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CRITIQUES DE CONCERTS 15 juillet 2020

Nouvelle production du Songe d’une nuit d’été de Britten mise en scène par Jean-Louis Martinoty et sous la direction de Juraj Valcuha à l’Opéra de Lorraine.

RĂŞve Ă©lectrique
© Marc Antoine

L’opéra de Benjamin Britten le Songe d’une nuit d’été tiré du Midsummer Night’s Dream de Shakespeare représente une de ces nuits de folie où tous les fantasmes sont possibles. Cette œuvre lyrique fascine les plus grands metteurs en scène. Le dernier en date est Jean-Louis Martinoty à l’Opéra de Lorraine de Nancy.
 

Opéra de Lorraine, Nancy
Le 22/06/2008
Nicole DUAULT
 



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  • Jean-Louis Martinoty n’est pas seulement l’ultime directeur de l’OpĂ©ra de Paris avant la crĂ©ation de la Bastille, ni uniquement l’un des metteurs en scène les plus cultivĂ©s de l’univers lyrique et les plus avertis des mĂ©andres de l’Histoire de l’art. Il est devenu le Samu des opĂ©ras en panne de rĂ©alisateur ! Son dernier sauvetage est nancĂ©en.

    En février, alors qu’il mettait en scène Andrea Chénier de Giordano à Nancy, on apprit qu’Omar Porras, réalisateur d’un charmant Élixir d’amour l’an passé sur cette même scène, déclarait forfait pour le Songe d’une nuit d’été de Britten. Qu’à cela ne tienne, Martinoty était là. En trois mois, ce spécialiste du monde baroque et auteur en début de saison du Thésée de Lully du Théâtre des Champs-Élysées a bâti, entre rêves et cauchemars, une production drôle, sensible et intelligente où voisinent l’incongru et la poésie.

    La forêt des fées où la reine Tytania et le roi Obéron se querellent au sujet d’un jeune page que l’un et l’autre veulent s’approprier est la reproduction en toile de fond des Philodendrons de Sam Szafran, l’un des maîtres actuels de l’aquarelle. Rien d’artificiel dans ce choix du metteur en scène. Szafran évoque à travers son travail l’illusion des apparences et l’abus des sens qui sont, bien entendu, au centre de la pièce de Shakespeare et de l’opéra de Britten.

    Évocation forestière également, celle tirée d’une autre peinture d’un artiste contemporain, Armando Morales, originaire du Nicaragua. Là dans l’entrelacs des lianes et autres végétations luxuriantes, c’est le mystère onirique qui envahit le plateau. Au milieu de ces œuvres fortes de sens, une énorme souche d’arbre tout aussi onirique évolue sur une tournette, des êtres hybrides, recroquevillés sous d’immenses feuilles, laissent glisser des vers à soie, un hérisson gigantesque traverse la scène où se côtoient un lion, une chouette et tout un bestiaire empaillé.

    © Marc Antoine

    Les personnages de ce monde de fées portent des habits de lumière, vêtus qu’ils sont de costumes clignotants d’ampoules multicolores. Voilà pour le monde des fées. Celui des jeunes nobles athéniens, querelleurs et amoureux, se révèle aussi chic que celui d’aristocrates anglais jouant au badminton dans les années 1920. Entre ces deux univers bien cernés évoluent les artisans prosaïques, des rustres naïfs qui s’acharnent à vouloir représenter une pièce de théâtre tandis que Puck envoûte les uns et trompe les autres et coiffe le tisserand Bottom d’une tête d’âne dont Tytania tombe amoureuse.

    Dans cette confusion des genres pleine d’ambiguités érotiques, Martinoty tire avec adresse, avec tendresse, le fils d’un récit foisonnant où se mélangent réel et irréel. Il se sort de scènes souvent grotesques avec ironie et élégance, soulignant l’aspect compulsif de l’état amoureux.

    Le plateau semble s’amuser autant que les spectateurs. L’Orchestre symphonique et lyrique de Nancy, sous la direction du chef slovaque Juraj Valcuha, affine les couleurs qui différencient chaque groupe et donnent de la chair aux cordes. Les musiciens étonnent par une maîtrise et une rigueur étonnantes.

    La distribution est dominée par la voix ronde, chaude, rêveuse bien que parfois trop confidentielle du contre ténor Rachid Ben Abdeslam (Obéron), le formidable Bottom de Iain Paterson ou encore le séduisant Demetrius de Jean-Sébastien Bou. Du côté des femmes, la séduction vient de la voix aux aigus magnifiques de la soprano kazakhe Maïra Kerey (Tytania).

    Loin de de la production stylisée de Carsen au festival d’Aix-en-Provence, encore reprise il y a peu à Lyon et qui a fait le tour du monde, Martinoty invente dans ce spectacle de la magie de la nuit un baroque d’aujourd’hui. Par bonheur, cette production va voyager. Premières étapes à Caen et Toulon…




    Opéra de Lorraine, Nancy
    Le 22/06/2008
    Nicole DUAULT

    Nouvelle production du Songe d’une nuit d’été de Britten mise en scène par Jean-Louis Martinoty et sous la direction de Juraj Valcuha à l’Opéra de Lorraine.
    Benjamin Britten (1913-1976)
    A Midsummer Night’s Dream, opéra en trois actes (1960)
    Livret du compositeur et Peter Pears d'après Shakespeare

    Coproduction avec le Théâtre de Caen et l’Opéra de Toulon Provence Méditerranée

    Choeur de l'Opéra national de Lorraine
    Orchestre symphonique et lyrique de Nancy
    direction : Juraj Valcuha
    mise en scène, chorégraphie : Jean-Louis Martinoty
    décors : Bernard Arnould
    costumes : Daniel Ogier
    Ă©clairages : Fabrice Kebour

    Avec :
    Rachid Ben Abdeslam (Obéron), Maïra Kerey (Tytania), Brian Green (Puck), Randall Jakobsch (Theseus), Elodie Méchain (Hippolyta), Chad Shelton (Lysander), Jean-Sébastien Bou (Demetrius), Delphine Galou (Hermia), Marjorie Muray (Helena), Iain Paterson (Bottom), Jean Teitgen (Quince), François Piolino (Flute), Yuri Kissin (Snug), Christophe Berry (Snout), Thomas Dolié (Starveling).

     



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