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CRITIQUES DE CONCERTS 23 février 2018

Récital de Dmitri Hvorostovski accompagné au piano par Evgeni Kissin dans le cadre des Grandes Voix à la salle Pleyel, Paris.

Deux géants russes
© Pasha Antonov

Rencontre dominicale exceptionnelle de deux géants de la musique russe à la salle Pleyel, sous l’égide des Grandes Voix. Le baryton Dmitri Hvorostovski et le pianiste Evgeni Kissin étaient réunis pour un programme de mélodies à cent pour cent russe. Un duo de choc et un voyage somptueux qu’il ne fallait pas manquer.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 12/10/2008
Gérard MANNONI
 



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  • Géants, ils se sont déjà presque par la stature, hautes silhouettes, athlétique pour le chanteur, plus effilée pour le pianiste. Ils le sont surtout par la carrière que chacun accomplit dans sa spécialité, et ils représentent tous deux l’art musical russe à son niveau le plus élevé.

    Une dizaine d’années les sépare, mais on sait que la précocité de Kissin relevait du prodige et que de toutes façons, on peut aborder le grand répertoire pianistique aux sorties de l’adolescence, ce qui n’est guère possible pour les voix. Ils sont tous deux aujourd’hui en pleine maturité, Kissin à 37 ans, Hvorostovski à 46. L’idéal !

    Le répertoire du baryton n’est pas très étendu. Il s’en tient jusqu’à présent aux opéras italiens et russes et à la musique vocale de son pays, chansons populaires – comme dans son si attachant CD Heroes and Villains –, chants de l’ère soviétique, chants religieux ou mélodies. Le programme de ce soir regroupe trois noms majeurs en ce dernier domaine : Tchaïkovski, Rachmaninov et son contemporain bien moins connu Medtner, qui fut pourtant célébré au disque déjà par Elisabeth Schwarzkopf.

    Une grande variété de styles, mais une même sensibilité largement dévoilée, avec un lyrisme généreux ponctué aussi de moments de vraie pudeur. La voix si magistralement timbrée du baryton est idéale pour traduire la force émotionnelle de cet univers peuplé de sensations multiples mais où nostalgie et même angoisse, mal de vivre, prédominent. Avec une étonnante maîtrise du souffle, un art des nuances souvent les plus ténues qu’il ne dévoile pas toujours sur les scènes d’opéra, Hvorostovski éblouit tant par la beauté intrinsèque de la voix que par son investissement profond dans les textes.

    Il sait en outre rendre sensible ce qui différencie les plus contemporains, Medtner et Rachmaninov, du romantisme d’un Tchaïkovski dont ils sont pourtant les héritiers directs. Certes, l’écriture vocale est très semblable, mais on sent chez Tchaïkovski une pratique du Grand opéra que n’eurent ni Medtner ni Rachmaninov à pareil degré.

    Quant à Kissin, même si le rôle du pianiste est la pierre de touche de tout récital de cette sorte, il faut bien reconnaître qu’il fallait l’immensité de son talent et son véritable génie de l’interprétation pour parvenir à exister à ce point à côté d’une voix pareille ! Mais le plus frappant est sans doute l’osmose réussie entre les deux hommes, qui ne cherchent jamais à se faire remarquer l’un plus que l’autre.

    Au toucher miraculeux et à l’invention permanente de Kissin répondent les trouvailles de Hvorostovski, dans un même élan et une même volonté de rester avant tout fidèles au sens des mots et à celui de la musique. Et puis, un moment assez incroyable et unique en son genre : en deuxième bis, le Credo de Iago extrait d’Otello. Quand entendrons nous de nouveau Kissin jouer du Verdi ? Sans doute pas demain…




    Salle Pleyel, Paris
    Le 12/10/2008
    Gérard MANNONI

    Récital de Dmitri Hvorostovski accompagné au piano par Evgeni Kissin dans le cadre des Grandes Voix à la salle Pleyel, Paris.
    Tchaïkovski, Medtner, Rachmaninov
    Dmitri Hvorostovski, baryton
    Evgeni Kissin, piano

     


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