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CRITIQUES DE CONCERTS 14 décembre 2019

Nouvelle production de la Chauve-souris de Strauss mise en scène par Peter Langdal et sous la direction d’Emmanuel Krivine à l’Opéra de Lyon.

Une Chauve-souris moderne bien grinçante
© Bertrand Stofleth

La Chauve-souris de Johann Strauss fils reste un Incontournable pour les fêtes de fin d’année. Sous la baguette inspirée d’Emmanuel Krivine, la reine des opérettes offre à Lyon un plaisir contrasté où se mêlent charme bling-bling, esprit incisif et plaisanteries qui plombent les ailes du mammifère volant. Nous voici bien au crépuscule d’une société vouée au naufrage.
 

Opéra national, Lyon
Le 17/12/2008
Nicole DUAULT
 



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  • Un rire jaune, tel est celui qu’inspire cette Chauve-souris, condensĂ© de charme viennois et d’ivresse nostalgique, qui font mouche dans cette mise en scène du Danois Peter Langdal qui transpose l’intrigue dans l’univers bling-bling d’un intĂ©rieur bourgeois de notre Ă©poque, Ă  la veille de la crise. Certes, cette production iconoclaste venue du Danemark ne va pas jusqu’au bout de ses intentions. On l’aurait aimĂ©e plus percutante. Elle suggère seulement avec parfois quelques lourdeurs très scandinaves le tumulte financier et Ă©conomique actuel.

    Dans les dialogues, le metteur en scène n’y va pourtant pas de main morte : alors qu’il est question de « France terre d’accueil Â», un personnage enchaĂ®ne : « Casse-toi, pauv’ con ! Â». Évidemment, le public s’esclaffe. MalgrĂ© la longueur de textes parlĂ©s caricaturaux, Ă  l’actif de Langdal, on ne note pas le moindre temps mort dans cette farce absurde emplie de jeux de masques.

    L’histoire paraît certes aujourd’hui totalement obsolète, mais les pièges et les quiproquos des personnages qui viennent se perdre, tête baissée, comme des chauves-souris, dans la lumière des illusions et des faux-semblants, sont éternels.

    La réécriture des dialogues et l’intervention du comique Timo Dierkes appuient un peu trop la fable que la partition de Johann Strauss fait si vaporeuse, si impulsive, si mélodique et si rythmique. Le chef Emmanuel Krivine, que l’on sait peu familier des fosses d’orchestre, fait de l’ouverture un chef-d’œuvre symphonique de légèreté et de tendresse : une merveille de temps suspendu.

    Quant aux interprètes, ils pétaradent, sautent, voltigent. Ils sont ébouriffants, notamment le baryton Dietrich Henschel (Eisenstein) qui, des Trois sœurs de Peter Eötvös à Wozzeck de Berg, montre une nouvelle face de son formidable talent de chanteur et surtout d’acteur. Il est aussi irrésistible que la soprano Nicola Beller Carbone, voix ravissante, silhouette séduisante, qui s’épanouit dans une Czardas endiablée.

    Coquine et délicieuse est l’Adèle de la soprano Olga Peretyatko, que l’on retrouvera dans quelques semaines en Susanna des Noces de Figaro au Théâtre des Champs-Élysées. Petite déception avec la mezzo Stephanie Houtzeel qui, malgré une fort jolie voix, est un pâle Prince Orlofsky. Sans doute le metteur en scène ne donne-t-il pas assez d’importance à ce rôle pourtant fascinant.

    L’œuvre fut créée à Vienne en 1874 sous le coup d’un formidable désastre boursier et ne réussit pas à dérider les spectateurs. Dans un climat identique de crise financière, cent trente-quatre ans plus tard, au contraire, le public lyonnais s’amuse sans frein de l’enchaînement des mascarades, des imbroglios qui, sous la bouffonnerie, dénoncent l’hypocrisie.




    Opéra national, Lyon
    Le 17/12/2008
    Nicole DUAULT

    Nouvelle production de la Chauve-souris de Strauss mise en scène par Peter Langdal et sous la direction d’Emmanuel Krivine à l’Opéra de Lyon.
    Johann Strauss II (1825-1899)
    Die Fledermaus, opérette en trois actes (1874)
    Livret de Karl Haffner et Richard Genée d’après le Réveillon d’Henri Meilhac et Ludovic Halévy

    Coproduction avec le Kongelige Teater de Copenhague

    Chœur et Orchestre de l’Opéra national de Lyon
    direction : Emmanuel Krivine
    mise en scène : Peter Langdal
    décors : Mia Stensgaard
    costumes : Pernille Egeskov
    Ă©clairages : Jesper Kongshaug
    préparation des chœurs : Alan Woodbridge

    Avec :
    Dietrich Henschel (Eisenstein), Nicola Beller Carbone (Rosalinde), Olga Peretyatko (Adele), Stephanie Houtzeel (Prinz Orlofsky), Bernhard Berchtold (Alfred), Otto Katzameier (Dr Falke), Eberhard Francesco Lorenz (Dr Blind), Andreas Macco (Frank), Timo Dierkes (Frosch), Tara Venditti (Ida).

     



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