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CRITIQUES DE CONCERTS 21 septembre 2019

Concert des Wiener Philharmoniker sous la direction de Mariss Jansons, avec la participation de la mezzo-soprano Elīna Garanča au festival de Salzbourg 2008.

Salzbourg 2008 (8) :
Le jour et les Nuits

© Matthias Schrader

Copieux programme pour ce troisième concert symphonique de week-end par les Wiener Philharmoniker Ă  Salzbourg. Un peu dĂ©cevant et surtout desservi par la vocalitĂ© hors de propos d’Elīna Garanča dans les Nuits d’étĂ©, Mariss Jansons fait acte de majestĂ© dans Im Sommerwind de Webern et une 2e symphonie de Brahms d’une rare splendeur.
 

GroĂźes Festspielhaus, Salzburg
Le 23/08/2008
Yannick MILLON
 



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  • InvitĂ© par les formations les plus prestigieuses qui s’arrachent sa prĂ©sence au pupitre, adorĂ© par le public du concert symphonique, Mariss Jansons est parvenu progressivement au sommet de son art. Infatigable travailleur, technicien d’orchestre hors-pair, il nous semble pourtant souvent manquer de cette petite Ă©tincelle qui fait la diffĂ©rence entre les grands et les monstres sacrĂ©s.

    Une série de concerts avec le Philharmonique de Vienne à Lucerne en 2002 avait d’ailleurs illustré à quel point ce chef jamais mauvais peut être irrégulier d’un soir sur l’autre, ou même d’un répertoire sur l’autre dans une même soirée. Que les fans du nouveau chouchou-conductor de notre temps se réjouissent, leur idole nous est apparue ce matin, à quelques Nuits d’été près, au plus haut de ses moyens et de son indéniable talent.

    Évacuons d’emblĂ©e la dĂ©ception du concert, Ă  savoir l’exĂ©cution berliozienne en question. DĂ©ception prĂ©visible connaissant les lacunes mondialisĂ©es avec lesquelles la musique vocale française est servie partout Ă  notre Ă©poque, connaissant le timbre slave, charnu et sensuel d’Elīna Garanča, dont le français, Ă  peu près comprĂ©hensible, est tout de mĂŞme terriblement exotique – les nasales en particulier –, connaissant aussi son peu d’adĂ©quation avec la simplicitĂ© dĂ©clamatoire du style français, encombrĂ© ici des Ă©mois d’une Pauline tchaĂŻkovskienne ou Marina moussorgskienne.

    Parfait dans le délié et la simplicité du staccato de la Villanelle, Jansons coupe par trop les cheveux de l’abondante crinière hectorienne en quatre, et se perd dans des étirements et un rubato postromantique étrangers à ce répertoire. Même si la qualité du rendu sonore est admirable, rien à faire, elle tape à côté de l’esprit. En revanche, en ouverture de concert, ces caractéristiques faisaient merveille dans le poème symphonique de jeunesse Im Sommerwind de Webern, petit joyau tonal à mi-chemin entre la Siegfried-Idyll wagnérienne et l’univers d’un Richard Strauss intimiste.

    Jansons exalte avant tout la couleur, à travers des harmoniques de violons d’une pureté exquise, des tenues pianissimo de contrebasses dénuées de toute graisse, à travers une battue malléable et respectant toujours la finesse de textures de l’orchestration du premier Webern. Les bois viennois se régalent de la latitude qui leur est impartie pour faire étal de leurs sonorités gourmandes et généreuses, agrestes juste comme il faut. Un bonheur sans nuage, un traité de finesse interprétative.

    Même sensation, augmentée de majesté, de grandeur, dans une 2e symphonie de Brahms d’une qualité de chant, de lyrisme jamais en contradiction avec son atmosphère pastorale. Phrasant long mais jamais étouffant, large mais jamais compact, Jansons évolue en toute aisance, et laisse sonner divinement des Wiener Philharmoniker qui semblent en redemander : cordes tantôt melliflues tantôt d’airain, bois poètes, un cor superbe, un hautbois délicieusement charnu.

    L’Allegro con spirito final synthétise le caractère d’évidence d’une lecture d’un équilibre et d’une virtuosité incomparables, aux archets particulièrement vigoureux. Triomphe, bien entendu, auquel nous souscrivons des deux mains, et des deux pieds !




    GroĂźes Festspielhaus, Salzburg
    Le 23/08/2008
    Yannick MILLON

    Concert des Wiener Philharmoniker sous la direction de Mariss Jansons, avec la participation de la mezzo-soprano Elīna Garanča au festival de Salzbourg 2008.
    Anton Webern (1883-1945)
    Im Sommerwind, idylle pour grand orchestre (1904)

    Hector Berlioz (1803-1869)
    Les Nuits d’été, op. 7 (1840-1856)
    Poèmes de Théophile Gautier
    Elīna Garanča, mezzo-soprano

    Johannes Brahms (1833-1897)
    Symphonie n° 2 en ré majeur, op. 73 (1877)

    Wiener Philharmoniker
    direction : Mariss Jansons

     


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