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CRITIQUES DE CONCERTS 22 octobre 2019

Le Chant de la terre de Mahler par l’Orchestre national de Lille sous la direction de Jean-Claude Casadesus, avec la participation de la mezzo-soprano Violeta Urmana et du ténor Jon Villars au festival de St-Denis 2008.

Corps et âme
© Christine Schneider

Régulièrement invité avec son Orchestre national de Lille au Festival de Saint-Denis, Jean-Claude Casadesus, dans le Chant de la terre de Gustav Mahler, a prouvé une nouvelle fois qu’il entretenait une relation privilégiée avec le compositeur viennois et des solistes parfaitement accordés à sa conception émouvante et pétrie d’humanité.
 

Basilique, Saint-Denis
Le 03/06/2008
Michel LE NAOUR
 



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  • Dans une confĂ©rence sur Mahler donnĂ©e en 1912 peu après sa mort, Arnold Schönberg affirmait que « ceux qui Ă©crivirent une 9e symphonie se trouvaient dĂ©jĂ  trop près de l’au-delĂ  Â». Sans nul doute avec le Chant de la terre – symphonie dĂ©guisĂ©e avec voix qui se prĂ©sente comme un oratorio Ă©crit Ă  partir de poèmes chinois de Li Tai Po et Wang Wei traduits en allemand – le compositeur a-t-il voulu dĂ©fier le sort ? Il n’entendra jamais son Ĺ“uvre que son disciple Bruno Walter crĂ©era post-mortem Ă  Munich, comme d’ailleurs la 9e symphonie Ă  Vienne.

    C’est cet esprit de contemplation de la vie passĂ©e, d’irrĂ©alitĂ© et de plainte de l’adieu oĂą toujours, selon Schönberg : « il faut s’abstraire de toute attache terrestre et se sentir Ă  l’aise dans un monde spirituel Ă©thĂ©rĂ© Â», que Jean-Claude Casadesus a installĂ© le climat de son interprĂ©tation. Sans s’abstraire de la rĂ©alitĂ© de la vie (les cinq premiers Lieder) aux fragrances Ă©thyliques entĂŞtantes, Ă  la juvĂ©nilitĂ© dĂ©bordante, Ă  l’ivresse de la nature, Ă  la solitude automnale, il se projette corps et âme dans le dernier Lied avec mezzo-soprano (Der Abschied), dĂ©chirement Ă  abandonner la vie terrestre, sĂ©rĂ©nitĂ© quasi mĂ©taphysique d’une fusion Ă©ternelle avec le cosmos lĂ  oĂą la barre de mesure elle-mĂŞme se dissout dans la musique.

    Conscient de l’enjeu, l’Orchestre national de Lille, avec à sa tête le premier violon Fernand Iaciu, s’engage bien que ses moyens ne soient pas, on en convient, ceux de la Philharmonie de Vienne. En mahlérien inné, Jean-Claude Casadesus conduit ses troupes avec toute l’énergie, le dynamisme et l’élan dont on le sait capable, mais aussi avec le sentiment d’accéder à l’inexprimable.

    Les solistes ne sont pas en reste dans cette trajectoire qui joue avec les sens : le ténor américain Jon Villars a une stature impressionnante et une santé vocale éblouissante, presque débordante, et la mezzo lituanienne Violeta Urmana – qui a d’ailleurs superbement enregistré l’œuvre avec Boulez – se montre capable d’apprivoiser un chant luxuriant et généreux accoutumé à Wagner, Verdi et Strauss, pour atteindre mezzo voce puis aux limites du silence cette dimension d’éternité de l’Adieu conclusif que Mahler, pourtant chef d’orchestre expérimenté, pensait impossible à diriger.

    La tête dans les étoiles – même si le couvercle de nuages a envahi Saint-Denis –, le public sort la gorge serrée de cette quête de spiritualité.




    Basilique, Saint-Denis
    Le 03/06/2008
    Michel LE NAOUR

    Le Chant de la terre de Mahler par l’Orchestre national de Lille sous la direction de Jean-Claude Casadesus, avec la participation de la mezzo-soprano Violeta Urmana et du ténor Jon Villars au festival de St-Denis 2008.
    Gustav Mahler (1860-1911)
    Das Lied von der Erde (1908)

    Violeta Urmana, mezzo-soprano
    Jon Villars, ténor

    Orchestre national de Lille
    direction : Jean-Claude Casadesus

     


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