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CRITIQUES DE CONCERTS 26 mai 2018

Récital Bryn Terfel-Rolando Villazón dans le cadre des Grandes Voix au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Grande fête vocale
© Jason Bell / DG

Nouveau concert double dans la série des Grandes Voix du Théâtre des Champs-Élysées. Baryton et ténor cette fois, Rolando Villazón ayant pour compère Bryn Terfel. Combat un tant soit peu inégal entre la vocalité impériale du Gallois et les soucis d’aigu du Mexicain, mais grande fête de la voix où les passionnés connaissent de grands moments de joie et d’exaltation.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 16/01/2009
Gérard MANNONI
 



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    Alors, vu la grande demande de spectacles, on fait avec ce que l’on a et on oublie que l’émotion de base de l’opéra est engendrée par la voix, même s’il s’agit de théâtre lyrique. À preuve les déchaînements formidables d’enthousiasme déclenchés par ces concerts sans spectacle, quand la voix redevient reine. Qu’importe alors si l’on acclame de la même manière les musiques les plus diverses, Granada comme la Romance à l’étoile de Tannhäuser, car c’est le pur plaisir de la beauté vocale qui reprend ses droits, celui du beau chant qui soulève des passions que ne connaissent aucun autre type de spectacle vivant.

    Faut-il alors, pour parler d’un concert comme celui, triomphal, que viennent de donner deux des plus grands chanteurs actuels, essayer de faire la part des choses et détailler les mérites et les éventuelles faiblesses de chacun ? Il suffirait juste de dire que le baryton gallois Bryn Terfel est au sommet d’une carrière mirifique, que son chant est à tous égards magique de qualité, d’intelligence, de musicalité, d’élégance, tout comme son comportement scénique.

    Voix plus claire que certaines barytons de jadis comme London, mais sans l’ombre d’un défaut, sans qu’aucune note, qu’aucun son ne semble jamais inutile ou dénué de signification, malgré l’absence totale de surcharge expressive. Miraculeux et exaltant, d’immenses moments de bonheur tant dans le Credo de Iago que dans la Romance à l’étoile, dans le Veau d’or de Méphisto ou dans les duos de Don Carlo, de Faust ou des Pêcheurs de perles avec Villazón. Parfait dans toutes les langues, aussi.

    Intelligent, musical, généreux, Rolando Villazón l’est également, capable de savoir se présenter dans un programme lui permettant de contourner les quelques problèmes que lui pose encore une voix au registre aigu toujours hasardeux. Alors, avec Ah la Peterna mano de Macbeth, Kuda, Kuda d’Eugène Onéguine, Source délicieuse du Polyeucte de Gounod et dans les duos avec Terfel, nous bénéficions de son timbre rayonnant, de son lyrisme expressif, des meilleurs aspects d’une personnalité scénique sympathique, parfaitement apte à faire oublier et pardonner que les moyens ne sont pas à leur sommet pour une personnalité de cette valeur. Mais patience. Il suffit sans aucun doute d’attendre encore un peu.

    Tout cela étant dit, c’est, encore une fois la jubilation absolue d’un public emplissant les moindres recoins du Théâtre des Champs-Élysées qu’il faut retenir. En ces temps un peu froids et gris en tous domaines, quand un certain terrorisme intellectuel est toujours en action et vide plus de salles qu’il ne les remplit, comment résister à se gorger sans complexes de beauté vocale et musicale, avec tout ce que cela comporte de physique et de purement sensuel, aussi ? On en redemande … éventuellement avec un meilleur orchestre !




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 16/01/2009
    Gérard MANNONI

    Récital Bryn Terfel-Rolando Villazón dans le cadre des Grandes Voix au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Verdi, Tchaïkovski, Wagner, Rossini, Gounod, Bizet, Fauré
    Rolando Villazón, ténor
    Bryn Terfel, baryton

    Prag Philharmonia
    direction : Gareth Jones

     


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