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CRITIQUES DE CONCERTS 18 février 2018

Turangalîla-Symphonie de Messiaen par l’Orchestre de Paris sous la direction de Christoph Eschenbach à la salle Pleyel, Paris.

Chi va crescendo va sano

Accompagné par le pianiste Jean-Yves Thibaudet et le compositeur Tristan Murail aux ondes, Christoph Eschenbach livre, en ce jour anniversaire du centenaire Messiaen, une Turangalîla-Symphonie richement architecturée. À des prémices timides répondent un Finale où le chef allemand rassemble ses troupes pour insuffler l'énergie nécessaire à cette partition titanesque.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 10/12/2008
Laurent VILAREM
 



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  • La tentation est grande d'établir des points de comparaisons entre la Turangalîla offerte ce soir par l'Orchestre de Paris sous la direction de Christoph Eschenbach et celle qu'a proposé en octobre dernier l'Orchestre Philharmonique de Radio France sous la baguette de Myung-Whun Chung, soit, dans le cadre des festivités de Messiaen 2008 liées au centenaire de la naissance du compositeur, un vrai match entre deux grands orchestres parisiens et un duel entre leurs directeurs musicaux attitrés, qui comptent leurs lots de partisans comme de détracteurs.

    Résultat après écoute : match nul ! Ou plutôt que l'enjeu du débat se situe ailleurs. Car si le fini instrumental nous semble bien supérieur côté Orchestre de Paris, la lecture rugissante et un peu anarchique de Chung à la tête d'un Philhar' survolté réjouissait par son audace et sa force. Parce que les options d’Eschenbach au début de cette Turangalîla donnée le jour même du centenaire ne paraissent pas dans leurs prémices dépasser la simple lecture de la partition.

    On notera cependant l'étincelant et parfait rang de cuivres, jamais pris en défaut tout au long de la soirée, dans cette œuvre où les pains sont pourtant souvent de rigueur, ou bien la relative fadeur des percussions, quand celles du Philharmonique étaient éblouissantes de verve et de technique – sans doute le fruit d’une pratique intensive de la musique contemporaine.

    On relèvera encore le soin absolu aux épisodes solistes ou en plus petit ensemble, et l'on commence à croire qu'il n'est de véritable lecture proposée ce soir que résolument extérieure. Et ce n'est pas le pianiste Jean-Yves Thibaudet, qui modifiera cette sagesse bien sonnante tant son piano apparaît au second plan durant la demi-heure que forment les quatre premiers mouvements. Seul élément chungien : les ondes Martenot qui trouvent en le compositeur Tristan Murail un interprète de luxe, et qui dès Chant d'amour 1, fait sonner son instrument avec une ahurissante puissance sonore.

    Après un Joie du sang des étoiles d'une surprenante force dionysiaque, le Jardin du sommeil d'amour se révèle une grande réussite : envoûtant, hypnotique, Thibaudet, qui jusque-là avait davantage fait preuve de virtuosité que d'inspiration, apporte une dimension impressionniste par son toucher d'une grande délicatesse, bien suivi par un Eschenbach parvenant à créer une véritable narration dans ce mouvement pourtant immobile.

    Les derniers mouvements donneront ainsi l'idée d'une Turangalîla qui va crescendo ; si la folie de la partition n'est pas surlignée, on pourra dire que la somme de ses éléments s'assemblent à la manière d'une fresque. En conclusion, on peut certes regretter les invraisemblables sonorités que Chung réussissait à tirer de son orchestre, Eschenbach se montrant toutefois ici un plus subtil et plus rigoureux architecte d'un orchestre auquel manque encore un brin d'extravagance pour rendre entièrement justice à l’œuvre orchestrale majeure d'un auteur qui vient de fêter son premier siècle.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 10/12/2008
    Laurent VILAREM

    Turangalîla-Symphonie de Messiaen par l’Orchestre de Paris sous la direction de Christoph Eschenbach à la salle Pleyel, Paris.
    Olivier Messiaen (1908-1992)
    Turangalîla-Symphonie (1948)
    Jean-Yves Thibaudet, piano
    Tristan Murail, ondes Martenot

    Orchestre de Paris
    direction: Christoph Eschenbach

     


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