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CRITIQUES DE CONCERTS 18 août 2018

Récital du ténor Ian Bostridge accompagné au piano par Julius Drake à l’Auditorium du Musée d’Orsay, Paris.

Le rêve de Bostridge
© Sheila Rock / Emi

Programme tout romantique pour ce récital du ténor Ian Bostridge à l’Auditorium du Musée d’Orsay, assez curieusement inséré dans le cycle l’Art de l’accompagnement vocal. Une sélection de treize Lieder de Brahms et le Liederkreis op. 39 de Schumann chantés comme un rêve intérieur et douloureux : du Bostridge pur et dur.
 

Auditorium du Musée d'Orsay, Paris
Le 24/10/2008
Gérard MANNONI
 



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  • Un récital d’Ian Bostridge ne ressemble à aucun autre. Il y a toujours une densité, un climat émotionnel très particuliers chaque fois qu’il assume ce genre de programme. Dès que l’on voit surgir sa haute et filiforme silhouette, avec cette démarche un peu somnambulique, la mèche en bataille, le col de chemise ouvert et le regard perdu, c’est le héros romantique incarné qui vient se placer devant le piano.

    Et il part tout de suite dans le douloureux rêve intérieur, tourmenté, des mélodies de Brahms, les Neun Lieder und Gesänge op. 32 sur des poèmes d’August von Platen et Daumer. Il n’y est question que de paysages nocturnes tumultueux, aux ciels étoilés, aux torrents déchaînés et grondants, où se manifestent les affres des amours malheureuses, contrariées, irréalisables ou au mieux se déroulant dans une totale incompréhension de l’être aimé.

    Ce n’est pas une découverte, mais avec Bostridge, au lieu d’être confronté à un artiste qui interprète tout cela devant et pour nous, l’impression immédiate est qu’il s’agit de quelqu’un passant sous nos yeux par tous ces états d’âme. Le théâtre est réduit à la portion congrue au bénéfice d’une sincérité directe qui nous ferait parfois nous sentir presque indiscrets.

    La gestuelle du chanteur est minimale, mais c’est son corps, son visage qui vivent ces émois au gré des inflexions de la voix. Celle-ci, sans être d’une qualité exceptionnelle quant au timbre, on le sait, a toute la flexibilité et toutes les possibilités de coloration qui font de Bostridge un interprète majeur du Lied aujourd’hui.

    Alors, on le suit dans ce voyage d’un autre temps, d’un autre monde, avec d’autres mélodies encore, comme Mondenschein (Clair de Lune) ou Sommerabend (Soir d’été), d’un climat plus serein, plus apaisé. La voix est au service du mot, s’approchant parfois d’une ébauche de Sprechgesang, sans que le respect d’un phrasé sous contrôle ne soit jamais vraiment dépassé.

    Le Liederkreis op. 39 de Schumann occupe la deuxième partie. Romantisme moins désespéré que celui de Brahms, plus intellectuel, trouvant de plus consistantes consolations dans la contemplation et l’amitié de la nature. Au piano, Julius Drake participe de cette démarche intime avec goût et une présence qui sait alterner les moments d’effacement et ceux où l’instrument joue un rôle plus prépondérant.

    On se demande seulement pourquoi ce concert s’inscrit dans un cycle nommé l’Art de l’accompagnement vocal. On voit mal ce qui le différencie d’un récital traditionnel.




    Auditorium du Musée d'Orsay, Paris
    Le 24/10/2008
    Gérard MANNONI

    Récital du ténor Ian Bostridge accompagné au piano par Julius Drake à l’Auditorium du Musée d’Orsay, Paris.
    Johannes Brahms (1833-1897)
    Neun Lieder und Gesänge, op. 32
    Sommerabend, op. 85 n° 1
    Mondenschein, op. 85 n° 2
    Meerfahrt, op. 96 n° 4
    Der Tod, das ist die kühle Nacht, op. 96 n° 1

    Robert Schumann (1810-1856)
    Liederkreis, op. 39

    Ian Bostridge, ténor
    Julius Drake, piano

     


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