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CRITIQUES DE CONCERTS 23 septembre 2020

8e symphonie de Bruckner par les Berliner Philharmoniker sous la direction de Christian Thielemann Ă  la Philharmonie de Berlin.

Un immense brucknérien

C’est l’un de ces concerts d’où l’on sort étourdi, presque en transe. Thielemann laisse une impression durable à l’issue d’une interprétation gigantesque de l’une de ses symphonies phares, la 8e de Bruckner, qu’il avait déjà donnée à Berlin avec son orchestre du Deutsche Oper en 2001 et en tournée avec les Wiener en mars 2007.
 

Philharmonie, Berlin
Le 12/12/2008
Hermann GRAMPP
 



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  • En cette première dĂ©cennie du XXIe siècle, la 8e symphonie d’Anton Bruckner, ce gĂ©ant de la tradition symphonique en occident, aura rĂ©sonnĂ© Ă  plusieurs reprises Ă  la Philharmonie de Berlin sous des baguettes de premier ordre : GĂĽnter Wand, Ă  89 ans, en fĂ©vrier 2001, dans son dernier concert avec le Philharmonique de Berlin, rĂ©sumant le savoir d’une vie ; Christian Thielemann avec le philharmonique de Vienne en mars 2007, concert mĂ©morable qui, dans le cadre d’une tournĂ©e des Viennois, avait Ă©tĂ© donnĂ© Ă©galement Ă  Paris ; en octobre 2007 enfin, Bernard Haitink avec les Berliner, dans une vision moins large, mais royalement Ă©lĂ©gante et gracieuse.

    Le retour de Thielemann dans la même œuvre était donc l’occasion du renouvellement d’un miracle, et un moment très attendu : pour le public berlinois, c’est toujours une émotion particulière de retrouver au pupitre dans la capitale le « fils perdu », le Berlinois de souche qui a quitté le Deutsche Oper en 2004 pour Munich, laissant un vide musical quasi total dans cette maison d’opéra jadis si grande.

    Et les attentes n’auront pas été déçues. Évoquons pour commencer la question du tempo. L’exécution est particulièrement lente et plutôt d’une belle constance de durée – 88 minutes en 2007 avec les Viennois, 84 minutes cette fois. Cela dit, comme chez tous les grands chefs de tradition, on ne ressent pas chez Thielemann la lenteur comme une entrave, elle se fait naturelle, presque organique, avec au passage des transitions et silence d’une beauté suffocante. Et lorsque le chef allemand gravit, particulièrement dans le mouvement lent ou la coda du Finale, la montée au climax, c’est avec une tension unique et dans un seul geste unificateur.

    Ce concert marque aussi le retour à la noirceur si typique des Berliner, que n’a fait que gommer depuis son arrivée le directeur musical actuel de l’orchestre Sir Simon Rattle, qui privilège les textures claires et un certain « pathos blanc » aux antipodes de la tradition germanique, même pour Bruckner. Quel plaisir d’entendre à nouveau ronfler les contrebasses qui sont bien les piliers de cathédrale de cette formation !

    Thielemann provoque ce son abyssal comme pour asseoir l’orchestre au-dessus de ténèbres profondes. D’après la rumeur, il n’aurait cessé de demander en répétition : « Dunkler, meine Damen und Herren, dunkler bitte ! » (Plus sombre, mesdames et messieurs, plus sombre, je vous en prie !) Thielemann, l’archéologue, le « ressusciteur » de sonorités d’antan glorieusement retrouvées, comme par miracle.

    On pourrait d’ailleurs énumérer par dizaines ces beautés multiples qui irriguent cette lecture, jusque dans ces fortissimi gigantesques pas seulement par leur volume, mais avant tout par la puissance inouïe des doublures bois-cuivres. En même temps, Thielemann, qui dirige bien entendu de mémoire, évite toute chute de tension en gardant une main de fer sur l’orchestre. Et cette manière d’animer les premiers violons, de pétrir le son avec la main gauche, de fléchir les genoux pour obtenir les nuances les plus ténues, de transformer chaque phrase en un traité de pure beauté sonore sont vraiment d’un immense chef d’orchestre.

    Une interprétation de l’un des sommets de la littérature symphonique par l’un des tous meilleurs brucknériens de notre temps.




    Philharmonie, Berlin
    Le 12/12/2008
    Hermann GRAMPP

    8e symphonie de Bruckner par les Berliner Philharmoniker sous la direction de Christian Thielemann Ă  la Philharmonie de Berlin.
    Anton Bruckner (1824-1896)
    Symphonie n° 8 en ut mineur
    Version de 1890, Ă©dition Leopold Nowak

    Berliner Philharmoniker
    direction : Christian Thielemann

     


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