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CRITIQUES DE CONCERTS 21 octobre 2018

Récital du violoniste Vadim Repin accompagné au piano par Itamar Golan dans le cadre des Productions internationales Albert Sarfati au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Repin ou le violon parfait
© Kasskara / DG

Belle leçon de violon donnée par Vadim Repin au cours de ce récital des Champs-Élysées au programme très éclectique. De la sûreté technique de l’interprète et du rayonnement qui semble naturel de son Guarneri del Gesù de 1736 émanent une impression de sécurité impressionnante, à peine moins captivante dans Beethoven que dans Debussy ou Stravinski.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 18/10/2008
Gérard MANNONI
 



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  • Belle leçon de violon donnée par Vadim Repin au cours de ce récital des Champs-Élysées au programme très éclectique. De la sûreté technique de l’interprète et du rayonnement qui semble naturel de son Guarneri del Gesù de 1736 émanent une impression de sécurité impressionnante, à peine moins captivante dans Beethoven que dans Debussy ou Stravinski.

    Ce qui frappe en premier chez Repin, c’est l’égalité et l’homogénéité du son dont la beauté est absolument permanente, du grave au suraigu, dans toutes les nuances possibles. La qualité de son instrument historique, le Von Szerdahely de 1736, y est certainement pour quelque chose, mais n’oublions pas pour autant la célèbre histoire qui court le monde du violon.

    Un très grand virtuose – Menuhin, Stern, Milstein… le nom varie selon les récits – à qui un admirateur disait à l’issue d’un concert, dans sa loge, « Votre violon a un son magnifique », le lui tendit en disant simplement : « Essayez ! »

    Considérons donc plutôt que d’un instrument exceptionnel un virtuose exceptionnel tire des sons exceptionnels autant de puissance que de finesse, qui sont à eux seul tout un langage, indépendamment des autres choix de l’interprète dans le domaine des tempi, des accents, de la dynamique ou du type d’émotion recherché. Pour ce qui est de rapport entre l’homme et l’instrument, Vadim Repin est aujourd’hui à un degré de perfection qui non seulement séduit mais impressionne.

    Pas une attaque qui ne soit parfaitement nette, pas une phrase qui ne soit menée à son terme selon une ligne sans faiblesse. La Sonate pour violon et piano en sol mineur de Debussy est traitée dans une lumière à la fois diffuse et scintillante, avec une finesse incroyable de toucher, des couleurs qui, même si c’est un lieu commun de le dire, nous transportent en plein Monet ou Sisley.

    La transcription pour violon et piano que fit Stravinski du Divertimento qu’il avait créé pour les Ballets d’Ida Rubinstein en 1928, nous ramène dans un univers d’une virtuosité plus apparente, mais dont Repin sait nous faire découvrir les recoins les plus expressifs, les plus secrets, ceux qu’un violoniste moins fondamentalement russe ne sait forcément vivre aussi intensément. C’est très beau.

    Et puis, en seconde partie de ce programme somme toute assez court, une Sonate à Kreutzer de Beethoven qui, sans que l’on puisse parler de déception, laisse une impression un peu mitigée. Elle est certes parée de toutes les qualités purement violonistiques précédemment mentionnées, mais sans que l’on sente un véritable engagement au niveau des choix d’interprétation.

    Des tempi très rapides dans le premier et le troisième mouvement prennent des allures de course à l’abîme, avec parfois des décalages sensibles avec le piano. Le deuxième mouvement est plus axé sur la qualité du son et du phrasé que sur la recherche d’un rêve ou d’une poésie plus personnels, voire plus beethovéniens.

    D’autant qu’au piano, Itamar Golan manque nettement de personnalité aux côtés d’un tel violoniste. Chez Beethoven, le piano est tout aussi important que le violon et il manquait ici une vraie présence qui eût pu soit contrebalancer le côté assez académique de l’interprétation de Repin, soit l’entraîner sur des chemins plus aventureux.

    C’est donc la perfection absolue de la maîtrise instrumentale, magistrale, presque unique aujourd’hui, que l’on retiendra d’abord de ce récital, auquel, pourquoi pas, quelques faiblesses auraient apporté plus d’humanité, voire plus de vie. Mais tout de même, quel violoniste !




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 18/10/2008
    Gérard MANNONI

    Récital du violoniste Vadim Repin accompagné au piano par Itamar Golan dans le cadre des Productions internationales Albert Sarfati au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Claude Debussy (1862-1918)
    Sonate pour violon et piano en sol mineur

    Igor Stravinski (1882-1971)
    Divertimento pour violon et piano

    Ludwig van Beethoven (1770-1827)
    Sonate pour violon et piano n° 9 en la majeur op. 47, « à Kreutzer »

    Vadim Repin, violon
    Itamar Golan, piano

     


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