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CRITIQUES DE CONCERTS 25 mai 2018

Concert de l’Orchestre du Gewandhaus de Leipzig sous la direction de Riccardo Chailly, avec la participation du violoniste Leonidas Kavakos à la salle Pleyel, Paris.

Une légende des siècles

Le concert de Riccardo Chailly et de l’Orchestre du Gewandhaus de Leipzig salle Pleyel a de nouveau confirmé, dans des œuvres de Pärt et Tchaïkovski, l’exceptionnel niveau instrumental d’une phalange bientôt tricentenaire. Le violoniste grec Leonidas Kavakos a, pour sa part, apporté une tonalité méditerranéenne surprenante au Concerto pour violon de Brahms.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 07/06/2008
Michel LE NAOUR
 



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  • Peu d’orchestres peuvent, comme le Gewandhaus de Leipzig, se prévaloir d’un tel pedigree. Né de l’initiative de seize marchands drapiers en 1743, il n’a depuis cessé d’illuminer l’Europe musicale en dépit des vicissitudes de l’Histoire. Avec lui, Felix Mendelssohn remit au goût du jour les Passions de Bach, et des chefs illustres tels Nikisch, Furtwängler, Walter puis Masur au temps de la RDA en assurèrent la réputation. Après la période plus terne du Suédois Herbert Blomstedt, l’arrivée de Riccardo Chailly au poste de directeur musical en septembre 2005 lui a donné un sang neuf.

    Dès le début du concert salle Pleyel avec le Concerto pour violon de Brahms, une impression de plénitude, de souplesse féline, prouve que la pâte sonore a été transformée sous son impulsion. La tradition germanique qui constitue la carte de visite de l’orchestre est tempérée par une lumière, une couleur, des nuances qui rappellent combien les brumes de l’Allemagne envient le ciel de l’Italie.

    Le violoniste Leonidas Kavakos apporte la caution méditerranéenne par son interprétation sensible mais un peu apprêtée pour une œuvre qui mériterait plus de carrure et une conception plus homogène. La virtuosité n’est pas en cause ni même la musicalité, mais face à un orchestre conquérant qui rayonne et déclenche les éléments, le rai de lumière peu vibrant de Kavakos et l’élégance de son jeu laissent un peu perplexe comme le Bach sans vie donné en bis.

    En seconde partie, dans le bref Cantus in memoriam Benjamin Britten d’Arvo Pärt immortalisé par le cinéaste Michael Moore dans son film Fahrenheit 9/11 sur l’attaque du World Trade Center, l’orchestre – en particulier les cordes – atteint une extase envoûtante même si le style en tintinnabuli du compositeur estonien – un carillon funèbre obstiné pour signifier la mort de Britten – peut paraître fruste face à la 4e symphonie de Tchaïkovski qui lui succède.

    Véritable feu d’artifice sous l’impulsion de Chailly qui sait ménager les équilibres mais ne perd jamais de vue la construction avec un sens dynamique sans cesse en mouvement, cette partition pourtant marquée de manière obsessionnelle par le fatum prend une allure fière de pur sang – en particulier le finale Allegro con fuoco. Loin des états d’âme charriés par la sensibilité slave, l’œuvre devient de la lave en fusion dans les parties extrêmes, un opéra dans l’Andantino in modo di canzona et une chorégraphie de timbres dans le Scherzo où l’irrésistible pizzicato des cordes semble d’un seul et unique trait de plume entre pleins et déliés.

    Rien d’étonnant à ce que les bis soient de la même eau : l’Intermezzo de Manon Lescaut de Puccini est d’une perfection à couper le souffle comme d’ailleurs l’affrontement du Roméo et Juliette de Prokofiev où la vélocité de l’ensemble le dispute à une puissance d’intensité incomparable. Le public en redemande.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 07/06/2008
    Michel LE NAOUR

    Concert de l’Orchestre du Gewandhaus de Leipzig sous la direction de Riccardo Chailly, avec la participation du violoniste Leonidas Kavakos à la salle Pleyel, Paris.
    Johannes Brahms (1833-1897)
    Concerto pour violon et orchestre en ré majeur op. 77 (1879)
    Leonidas Kavakos, violon

    Arvo Pärt (*1935)
    Cantus in memoriam Benjamin Britten (1977)

    Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893)
    Symphonie n° 4 en fa mineur op. 36 (1878)

    Orchestre du Gewandhaus de Leipzig
    direction : Riccardo Chailly

     


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