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CRITIQUES DE CONCERTS 21 février 2018

Récital de la mezzo-soprano Elīna Garanča accompagnée par l’European Sinfonia sous la direction de Karel Chichon dans le cadre des Grandes Voix au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Le charme à la baltique
© Simon Fowler / Virgin Classics

Fidèles à leur vocation, les Grandes Voix viennent de proposer au Théâtre des Champs-Élysées le premier récital parisien de la mezzo-soprano Elīna Garanča, accompagnée par l’European Sinfonica dirigé par le bouillant Karel Chichon. Une soirée pleine de charme sinon d’émotion profonde, par une interprète pour le moins ravissante.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 15/11/2008
Monique BARICHELLA
 



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  • Après des stars plus consacrées telles que June Anderson et Dmitri Hvorostovsky à Pleyel et avant Juan Diego Flórez le 24 novembre au TCE, Les Grandes Voix ont eu l’heureuse idée d’inviter une authentique belle voix moins connue du public français. Comme son nom de consonance plutôt hispanisante et le répertoire ibérique qu’elle défend avec brio ne l’indiquent guère, Elīna Garanča est née à Riga en Lettonie.

    Après une Cenerentola remarquée au Théâtre des Champs-Élysées, elle s’est imposée en Dorabella dans le Così fan tutte de Patrice Chéreau à Aix puis à Garnier, où elle a également chanté Sesto dans la Clémence de Titus en 2006. Nous l’avions découverte préalablement en Charlotte de Werther à l’Opéra de Vienne, où la mise en scène très particulière d’Andrei Serban transposait le livret dans l’Amérique puritaine des années 1950 et faisait d’elle une blonde hitchcockienne perverse et frigide manipulant Werther. Ce spectacle est d’ailleurs disponible en DVD chez TDK avec Marcelo Alvarez dans le rôle-titre. Enfin, Garanča vient de confirmer son affinité avec notre répertoire en Marguerite de la Damnation de Faust au Grand Théâtre de Genève.

    Pour son récital parisien, la ravissante cantatrice dont le charme indéniable, le timbre velouté et la musicalité idéale ont s’emblée conquérir la salle, s’attarde cette fois longuement sur notre Carmen nationale. Elle chante ce soir tous les grands airs du rôle, sauf celui des cartes. Certes, sur le plan vocal, la Habanera comme la Séguédille sont irréprochables et d’un français correct. La voix est corsée, le timbre clair, coloré et chaud. Manquent néanmoins la caractérisation, la sensualité et la sauvagerie du personnage, comme le sens des mots. Elīna Garanča a bien la voix de Carmen, mais pas le tempérament.

    Avant de s’y risquer au théâtre, il lui faudra, outre un bon metteur en scène, approfondir le personnage pour dépasser ce côté trop lisse, trop hédoniste qui laisse son interprétation en surface. Sentiment qui se confirme et s’accentue dans la Chanson bohème où le tempo et le rythme ne lui permettent plus d’articuler, ce qui rend le texte souvent inintelligible.

    La soirée avait commencé par une trop brève partie belcantiste qui nous a laissés sur notre faim. L’ouverture du Barbier de Séville, alertement enlevée par l’European Sinfonia, il est vrai composé en partie de musiciens de l’English Chamber Orchestra, était pourtant de bonne augure. D’ailleurs, la prestation de l’orchestre et du jeune chef anglais dans la Symphonie espagnole de Lalo, dans le Capriccio espagnol de Rimski-Korsakov et dans les accompagnements des airs, se révèlera un des atouts de la soirée.

    Impeccable style belcantiste

    Garanča nous gratifie de son côté de l’air de Sara, All’afflito è dolce il piante, de Roberto Devereux de Donizetti, d’un impeccable style belcantiste. Se Romeo t’uccise un figlio des Capuletti de Bellini convainc en revanche moins. On aurait surtout aimé que la mezzo s’aventure davantage dans le répertoire rossinien qu’elle privilégie aussi pour l’instant à la scène. Notons que son prochain CD chez Deutsche Grammophon sera consacré à Rossini, Bellini et Donizetti.

    Changement radical de tenue après l’entracte, avec une robe du soir flamboyante et une autre coiffure pour aborder un autre style dans une seconde partie très festive consacrée à la Zarzuela espagnole. Avec ce répertoire a priori très éloigné de ses racines et de sa glamoureuse blondeur baltique comme de sa réserve naturelle qui pourrait passer pour de la froideur, Garanča révèle des affinités étonnantes.

    Elle fait preuve d’un naturel coquin et d’une verve irrésistibles. La salle chavire et s’enthousiasme pour Barbieri et son Petit Barbier de Lavapies. Et plus encore pour Luna et Chapi avec les justement célèbres airs de l’Enfant juif et des Filles de Zébédée, alors que l’on prétend que le public français est imperméable aux charmes de la Zarzuela !

    On reste ensuite dans le solaire avec deux bis consacrés à Granada et à la sérénade Marechiane de Tosti. Visage, sourire, silhouette, robes, coiffures, voix, répertoire, tout est décidément ravissant chez Elīna Garanča. Trop peut-être ?




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 15/11/2008
    Monique BARICHELLA

    Récital de la mezzo-soprano Elīna Garanča accompagnée par l’European Sinfonia sous la direction de Karel Chichon dans le cadre des Grandes Voix au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Bizet, Lalo, Rimski-Korsakov, Chapi, Barbieri, Luna, Rossini, Donizetti
    Elīna Garanča, mezzo-soprano
    European Sinfonia
    direction : Karel Chichon

     


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