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CRITIQUES DE CONCERTS 22 juin 2018

Die Tote Stadt de Korngold au Royal Opera House de Covent Garden de Londres dans la production salzbourgeoise de Willy Decker, sous la direction d’Ingo Metzmacher.

Résurrection pour la Ville morte
© Bill Cooper

Nadja Michael (Marietta)

Créée triomphalement le même jour à Cologne et à Hambourg le 4 décembre 1920, la Ville morte a attendu quatre-vingt-neuf ans pour être représentée sur une scène anglaise, celle de Covent Garden. Le Royal Opera House vient enfin de mettre à son répertoire le chef-d’œuvre d’un compositeur de 23 ans dont la carrière classique fut brisée par le nazisme.
 

Royal Opera House, Covent Garden, London
Le 13/02/2009
Monique BARICHELLA
 



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  • Pendant trop longtemps, la musique d’Erich Wolfgang Korngold (1897-1957) n’a été connue et reconnue que des cinéphiles, le compositeur ayant signé la bande originale de nombreuses productions hollywoodiennes, et en particulier de quelques uns des plus célèbres films avec Errol Flynn : le Capitaine Blood, Robin des bois, la Vie privée d’Elizabeth, l’Aigle des mers. Il fut même oscarisé pour les deux premiers.

    À partir du milieu des années 1970, son opéra majeur, la Ville morte, commença à être lentement redonné, à New York et à Vienne, et enfin reconnu comme une des œuvres lyriques importantes du XXe siècle. Avec Goldschmidt et Krenek, Korngold est un des compositeurs de la Musique dégénérée (Entartete Musik) interdits par le IIIe Reich et réhabilité par une série d’enregistrements passionnants édités par Decca il y a une quinzaine d’années.

    Korngold était un compositeur célèbre et estimé quand, chassé par le nazisme de Vienne où son père était un critique musical important, il s’installa à Los Angeles. Pour survivre, il se consacra à la musique de film, alors que Die Tote Stadt avait été créé avec un immense succès à l’Opéra de Vienne, puis au Met dès 1921 et à Berlin en 1924. Curieusement, ni Paris, où il n’a été donné à la scène qu’en 2001 dans une production de l’Opéra du Rhin, ni Londres n’avaient monté cet opéra dont le style et la luxuriante orchestration évoquent irrésistiblement le Richard Strauss de la même période – la Femme sans ombre est exactement contemporaine.

    Willy Decker signa un spectacle de référence qui fit l’événement au festival de Salzbourg 2004, en coproduction avec l’Opéra de Vienne qui représenta ensuite l’ouvrage avec les mêmes valeureux interprètes (Angela Denoke, Torsten Kerl, Bo Skovhus). Cette même mise en scène a été donnée à Amsterdam en 2005, à Barcelone en 2006 puis à San Francisco en septembre 2008, avant d’arriver à Covent Garden.

    Pour cette création in loco, le Royal Opera House a fait appel à un nouveau trio vocal et au remarquable chef d’orchestre Ingo Metzmacher, actuel directeur artistique de l’Orchestre Symphonique de Berlin et dont on a pu apprécier récemment un Tristan et Isolde exemplaire à l’Opéra de Zurich. A la tête d’un orchestre glorieux aux sonorités rutilantes, la direction justement straussienne du maestro allemand magnifie les paroxysmes de la brillante partition de Korngold dont l’inspiration est sans doute inégale mais toujours séduisante. Ce n’est pas un hasard si la Chanson de Marietta est l’un des airs les plus célèbres et les plus enregistrés du répertoire de soprano du XXe siècle.

    Une Marietta vampirique

    Après sa Salomé torride dans la production de David McVicar sur cette même scène, on attendait avec le plus vif intérêt la Marie-Marietta de Nadja Michael. Ex-mezzo convertie depuis peu au soprano, l’Allemande avait abordé le double rôle à Amsterdam. Sur le plan dramatique, elle tient toutes ses promesses, composant une Marietta perverse, vampirique, prédatrice, tout aussi engagée et hallucinante que sa Princesse de Judée. On est moins convaincu par sa prestation vocale dans une tessiture très tendue où elle n’est pas toujours à l’aise, avec de fréquents dérapages au niveau de la justesse.

    Imposant Tannhaüser à la Bastille et Siegfried à Bayreuth les trois derniers étés, Stephen Gould a certes les moyens de Paul, mais la voix, trop lourde, se plie avec difficulté aux passages plus lyriques exigés par le rôle. En revanche, Gerald Finley se révèle un Frank-Fritz idéal, nous offrant le chant le plus maîtrisé et le plus musical de la soirée pour la célèbre Sérénade de Pierrot, détaillée avec raffinement. Mention spéciale enfin à la Brigitta parfaite de Kathleen Wilkinson.

    Quant à la brillante production de Willy Decker, elle rend justice à tous les aspects dramatiques, oniriques, psychanalytiques et fantasmagoriques de Bruges-la-morte, le roman symboliste de Georges Rodenbach dont est tiré le livret.




    Royal Opera House, Covent Garden, London
    Le 13/02/2009
    Monique BARICHELLA

    Die Tote Stadt de Korngold au Royal Opera House de Covent Garden de Londres dans la production salzbourgeoise de Willy Decker, sous la direction d’Ingo Metzmacher.
    Erich Wolfgang Korngold (1897-1957)
    Die Tote Stadt, opéra en trois tableaux, op. 12 (1920)
    Livret de Paul Schott d’après le drame le Mirage et le roman Bruges-la-morte de Georges Rodenbach

    Chœur et Orchestre de l’Opéra Royal de Covent Garden
    direction : Ingo Metzmacher
    mise en scène : Willy Decker
    décors : Wolfgang Gussmann
    éclairages : Wolfgang Göbbel

    Avec :
    Stephen Gould (Paul), Nadja Michael (Marie-Marietta), Gerald Finley (Frank-Fritz), Kathleen Wilkinson (Brigitta), Steven Ebel (Victorin / Voix de Gaston), Simona Mihai (Juliette), Jurgita Adamonyté (Lucienne), Ji-Min Park (Graf Albert), Adrien Mastrosimone (Gaston), Barry Callan (le double de Paul).

     



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