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CRITIQUES DE CONCERTS 18 novembre 2018

Récital du pianiste Arcadi Volodos au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Une étoile montante

Au fil des années, Arcadi Volodos s’affirme comme l’un des pianistes avec lequel il faut incontestablement compter. Son récital au Théâtre des Champs-Élysées dans des œuvres de Schubert et Liszt témoigne d’une maturité au-delà du caractère purement virtuose qui semblait marquer jusque-là ses interprétations.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 02/06/2008
Michel LE NAOUR
 



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  • L’an dernier déjà au TCE, Arcadi Volodos avait impressionné par un approfondissement de son art pianistique. Dans le même cadre, celui des concerts produits par Jeanine Roze, son dernier récital apporte la preuve que, désormais pour lui, l’intériorité peut aussi l’emporter sur l’exaltation des doigts. Son programme ne cherche pas à séduire le chaland bien que l’interprétation démonstrative en fin de concert de la 13e rhapsodie de Liszt revue et corrigée par ses soins semble désormais ne plus rien apporter à sa gloire d’héritier de Cziffra mâtinée d’Horowitz.

    On s’attachera davantage à l’exécution si parfaite d’intentions et de réalisation de la Sonate en sol majeur D. 894 de Schubert qui, outre la dimension poétique, atteint une plénitude (Molto moderato e cantabile) où la profondeur rejoint la subtilité du geste. Avec une gourmandise apparente – les mouvements de la tête semblent, comme les yeux fermés, vouloir toucher le ciel –, Volodos, sans jamais presser le tempo, vit et fait vivre un moment exceptionnel de charme et de sensualité (Andante) qui évite même dans l’Allegretto finale la tentation de la précipitation au profit d’un jeu contrasté et sans cesse envoûtant sur le plan sonore.

    En deuxième partie, le même sentiment domine. La Vallée d’Obermann composée par Liszt en Suisse d’après le roman de Senancour est conduite avec une autorité où le pinceau du peintre – la montée de l’orage est à ce égard d’une intensité à couper le souffle – rejoint le tracé discursif de l’architecte. Il Penseroso et la Prédication de saint François d’Assise aux oiseaux qui suivent sans interruption ont la même apparence suggestive.

    La sensibilité de ton et l’ampleur de la sonorité, comparable à un orgue dans les accords solennels de la Prédication, dépassent l’impression première – comme le Pape Pie IX le suggérait au compositeur – « pour s’efforcer d’atteindre le céleste dans le terrestre et préparer par les harmonies fugitives ce qui demeure éternellement ».

    Après le délire de la Rhapsodie hongroise et celui du public, les bis reviennent à un caractère plus intime (Monpou ou Scriabine), mais le pianiste, qui n’a plus rien à prouver à l’issue de ce merveilleux récital, ne peut s’empêcher de briller dans des pièces de Moszkowski et Rachmaninov, qu’à nouveau il arrange à la manière de Cziffra et Horowitz, revenant en quelque sorte à ses propres démons de jeunesse.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 02/06/2008
    Michel LE NAOUR

    Récital du pianiste Arcadi Volodos au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Franz Schubert (1797-1828)
    Sonate pour piano n° 18 en sol majeur D. 894 « Fantaisie » (1826)

    Franz Liszt (1811-1886)
    La Vallée d’Obermann (Années de pèlerinage, Première année – Suisse S. 160 n° 6)
    Il Penseroso (Années de pèlerinage, Deuxième année – Italie S. 161 n° 2)
    St François d’AssiseLa Prédication aux oiseaux (Légende S. 175 n° 1)
    Rhapsodie hongroise n° 13 en la mineur (Version d’Arcadi Volodos)

    Arcadi Volodos, piano

     


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