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CRITIQUES DE CONCERTS 12 juillet 2020

Concert d’ouverture du festival de Saint-Denis 2008 par l’Orchestre national de France sous la direction de Riccardo Muti.

Grand messe

En ouverture du Festival de Saint-Denis 2008, Riccardo Muti, à la tête de l’Orchestre national de France et des Chœurs de Radio France, s’accorde à la magie du lieu par l’intensité de sa direction dans des pièces religieuses de Porpora et Cherubini et surtout dans le chef-d’œuvre absolu et si rarement entendu en France qu’est la dernière messe de Schubert.
 

Basilique, Saint-Denis
Le 30/05/2008
Michel LE NAOUR
 



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  • Parfois contestĂ© dans le domaine symphonique – mĂŞme s’il va occuper le poste de directeur musical de l’Orchestre de Chicago en 2010 –, Riccardo Muti fait l’unanimitĂ© lorsqu’il aborde l’opĂ©ra et la musique sacrĂ©e. Familier du Festival de Saint-Denis depuis 1982, le chef italien y a donnĂ© les plus grandes partitions et surtout son cher Cherubini, dont il a remis les messes en selle avec le plus grand bonheur.

    En dĂ©but de programme, un clin d’œil Ă  ses origines avec le Salve Regina du Napolitain Porpora qui eut au XVIIIe siècle son heure de gloire – il eut comme Ă©lève le jeune Haydn Ă  Vienne. Il ne faut pas attendre de Muti qu’il revisite ce rĂ©pertoire Ă  la manière des baroqueux. Plus proche d’une conception romantique et Ă©panouie oĂą les cordes sensuelles du National font un Ă©crin Ă  la voix chaleureuse et virtuose d’Elina Garanča, il ne peut, malgrĂ© le soin apportĂ© aux nuances, faire de cette Ĺ“uvre Ă  la gloire de la Vierge Marie plus qu’elle ne peut donner au niveau de sa substance musicale.

    Dans le Chant pour la mort de Haydn de Cherubini, écrit en 1805 à la suite d’une rumeur courant sur la mort du compositeur viennois qui ne s’éteignit en fait qu’en 1809, sorte d’oratorio de quinze minutes, l’influence de la cantate française se fait sentir mais ne peut se comparer à ce qu’écrira plus tard Berlioz.

    Pourtant, le compositeur italien dont on sait qu’il fut directeur du Conservatoire de Paris de 1822 jusqu’à sa mort en 1842 et apprécié de Beethoven, parvient dès l’introduction à créer, par une orchestration saisissante, où les bois et les cordes graves se détachent, un climat solennel qui se délite un peu par la suite. Les trois solistes, portés par la battue souple de Muti, donnent le meilleur d’eux-mêmes avec un caractère théâtral parfois annonciateur du bel canto.

    Une messe de génie

    Morceau de résistance, la dernière et 6e messe de Schubert – que l’on n’entend jamais en France – tient par comparaison du génie. Œuvre de commande composée en quelques mois dans cette année 1828 qui vit naître tant de chefs-d’œuvre, elle devait célébrer la consécration de l’église de la Sainte-Trinité dans les faubourgs de Vienne, et peut-être permettre à Schubert de postuler à la Chapelle Impériale de la capitale autrichienne. On pouvait attendre de la part de l’ancien directeur musical de la Scala qu’il s’engage sur la voie du théâtre plus que de la liturgie, ce qui d’ailleurs n’est pas un contresens eu égard aux idées philosophiques et humanistes de Schubert.

    L’impact dramatique l’emporte certes sur le sentiment religieux (Benedictus), mais l’élégance du discours, la hauteur de vue de la direction, l’équilibre des pupitres, le dosage des contrastes qui intègre la violence autant que la délicatesse, emportent l’adhésion. La qualité du plateau vocal, en particulier le ténor Topi Lehtipuu, saisissant dans l’Et incarnatus est et la soprano Genia Kühmeier, au timbre lumineux, y contribue.

    Quant Ă  l’Orchestre national, visiblement sous le charme du magnĂ©tisme de Muti, il rĂ©ussit, exploit dans l’acoustique de Saint-Denis, Ă  rendre clair ce qui pourrait ĂŞtre plus compact. Les ChĹ“urs de Radio France, superbement prĂ©parĂ©s par Bruno Casoni, sont d’une parfaite cohĂ©sion et d’un engagement permanent, donnant Ă  cette soirĂ©e extraordinaire – au sens premier, c’est-Ă -dire « hors de l’ordinaire Â» – une impression d’achèvement.




    Basilique, Saint-Denis
    Le 30/05/2008
    Michel LE NAOUR

    Concert d’ouverture du festival de Saint-Denis 2008 par l’Orchestre national de France sous la direction de Riccardo Muti.
    Nicola Porpora (1686-1768)
    Salve Regina (1725)
    Elina Garanča, mezzo-soprano

    Luigi Cherubini (1760-1842)
    Chant pour la mort de Haydn (1805)

    Franz Schubert (1797-1828)
    Messe n° 6 en mib majeur D. 950 (1828)
    Genia KĂĽhmeier, soprano
    Elina Garanča, mezzo-soprano
    Topi Lehtipuu, Herbert Lippert, ténors
    Luca Pisaroni, basse

    Chœur de Radio France
    direction : Bruno Casoni
    Orchestre national de France
    direction : Riccardo Muti

     


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