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CRITIQUES DE CONCERTS 23 juin 2018

Récital de la contralto Marie Nicole Lemieux dans le cadre de Jeanine Roze Production au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Une grande Liedersängerin
© Yves Renaud

À l’écoute de ce récital de Lieder de Schumann et de Brahms donné par la contralto Marie-Nicole Lemieux, on ne peut que se réjouir de trouver en cette jeune cantatrice une interprète exceptionnelle d’un répertoire difficile où tout le monde se risque mais où rares sont les réussites. Un concert magique, rehaussé encore par la présence d’Antoine Tamestit à l’alto.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 06/02/2009
Gérard MANNONI
 



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  • Serions-nous en train de voir éclore un nouvel âge d’or du Lied ? On peut sincèrement se poser la question après avoir entendu ces derniers mois des récitals comme ceux de Jonas Kaufmann et de Marie-Nicole Lemieux. L’un comme l’autre nous ont ramené à des temps déjà anciens où quelques éminents spécialistes pratiquaient cet art très particulier sur des sommets à peu près jamais atteints depuis.

    Le disque a laissé fort heureusement la trace de ces grands artistes, peu nombreux, et les références existent donc à la portée de tous. Ce n’est pas du rêve ni du passéisme incurable. Mais depuis, tout chanteur d’opéra se croit capable de lancer dans le récital de mélodies. Erreur généralement fatale et déceptions en chaîne.

    Avec une voix grave au timbre rare par sa couleur et sa musicalité, une émission parfaitement sous contrôle qui lui permet de n’utiliser qu’une petite part de ses réserves de puissance, une fantastique intelligence des textes et un sens musical sans faille, Marie-Nicole Lemieux donne du second Liederkreis, de l’Amour et la vie d’une femme de Schumann et de neuf Lieder de Brahms dont deux avec le remarquable altiste Antoine Tamestit, une interprétation touchant au sublime.

    Il y a tout : l’imagination, la fidélité à l’esprit de chaque œuvre, du tragique intériorisé à l’amour exalté, de la joie ou de l’humour au monde intérieur si particulier de Schumann notamment, la sensibilité extériorisée sans démesure, la subtilité du phrasé et une manière à la fois intime et théâtrale de projeter chaque texte, comme savent le faire les vrais artistes de scène.

    Les humeurs exprimées par le Liederkreis de Schumann sont très variées, mais aucune n’est trahie à aucun moment, sans excès de pathétique, sans que la qualité vocale ne se ternisse jamais dans toutes les nuances. Même constatation pour l’Amour et la vie d’une femme, avec quelques moments spécialement magiques comme l’ultime Lied du cycle.

    Les deux Chants pour voix d’alto, alto et piano op. 91 de Brahms bénéficient de la présence superbe d’Antoine Tamestit, beauté du son, legato de rêve, osmose parfaite avec la vie communiquée à ces pages par la cantatrice… et par le pianiste, Daniel Blumenthal, remarquable partenaire de bout en bout de la soirée. Les sept autre Lieder de Brahms qui terminent le programme, très variés eux aussi dans leur forme et leur contenu, sont délivrés avec la même brillante intelligence et le même art de communiquer par les notes et les mots.

    Du très grand art, en vérité, qui, comme celui déployé par Jonas Kaufmann au Palais Garnier en novembre dernier, se situe bien au-dessus de ce que délivrent en général les chanteurs actuels en pareilles circonstances et, une fois encore, nous rappelle l’âge d’or des Seefried, Ferrier, Schwarzkopf, Fischer-Dieskau, Wunderlich et de bien trop rares autres.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 06/02/2009
    Gérard MANNONI

    Récital de la contralto Marie Nicole Lemieux dans le cadre de Jeanine Roze Production au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Robert Schumann (1810-1856)
    Liederkreis, op. 39

    Johannes Brahms (1833-1897)
    Deux Chants pour voix d’alto, alto et piano, op. 91
    Antoine Tamestit, alto

    Robert Schumann (1810-1856)
    Frauenliebe und Leben, op. 42

    Johannes Brahms (1833-1897)
    Dein blaues Auge hält so still, op. 59
    Das Mädchen spricht, op. 107
    Immer leiser wird mein Schlummer, op. 97
    Ständchen, op. 106
    Die Mainacht, op. 43
    Vergeblisches Ständchen, op. 84
    Von ewiger Liebe, op. 43

    Marie-Nicole Lemieux, contralto
    Daniel Blumenthal, piano

     


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