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CRITIQUES DE CONCERTS 20 octobre 2019

Reprise des Contes d’Hoffmann d’Offenbach mis en scène par Nicolas Joel, sous la direction d’Yves Abel au Théâtre du Capitole, Toulouse.

Si Hoffmann m’était conté
© Patrice Nin

Zwetan Michailov (Hoffmann) et Désirée Rancatore (Olympia)

Les Contes d’Hoffmann, laissés inachevés par Offenbach, n’ont jamais été un long fleuve tranquille ni pour les metteurs en scène ni pour les chanteurs. La production Nicolas Joel du Capitole de Toulouse réalisée dans un décor d’architecture métallique, sans atteindre la perfection, répond à sa manière au défi posé par cet opéra fantastique.
 

Théâtre du Capitole, Toulouse
Le 29/06/2008
Michel LE NAOUR
 



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  • Pour le dernier spectacle de la saison au Théâtre du Capitole, Nicolas Joel reprend une production des Contes d’Hoffmann rĂ©alisĂ©e en 2006 pour le Teatro Real de Madrid dans des dĂ©cors bien agencĂ©s d’Ezio Frigerio qui rappellent « l’âge du fer Â» cher Ă  Gustave Eiffel ; il fait intervenir les ingrĂ©dients de cette rĂ©volution industrielle entre machine Ă  vapeur, automates, appareils de distillerie dignes d’une exposition universelle dans un univers Art nouveau.

    À travers ce déploiement, on ne peut ignorer l’expérience vécue à Bayreuth par Nicolas Joel, assistant de Chéreau, participant à la mise en œuvre d’un Ring qui a marqué les esprits. Respectueux de la lettre, il a tenu, outre l’édition Choudens, à utiliser les nouvelles éditions Kaye et Keck qui apportent une caution musicologique à une partition dont on sait qu’elle a brûlé lors de l’incendie de l’Opéra-Comique en 1887.

    Tout au long de l’œuvre, comme les personnages wagnériens, Hoffmann traverse une série d’épreuves dont on sait dès le prologue qu’il n’en sortira pas indemne. Dans le rôle-titre du personnage romantique incarné par le poète Hoffmann, le Bulgare Zwetan Michailov qui remplace Giuseppe Sabbatini prévu à l’origine, a de l’abattage sans posséder le charisme ni surtout la voix qui convient. Plus projetée (Kleinzach) qu’intériorisée, plus vaillante que persuasive, sa prestation demeure à la surface sans pénétrer toutes les subtilités et la finesse de l’écriture offenbachienne.

    © Patrice Nin

    Les trois portraits de femmes symbolisant les âges de l’amour sont distribués avec beaucoup d’à-propos. Au I, l’Olympia de la soprano italienne Désirée Rancatore explose aussi bien dans les vocalises que dans la gestuelle d’une précision à couper le souffle. Inva Mula, au II, est une Antonia parfaite d’intonation et de diction dans cette figure féminine dont elle maîtrise tous les atours et le chant. Il en va de même de la mezzo Kate Aldrich en Giulietta, pomponnée comme une courtisane et à l’émission vocale rayonnante dans l’acte de Venise.

    Véritable deus ex machina, la jeune Karine Deshayes en Nicklausse réussit une prouesse qui surpasse souvent la performance d’Angelika Kirchschlager jadis à l’Opéra de Paris en apportant cette note de poésie et d’humour, dans un français toujours impeccable. Satanique à souhait, Samuel Youn, qui fut Fafner à Bayreuth, s’acquitte des redoutables figures démoniaques de Lindorf, Coppelius, Dr Miracle et de Dapertutto avec une aisance confondante, mais souffre d’une élocution un peu engorgée qui oblige à se concentrer sur le surtitrage.

    Très idiomatiques, Christian Jean en père d’Olympia, théâtralement crédible, et Christian Tréguier, sensible et persuasif en père d’Antonia, malgré leurs courtes interventions, font montre d’une présence suggestive. Les superbes costumes de Franca Squarciapino ajoutent au plaisir de l’œil qui écoute.

    Le chef franco-canadien Yves Abel – que l’on a dĂ©jĂ  entendu en dĂ©but de saison dans le Roi d’Ys – assure avec prĂ©cision et justesse la continuitĂ© de l’ouvrage en Ă©quilibrant avec discernement les diffĂ©rents tableaux sans toutefois s’embarrasser de nuances. Peut-ĂŞtre a-t-il pris au pied de la lettre le dĂ©sir d’Offenbach d’être pris pour un compositeur sĂ©rieux quand Wagner le tenait pour « Mozart des Champs-ÉlysĂ©es Â» ?




    Théâtre du Capitole, Toulouse
    Le 29/06/2008
    Michel LE NAOUR

    Reprise des Contes d’Hoffmann d’Offenbach mis en scène par Nicolas Joel, sous la direction d’Yves Abel au Théâtre du Capitole, Toulouse.
    Jacques Offenbach (1819-1880)
    Les Contes d’Hoffmann, opéra fantastique un prologue, trois actes et un épilogue (1881)
    Livret de Jules Barbier et Michel Carré

    Coproduction avec le Teatro Real de Madrid, le Teatro Regio de Turin et le New Israeli Opera de Tel-Aviv

    Chœurs du Capitole
    Orchestre national du Capitole
    direction : Yves Abel
    mise en scène : Nicolas Joel
    décors : Ezio Frigerio
    costumes : Franca Squarciapino
    Ă©clairages : Vinicio Cheli
    préparation des chœurs : Patrick Marie Aubert

    Avec :
    Zwetan Michailov (Hoffmann), Karine Deshayes (Nicklausse / la Muse), Samuel Youn (Lindorf / Coppelius / Dr Miracle / Dapertutto), Désirée Rancatore (Olympia), Inva Mula (Antonia), Kate Aldrich (Giulietta), Rodolphe Briand (Andres / Cochenille / Frantz / Pittichinaccio), Christian Tréguier (Luther / Crespel), Christian Jean (Spalanzani), Qiu Lin Zhang (La voix de la mère d’Antonia), Rubén Amoretti (Schlemil), Francis Bouyer (Hermann), Eric Laporte (Nathanael), Nathalie Bénavent (Stella).

     



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