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CRITIQUES DE CONCERTS 24 février 2018

Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction d’Ilan Volkov, avec la participation du pianiste Kun Woo Paik à la salle Pleyel, Paris.

Le grand jeu d’Ilan Volkov ?
© Simon Butterworth

La venue de jeunes chefs à la tête de grands orchestres est toujours un événement d'importance. Le chef israélien Ilan Volkov, âgé de 32 ans, déçoit cependant à la tête de l'Orchestre de Paris, dans un programme placé sous le signe du jeu, où le pianiste coréen Kun Woo-Paik se taille la part du lion avec un magnifique 2e concerto pour piano de Prokofiev.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 07/01/2009
Laurent VILAREM
 



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  • Des jeunes chefs comme Gustavo Dudamel, Lionel Bringuier, Daniel Harding ou Mikko Franck, qui impressionnent les plus grandes scènes internationales par leur talent, on guettait le passage de l'Israélien Ilan Volkov, né en 1974, à la tête de l'Orchestre de Paris, pour compter parmi eux un nouveau chef trentenaire d'avenir.

    C'est que celui qui fut assistant de Seiji Ozawa à Boston et qui occupe actuellement le poste de directeur musical au BBC Scottish Orchestra avait brillamment remplacé au pied levé Esa-Pekka Salonen il y a deux ans à la tête du même orchestre. Le programme est en outre alléchant. Deux ballets méconnus de Stravinski côtoient le tube qu'est le 2e concerto pour piano de Prokofiev et les mirobolants Jeux de Debussy, phare de la production du XXe siècle.

    Pourtant, dès les premières mesures du Baiser de la fée, les espoirs placés en Volkov se replacent dans la douce lumière de la lucidité. Composé en 1928, en hommage à Tchaïkovski pour Ida Rubinstein – Stravinski était alors en délicatesse avec Diaghilev –, ce ballet est un divertimento où la loupe stravinskienne agit à plein tant l'orchestration néo-classique tranche dans les timbres pour conférer une vie exceptionnelle à cette musique qui reste cependant anecdotique.

    On a parfois l'impression d'observer, à l'instar de Pulcinella, un narquois concerto pour orchestre où les différents pupitres se toisent et se répondent. L'Orchestre de Paris y montre sa sonorité habituelle, bellement maîtrisée mais dont la grande homogénéité entraîne toutefois un certain manque de personnalité. Car il faut un orchestre d'une verdeur survoltée pour transcender également l'autre ballet de Stravinski présent au programme, Jeux de cartes.

    Écrit en 1938, le ballet a pour argument une partie de cartes – le poker était l'occupation préférée du compositeur avant-guerre – qu'on oublie pour prêter l'oreille à une musique aussi éblouissante dans le détail que frustrante dans son résultat sonore tant le compositeur paraît plus intéressé par l'écriture que par le souci de raconter une histoire. Une nouvelle fois, Volkov donne à entendre avec soin l'ensemble de la partition, avec professionnalisme et élégance.

    Avec la venue du pianiste Kun Woo Paik, on espérait l'élément perturbateur qui contrarierait le manque de tranchant notable de la conduite du chef israélien. Le pianiste coréen est en effet l'interprète idéal du 2e concerto de Prokofiev : la redoutable cadence du premier mouvement est avalée avec son particulier mélange de force et d'élan, galvanisant un orchestre dont la reprise par les cuivres provoque alors une foudre sonore à pierre fendre. On gagerait pourtant tout au long du concerto que le chef peine à suivre son pianiste et à dépasser le simple accompagnement.

    Il faudra ainsi attendre Jeux de Debussy pour voir Volkov s'ébrouer dans son élément. Car de cette partition aussi reconnue dans l'Histoire de la musique que rare au concert, pièce qui réussit le prodige à être à la fois la plus avant-gardiste et la plus fraîche du compositeur de la Mer, le jeune chef parvient à en rendre le côté fuligineux et à réussir les fameuses couleurs orchestrales d’arrière-plan que réclamait son auteur.

    Jeux est de ces musiques qui, par leur profusion de rythmes et de timbres, tourbillonnent aussi vertigineusement qu'un essaim d'abeilles. L'alanguissement et la timidité qu'y insuffle Volkov exacerbe la mélancolie sous-jacente de cette ode à la jeunesse écrite par un compositeur malade. Aussi, on remarque enfin la douce sensibilité d'un chef qui aura su s'imposer au sein d'un orchestre qui demandait cependant à être bousculé. Jeux nous redonne donc bien l'idée que Volkov est un chef trentenaire à suivre.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 07/01/2009
    Laurent VILAREM

    Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction d’Ilan Volkov, avec la participation du pianiste Kun Woo Paik à la salle Pleyel, Paris.
    Igor Stravinski (1882-1971)
    Le Baiser de la fée, divertimento

    Serge Prokofiev (1891-1953)
    Concerto pour piano et orchestre n° 2
    Kun Woo Paik, piano

    Igor Stravinski (1882-1971)
    Jeux de cartes, ballet en trois donnes

    Claude Debussy (1862-1918)
    Jeux, poème dansé

    Orchestre de Paris
    direction : llan Volkov

     


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