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CRITIQUES DE CONCERTS 20 août 2018

Concert de l’Orchestre Philharmonique de Saint-Pétersbourg sous la direction de Yuri Temirkanov au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Prokofiev sans âme
© Jaydie Putterman

Ce premier des deux concerts Prokofiev donnés par l’Orchestre Philharmonique de Saint-Pétersbourg au Théâtre des Champs-Élysées a permis d’admirer la technique du pianiste Denis Matsuev plus que la direction glacée de Yuri Temirkanov dans des extraits par ailleurs bizarrement agencés des suites de Roméo et Juliette.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 03/12/2008
Gérard MANNONI
 



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  • Vraie force de la nature, le jeune Denis Matsuev – il n’a que 33 ans – est un virtuose typique de cette fulgurante école russe qui continue à produire des techniciens semblables à des extraterrestres. Grand Prix du Concours Tchaïkovski à 23 ans, il délivre sans le moindre effort apparent les terrifiantes cascades de notes et d’accords du 3e concerto de Prokofiev comme s’il jouait une valse de Chopin.

    On sait l’exceptionnelle difficulté technique de ces pages créées en 1921 par le compositeur lui-même et, au-delà de toute considération plus purement musicale, on ne peut qu’être fasciné par ces techniques d’airain qui paraissent toujours surhumaines, voire inhumaines. Quelle place tient la sensibilité dans tout cela ?

    C’est une autre question et on attend avec impatience le récital plus tranquillement romantique que le pianiste doit donner dans quelques semaines dans ce même théâtre. Pour ce qui du grand répertoire de concertos russes, Tchaïkovski, Prokofiev, Rachmaninov, Chostakovitch, il est incontestablement muni des atouts adéquats, mais ce n’est pas la direction très formelle de Temirkanov qui peut l’inciter ici à en révéler davantage sur sa sensibilité.

    En deuxième partie, le chef russe propose en effet des extraits des suites de Roméo et Juliette, dans un ordre bizarre, conçu à l’évidence pour terminer la soirée sur un morceau brillant, en l’occurrence la Mort de Tybalt, plutôt que sur la plus discrète scène finale du Tombeau de Juliette.

    On a donc d’abord droit à la deuxième suite, puis trois à extraits de la première. Ce choix un peu chaotique et très démagogique n’aurait guère eu d’importance si le tout cela avait été de nature à susciter la moindre émotion. Mais l’interprétation de Temirkanov de ces pages pourtant très émotionnelles est essentiellement instrumentale, avec une grande beauté de son de la majorité des pupitres, cordes et vents en particulier, dans un climat glacé, n’exprimant rien d’autres que la claire nature des structures musicales.

    Rien de théâtral ni de dramatique, aucun charme ni aucune âme, rien de lyrique ni de généreux, bref une belle et froide exécution irréprochable quant à la précision comme s’il ne s’agissait pas de l’un des drames les plus poignants jamais écrits, traduit ici dans une musique très extravertie. Une sorte d’anti-Gergiev, pourrait-on dire. Mais c’est vrai, ce dernier nous a habitués à vivre toutes ces œuvres avec un enthousiasme et une foi communicative dont il est maintenant bien difficile de se passer.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 03/12/2008
    Gérard MANNONI

    Concert de l’Orchestre Philharmonique de Saint-Pétersbourg sous la direction de Yuri Temirkanov au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Sergei Prokofiev (1891-1953)
    Concerto pour piano n° 3 en ut majeur op. 26
    Denis Matsuev, piano

    Roméo et Juliette, extraits des deux suites d’orchestre

    Orchestre Philharmonique de Saint-Pétersbourg
    direction : Yuri Temirkanov

     


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