donner dans la série des Grandes Voix un récital exemplaire au Théâtre des Champs-Élysées, autant par le choix des œuvres chantées que par la manière de les aborder. Une grande soirée de chant par un artiste au faîte de ses moyens, devant un public d’adorateurs.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 30/05/2008
Gérard MANNONI
 



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  • À l’heure où les amateurs d’art lyrique et de vraies belles voix doivent si souvent, pour satisfaire leur passion, subir des mises en scènes absconses aux distributions incertaines et dont les multiples approximations se veulent compensées par la nature audacieuse et nouvelle de lectures bien souvent confuses ou embourbées dans leur prétention à découvrir enfin la vérité vraie de la partition, quel plaisir qu’une soirée où l’on peut goûter sans contrainte ce qu’une voix en pleine maturité, menée à la perfection, peut donner !

    Roberto Alagna est de ces artistes exceptionnels que l’on compte sur quelques doigts d’une main à chaque génération, qui savent servir à la fois la musique, le répertoire et le public. On pourrait même dire leur public, car il se forge peu à peu un rapport très personnel entre ces artistes chez qui tous les dons sont réunis et ceux qui ne manqueraient pour rien au monde leur apparition chaque saison.

    Généreux, décontracté mais hyper professionnel, Roberto Alagna a aussi cet art de nous faire cadeau de chaque air comme s’il s’agissait d’un présent personnel. Il sait créer cette osmose avec son auditoire que maîtrisaient aussi de façon magistrale une Elisabeth Schwarzkopf, une Jessye Norman, un Luciano Pavarotti, avec moins de théâtre et plus de spontanéité que ce dernier.

    C’est autant une superstar qu’un ami que l’on retrouve, et en fin de concert, les bouquets qu’on lui apporte à la rampe, les mains qui se tendent, les échanges verbaux avec le public, les flashes qui fusent de partout constituent un rituel sympathique, familier, dont la spontanéité reste intacte. Sans parler de la bousculade pour la signature des disques dans le hall du théâtre, où l’on échange quelques mots avec l’idole, où l’on se fait prendre en photo avec lui, et où il joue le jeu avec un évident plaisir et beaucoup de gentillesse.

    Mais tout cela ne serait que folklore, bien sûr, si le chant n’était aussi beau, aussi exact, aussi gratifiant. Les airs de Verdi qu’Alagna a choisis ne sont pas ceux que l’on chante le plus souvent en concert, et ils appartiennent en outre à des périodes couvrant la quasi totalité de l’œuvre du compositeur. Des Lombardi de 1843 à l’Otello de 1887, on passe, même si l’ordre chronologique n’est pas respecté, par les opéras des années 1850 – Rigoletto, la Traviata, les Vêpres siciliennes –, et par ceux de la pleine maturité – la Force du destin, Aïda.

    Autant de manières différentes d’aborder le chant verdien, ce qu’Alagna distingue parfaitement tant par le style que par le type d’émission. Un plaisir rare aussi, celui d’entendre Celeste Aida non pas en lever de rideau comme dans l’opéra, quand le ténor n’a guère eu le temps de prendre ses marques, mais en fin de première partie, quand la voix est chaude juste ce qu’il faut. Éblouissant, en l’occurrence, d’honnêteté musicale et de facilité.

    Et puis, il fallait oser terminer non pas sur un contre-ut comme beaucoup n’auraient pas résisté à la tentation de le faire, mais sur la mort d’Otello où le théâtre, l’expression dramatique, la musicalité prennent le pas sur les effets de voix. Une future prise de rôle ? Pourquoi pas. Bien d’autres, et non des moindres, s’y sont jetés sans avoir les moyens actuels d’Alagna.

    Connaissance aiguë de l’œuvre de Verdi

    Au-delà des toujours impressionnantes possibilités vocales du chanteur, on ne peut qu’admirer la connaissance aiguë de l’œuvre de Verdi que traduit chaque interprétation, la facilité impressionnante de passer d’un univers à un autre, la résistance fondée sur une technique imparable qui permet d’arriver aussi frais à la fin du concert qu’au début et d’enchaîner sur deux bis pucciniens, eux aussi abordés dans leur style à eux, exactement, avant d’oser, a cappella, et pour cause, un couplet de Brassens ! Une vraie fête jusqu’au bout, à la fois si rigoureuse, si brillante et si conviviale.

    L’Orchestre symphonique de Navarre et le chef David Giménez Carreras ont tenu avec sûreté le difficile rôle d’accompagnateurs et de responsables des différentes ouvertures et préludes intercalés comme il se doit entre les airs. Ce n’est pas un exercice de tout repos.

    La prochaine saison de Grandes voix sera plus que brillante, avec des habitués, bien sûr, dont Alagna à deux reprises, mais d‘illustres nouveaux venus dans cette programmation comme le ténor Jonas Kaufmann ou Nina Stemme par exemple. Et puis, dans les concerts à deux, une association inattendue, celle de Rolando Villazón et de Bryn Terfel. On bout d’impatience !




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 30/05/2008
    Gérard MANNONI

    Récital du ténor Roberto Alagna accompagné par l’Orchestre symphonique de Navarre sous la direction de David Gimenez Carreras dans le cadre des Grandes Voix au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Airs et pages symphoniques de Verdi
    Roberto Alagna, ténor
    Orquesta Simfonica de Navarra
    direction : David Giménez Carreras

     


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