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CRITIQUES DE CONCERTS 21 septembre 2019

Theodora de Haendel par les Arts Florissants à la Cité de la Musique à Paris

Theodora ou la vierge insoumise

En dépit de l'argument dramatique à la fois naïf et larmoyant, l'oratorio comporte une série airs et de choeurs somptueux dont les Arts Florissants et William Christie ont frôlé la substantifique beauté, sinon le drame.
 

Cité de la Musique, Paris
Le 09/06/2000
Eric SEBBAG
 



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  • Vierge, insoumise et suicidaire, Theodora serait assurément une star du X aujourd'hui ! Chez Haendel, il est certes question de la prostituer, mais celle-ci préfère trépasser plutôt que de sacrifier la plus petite once de sa foi aveugle aux dieux romains. Mieux, elle réussit à entraîner son chevalier servant (romain de surcroît) dans cette funeste destinée. A Dieu ne plaise, Theodora ne fut pas le modèle de la foi chrétienne, sinon nous serions encore tous romains (par Toutatis !).
    Pour son unique oratorio sur un sujet chrétien, Haendel n'a pas eu le livret très heureux et le martyre de Theodora avait une autre force chez Corneille. Haendel n'en compose pas moins une partition dont l'impact dramatique transcende de loin les infortunes volontaires de son héroïne.
    Pour incarner Theodora, Sophie Daneman possède la fragilité nécessaire pour faire une vierge crédible. Il lui manque cependant l'énergie et la démesure d'une femme capable de tenir tête seule face aux armées de l'Empereur Dioclétien. Délicatement insignifiant, son chevalier servant Dydimus alias Daniel Taylor est un contre-ténor d'une grande pâleur. Est-ce là un effet de son effroi à l'approche du trépas ? En revanche, Paul Agnew qui remplace impromptu Richard Croft dans le rôle de Septimius possède une belle carrure de romain. Surdimensionnée pour le rôle d'Irène, Juliette Galstian qui est plus familière du bel canto manque encore de contrôle vocal mais pas de force expressive.
    Mais à côté d'une distribution inégale, le choeur des Arts Florissants est miraculeux de lumière et précision. Impartial, il rayonne aussi bien pour défendre le point de vue des paiens que des baptistes. L'orchestre donne aussi son meilleur jour sous la houlette d'un Bill Christie enfin décidé à donner du relief aux différents pupitres. La cohésion d'ensemble aussi solide qu'une colonne romaine. On aurait juste apprécié un peu plus de verve tragique et de morgue dans la conduite sans doute trop raffinée et pas assez directe du chef.




    Cité de la Musique, Paris
    Le 09/06/2000
    Eric SEBBAG

    Theodora de Haendel par les Arts Florissants à la Cité de la Musique à Paris
    Choeur et orchestre des Arts Florissants
    Direction : William Christie
    Avec Sophie Daneman (Theodora), Daniel Taylor (Dydimus), Paul Agnew (Septimius), Juliette Galstian (Irène), Neal Davies (Valens), Laurent Slaars (le messager)

     


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