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CRITIQUES DE CONCERTS 21 février 2018

Récital du pianiste Nicholas Angelich dans le cadre de Piano aux Champs-Élysées au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Nicholas le poète

Après les grandes démonstrations des hyper virtuoses russes du piano, Nicholas Angelich vient un peu calmer le jeu et rappeler qu’un beau langage poétique peut nous toucher aussi efficacement. Dans un programme baroque et romantique, la qualité de son toucher et la subtilité de son rapport à l’instrument illustrent une autre facette du très grand art pianistique.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 30/01/2009
Gérard MANNONI
 



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  • Le hasard des programmations est parfois riche d’enseignements. Le lendemain du jour où Denis Matsuev nous avait subjugués par sa foudroyante alliance d’une technique surhumaine et d’une superbe sensibilité de coloriste, Nicholas Angelich, dans la série Piano aux Champs-Élysées de Jeanine Roze Production, apportait un message différent qui en prenait encore davantage de relief.

    Puissant et profond dans le 2e concerto de Brahms en décembre dernier sous la baguette inspirée de Vladimir Jurowski, Angelich affirme ici d’emblée des intentions plus intimistes avec ce programme débutant par les Variations en fa mineur Hob. XVII/6 de Haydn et la 2e suite anglaise en la mineur BWV 807 de Bach, et s’achevant avec la Sonate de Liszt.

    Chez Haydn comme chez Bach, Nicholas Angelich opte pour une approche très équilibrée, située entre ce que l’on pourrait appeler une tendance clavecin et une tendance piano romantique. Pas question de se priver des nuances et des couleurs dont dispose le piano, mais pas question non plus de faire passer le lyrisme avant la pureté et la rigueur des structures.

    Un jeu très subtil où le pianiste sait, par l’intelligence d’un phrasé inventif mais contrôlé et par l’imagination fertile mais elle aussi raisonnée présidant au choix des accents, donner à ces pages une vie, une personnalité qui pourraient servir d’exemple à bien de ceux qui se lancent imprudemment dans l’interprétation des musiques de cette époque.

    Faire parler de telles œuvres, se les approprier tout en les respectant et en nous les rendant proches n’est pas à la portée des doigts de n’importe qui. Éminent chambriste, Nicholas Angelich est de fait un musicien profond, sincère, dont l’ego n’est pas surdimensionné car il a autant de plaisir à partager qu’à s’exprimer seul.

    Sa lecture de la Sonate en si de Liszt se révèle tout aussi personnelle et attachante, même si on eût aimé parfois des contrastes de couleurs et de toucher plus marqués entre les moments de calme très intériorisés et les emportements tempétueux qui alternent tout au long de cette partition unique en son genre. Ces perpétuels retours en soi-même que Liszt semble ne pas pouvoir éviter ici peuvent être davantage tournés vers l’angoisse, tout comme les déferlements d’accords et de notes qui les interrompent peuvent aussi sonner de manière plus diabolique.

    L’ensemble de cette interprétation baigne néanmoins dans un admirable climat de tourments romantiques, à la fois philosophique et bouillonnant d’ardeurs impossibles à réprimer aussi bien dans le domaine intellectuel que dans celui des sens, tout en restant davantage dans le domaine de la sensibilité et du sentiment que dans celui d’évasions vers l’irrationnel.

    On se souvient de l’extraordinaire enregistrement par Angelich des Années de pèlerinage du même Liszt, et c’est dans un univers très semblable que s’est déroulé la Sonate, qui peut être aussi imaginée dans une logique différente, moins descriptive, plus proche de la Faust-Symphonie ou d’Après une lecture de Dante. Mais quel magnifique pianiste et quel musicien d’exception au toucher miraculeux !




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 30/01/2009
    Gérard MANNONI

    Récital du pianiste Nicholas Angelich dans le cadre de Piano aux Champs-Élysées au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Haydn, Bach, Liszt
    Nicholas Angelich, piano

     


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