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CRITIQUES DE CONCERTS 15 août 2018

Concert d’ouverture des Flâneries musicales de Reims 2008.

Radulovic en vedette
© Eric Manas

Basilique Saint-Rémi plus que pleine pour ce concert d’ouverture des 19e Flâneries Musicales de Reims qui vont proposer une fois encore jusqu'au 3 août une affiche aussi brillante que diversifiée. Après son triomphe avec le Philharmonique de Radio France la semaine dernière à Pleyel, Nemanja Radulovic jouait le Concerto pour violon de Brahms.
 

Basilique Saint-Rémi, Reims
Le 20/06/2008
Gérard MANNONI
 



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  • Entrée gratuite pour ce concert d’ouverture, comme le seront d’ailleurs d’autres manifestations du festival, et notamment le récital de Krystian Zimerman. Le cadre de la basilique est d’une beauté impressionnante, vaste lieu aménagé avec intelligence, puisque de grands écrans permettent au public des bas-côtés de suivre en gros plan le concert, et pas seulement de l’entendre.

    Pour un programme tout Brahms, l’Orchestre symphonique de Bretagne est dirigé avec efficacité par Moshe Atzmon qui s’efforce dans la 1re symphonie de créer des équilibres sonores conformes à l’acoustique des lieux. Reconnaissons que les solos de certains pupitres, la clarinette en particulier, ont mieux bénéficié de ces efforts que les effets d’ensemble, moins faciles à définir ici. Mais il est des acoustiques bien pires que celle-ci dans ce genre de lieu, et on apprécie l’engagement des musiciens et du chef dans cette vision généreuse du monde symphonique romantique.

    En première partie, on attendait Nemanja Radulovic dans le Concerto en ré majeur du même Brahms, œuvre massive, l’une des partitions majeures du répertoire violonistique et beaucoup plus difficile à assumer pour un artiste d’une vingtaine d’années que par exemple le concerto de Sibelius. Une sorte d’épreuve du feu dont le jeune Serbe était conscient, n’ayant pas repris cette partition depuis un certain temps, mais qu’il abordait en confiance devant un public qui l’avait déjà accueilli l’an dernier avec enthousiasme.

    Sans revenir sur la technique assez incroyable qui lui permet notamment de ne jouer un instant que sur trois cordes, l’une d’elles ayant quitté le chevalet, dans une adaptation des doigtés si habilement improvisée que rien n’était sensible à l’oreille de l’auditeur, notons tout de même que richesse et profondeur du son ont été encore plus frappantes qu’à la salle Pleyel.

    L’approche de Radulovic est axée sur les couleurs, sur les rythmes, avec une ardeur qui met en valeur tout ce que l’œuvre doit à l’Europe centrale. L’orchestre a parfois du mal à suivre avec le même entrain, avec le même dynamisme. Nous sommes loin d’un Brahms trop intellectuel ou trop sérieux, mais dans un climat de romantisme jeune, sensuel, d’une vie magnifique, où les accents bien trouvés relancent le propos dès qu’il pourrait s’alanguir.

    La rêverie a sa place, entre autres dans le deuxième mouvement, mais aussi avec toujours une manière d’aller de l’avant qui évite toute morosité. L’œuvre n’est pas traitée comme une pièce jubilatoire, loin de là, mais l’artiste par sa jeunesse et son instinct, retrouve les racines d’une musique bien ancrée dans les traditions populaires qui la nourrissent d’une sève particulière.

    Une belle interprétation, exacte, brillante, attachante, qui évoluera sans doute avec les années, car ce concerto est le type même d’œuvre qu’un interprète n’a jamais fini d’approfondir.




    Basilique Saint-Rémi, Reims
    Le 20/06/2008
    Gérard MANNONI

    Concert d’ouverture des Flâneries musicales de Reims 2008.
    Johannes Brahms (1833-1897)
    Concerto pour violon en ré majeur, op. 77 (1878)
    Nemanja Radulovic, violon
    Symphonie n° 1 en ut mineur, op. 68 (1876)

    Orchestre symphonique de Bretagne
    direction : Moshe Atzmon

     


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