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CRITIQUES DE CONCERTS 17 août 2018

Missa solemnis par le Chœur et l’Orchestre de Paris sous la direction de Christoph Eschenbach à la salle Pleyel, Paris.

En dents de scie
© Georg Anderhub / Festival de Lucerne

Pour l’ouverture de sa saison 2008-2009 à la salle Pleyel, l’Orchestre de Paris a inscrit à son programme, en hommage à Herbert von Karajan, la grandiose Missa Solemnis qui, sous la direction de Christoph Eschenbach, ne s’élèvera jamais sur les cimes de l’interprétation beethovénienne. Le quatuor vocal, alléchant sur le papier, n’y peut mais.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 20/09/2008
Michel LE NAOUR
 



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  • Romain Rolland, fin exégète de Beethoven, comparait la Missa Solemnis à la Sixtine de Michel-Ange. C’est dire qu’au-delà de la beauté formelle, du sens de l’architecture, cette cathédrale sonore fait appel aux oreilles de l’esprit. Par le passé, des chefs savaient transcender une œuvre qui demande ferveur, tension dramatique, éloquence et rendre compte du souffle prodigieux animant le message beethovénien.

    Avec un dosage subtil de l’équilibre entre orchestre, solistes et chœur, si essentiel à la mise en œuvre de cette grande fresque, ils établissaient un pont interprétatif dans ce dialogue entre l’homme et Dieu. Klemperer, Karajan, Toscanini, Giulini, Bernstein... appartenaient chacun à sa manière à ce courant de pensée capable de subvertir la dimension purement rationnelle pour l’élever au niveau d’une réflexion métaphysique.

    Christoph Eschenbach, qui dirige la partition par cœur et sans baguette, semble hésiter entre le geste épique un rien appuyé et ostentatoire (Kyrie, Gloria, Credo) et les longues plages méditatives qui parfois se perdent dans la beauté sonore au détriment d’une vision animée (Sanctus, Agnus Dei).

    Si le chœur assume de bout en bout son rôle, celui d’accompagner la foule des bienheureux, les quatre solistes, pourtant triés sur le volet, ne forment pas un ensemble homogène : la soprano Christine Schäfer force sa voix, le ténor Paul Groves est moins à l’aise qu’à l’habitude, la basse Robert Holl, malgré une belle expression (Agnus Dei), manque de projection. Seule la mezzo-soprano allemande Annette Jahns tire son épingle du jeu par sa qualité de timbre.

    L’Orchestre de Paris ne peut à lui seul combler l’impression contrastée que l’on ressent au terme de cette heure et demie de musique. Le violoniste Philippe Aïche, dans son solo du Benedictus, paraît même distant et extérieur à la contemplation divine au sein d’un orchestre qui semble faire cavalier seul sous l’impulsion de son chef.

    On s’étonne que Christoph Eschenbach, si musicien et si poète quand il accompagne les chanteurs au piano, ne parvienne pas, quand il est au pupitre, atteindre la même grâce bouleversante.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 20/09/2008
    Michel LE NAOUR

    Missa solemnis par le Chœur et l’Orchestre de Paris sous la direction de Christoph Eschenbach à la salle Pleyel, Paris.
    Ludwig van Beethoven (1770-1827)
    Missa Solemnis en ré majeur, op. 123 (1824)

    Christine Schäfer, soprano
    Annette Jahns, mezzo-soprano
    Paul Groves, ténor
    Robert Holl, basse

    Orchestre et Chœur de l’Orchestre de Paris
    direction : Christoph Eschenbach

     


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