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CRITIQUES DE CONCERTS 09 aoűt 2020

3e symphonie de Mahler par les Wiener Philharmoniker sous la direction d’Esa-Pekka Salonen au festival de Salzbourg 2008.

Salzbourg 2008 (9) :
Monument mahlérien

© Kasskara / DG

Sous un radieux soleil de fin d’été, la série symphonique des Wiener Philharmoniker à Salzbourg s’achève sur le triomphe d’une sublime 3e de Mahler, portée à incandescence par un Esa-Pekka Salonen rappellant rien moins que Pierre Boulez, interprète majeur de la symphonie la plus longue du grand répertoire. Monumental !
 

GroĂźes Festspielhaus, Salzburg
Le 30/08/2008
Yannick MILLON
 



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  • Une fois encore, c’est lors d’un de ses fameux concerts de onze heures que le Philharmonique de Vienne se sera surpassĂ©. Après le magnifique programme de Mariss Jansons la semaine passĂ©e, c’est un Ă©vĂ©nement plus marquant encore qui attendait les spectateurs pour ce week-end de clĂ´ture de Salzbourg 2008.

    Assez rare au concert en raison de ses dimensions colossales, des effectifs et de l’endurance qu’elle requiert, la 3e symphonie de Mahler, hymne panthéiste d’une bonne heure et demie, est souvent réservée aux grandes occasions. Rares sont d’ailleurs les chefs capables d’en restituer la monumentale grandeur, l’énergie vitale, les contrastes d’un bout à l’autre sans chute de tension.

    Esa-Pekka Salonen fait partie de ces happy few, et opte comme Pierre Boulez pour une lecture minérale, anguleuse, faite d’affrontements de blocs tectoniques posés sur une lave prête à tout moment à l’éruption. Le premier mouvement, en ruptures, en chocs sismiques de la percussion, en raz-de-marée des cuivres couleur bronze, est à ce titre d’une modernité fulgurante, par ses accents, ses coups de boutoir.

    De même, les mouvements centraux bénéficient de contrastes accusés, de saillies irrépressibles, rappelant que la Terre n’est apaisée qu’en surface, toujours prête au cataclysme, que la Nature restera à jamais prépondérante sur l’Homme. Le tout, évidemment, avec une rigueur intellectuelle et un savoir-faire d’authentique technicien d’orchestre.

    Si l’on imaginait Salonen à son aise dans l’immense premier mouvement, en revanche son intérêt pour les cordes, sa souplesse, son impalpable mais bien réel rubato, sa tendresse même dans les passages plus bucoliques surprennent. Mieux, le balancement hypnotique de O Mensch, nuancé dans l’infiniment petit, l’attaque en soupir nostalgique, très lente, du Langsam final, où le chef finlandais ose des suspensions jamais appuyées qui touchent à l’indicible, sont l’expression même de la contemplation extatique de la beauté.

    Des Wiener Philharmoniker en état de grâce

    Mais ces qualités seules demeureraient stériles avec un orchestre glacial ou avare en timbres. Et c’est bien là le miracle de cette exécution, dont le Philharmonique de Vienne, magnifique à regarder autant qu’à écouter, transcende les choix interprétatifs avec un art confondant et à notre sens unique aujourd’hui.

    Font merveille à chaque instant le velouté des piani, l’éventail dynamique des cordes, la présence des deux timbaliers, l’imposante grandeur jamais outrée des cuivres – avec un trombone solo d’une sobre gravité, d’une musicalité inouïe –, la lumière crépusculaire typiquement autrichienne des bois – on n’oubliera sans doute jamais l’apesanteur de la phrase à l’unisson de la flûte, de la clarinette et du hautbois au-dessus des cordes dans le Finale, d’une absolue fusion des timbres et d’une délicatesse dans la nuance comme dans l’absence de vibrato à tirer des larmes.

    Malgré le violon solo bien raide de Rainer Küchl, malgré le timbre sans onction et les attaques par en dessous indéfendables de Lilli Paasikivi, malgré aussi un certain nombre de petits couacs, nous voilà bien face à un monument de l’interprétation mahlérienne, érigé à quelques kilomètres du lieu où la partition a vu le jour. Une expérience dans la droite lignée de la géniale 3e de Boulez, un rien moins jusqu’au boutiste dans le peaufinage du détail, mais d’un rayonnement humain encore supérieur. Heureux Mahler !




    GroĂźes Festspielhaus, Salzburg
    Le 30/08/2008
    Yannick MILLON

    3e symphonie de Mahler par les Wiener Philharmoniker sous la direction d’Esa-Pekka Salonen au festival de Salzbourg 2008.
    Gustav Mahler (1860-1911)
    Symphonie n° 3 en ré mineur (1896)

    Lilli Paasikivi, mezzo-soprano
    Salzburger Festspiele Kinderchor
    Konzertvereinigung Wiener Staatsopernchor
    Wiener Philharmoniker
    direction : Esa-Pekka Salonen

     


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