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CRITIQUES DE CONCERTS 20 août 2018

Récital de la soprano Olga Guryakova accompagnée au piano par Anna Rakhman à l’Auditorium du Louvre, Paris.

Erreur d’aiguillage
© Olga Fomina

Encore une très estimable cantatrice qui se fourvoie dans un répertoire inadéquat pour l’état actuel de sa voix, de son style, de sa culture. La belle et charmante Olga Guryakova n’a en ce moment rien qui puisse justifier son incursion dans le monde des Lieder de Brahms et de Strauss, ni même de ceux de ses compatriotes Medtner et Sviridov.
 

Auditorium du Louvre, Paris
Le 25/02/2009
Gérard MANNONI
 



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  • Mais qu’ont-elles donc toutes à vouloir se produire dans ce qui est un genre très particulier et extrêmement dangereux, celui du récital de mélodies ? On finit par être contraint de se répéter, voire de radoter, en rappelant que chanter les Lieder allemands ou la mélodie française n’est pas à la portée de toutes les voix d’opéra, que cela exige une formation bien spécifique issue de cultures non moins spécifiques, tant sur le plan musical qu’intellectuel ou simplement linguistique.

    Nous continuons à assister à une série de récitals de chanteurs dont le succès est avéré sur les scènes d’opéra au plus niveau mais qui se révèlent inaptes à rendre justice à un répertoire dont les subtilités vocales et littéraires leur échappent. Remarquable interprète du répertoire russe, déjà moins convaincante dans le répertoire italien dont certains rôles trop lourds pour elle on déjà des effets négatifs sur sa voix – stridence accentuée et instabilité –, Olga Guryakova est un exemple de plus de ce qu’il ne faut pas faire.

    Dans un allemand mal prononcé, elle passe totalement à côté de ce qui est l’essentiel des Lieder de Brahms et de Strauss qu’elle tente d’aborder. Avec une voix qui a pris ces derniers temps le côté agressif d’une certaine école russe que l’on croyait révolue, elle n’a su que passer de demi-teintes sans couleur à des éclats sans doute valables pour Tosca mais absolument hors de propos ici.

    Pas de ligne de chant, pas de flexibilité, juste ces fortissimi systématiques dans le haut-médium et l’aigu, peu agréables à l’oreille et en totale inadéquation avec la musique et le texte. Le comble étant atteint avec des pages de Strauss comme Morgen, dont le climat de nostalgique introspection et les demi-teintes subtiles sont absolument absents et Cäcilie, projeté comme un grand air de Verdi.

    On attendait les mélodies russes avec espoir, mais ici encore, même si la voix semble plus à l’aise avec les couleurs des mots, la nature de l’émission et l’approche générale de chaque mélodie n’est pas ce qui convient à un répertoire tellement plus intimiste, même dans ces pages les plus extraverties, que celui de l’opéra.

    Il est alors légitime de se demander qui peut bien conseiller à une artiste de cette valeur de s’engager dans des chemins aussi peu conformes à ses possibilités ? Agent, professeur, entourage, ou simplement envie personnelle ? Dommage en vérité, et surtout regret qu’avant de prendre une telle décision, on ne songe pas à se référer à celles et ceux qui portèrent cet art au sommet et dont les enregistrements sont à portée de main et d’oreille.

    Ne serait-ce que dans son répertoire national, Olga Guryakova aurait pu prendre exemple sur Galina Vichnevskaïa qui, bien qu’immense Tosca et valeureuse Aïda, a laissé au disque des exemples magnifiques d’interprétation de la mélodie russe.

    Au piano, Anna Rakhman s’efforce pourtant de créer un univers sonore fait de poésie, de nuances, de fluidité, que la cantatrice semble ne pas entendre.




    Auditorium du Louvre, Paris
    Le 25/02/2009
    Gérard MANNONI

    Récital de la soprano Olga Guryakova accompagnée au piano par Anna Rakhman à l’Auditorium du Louvre, Paris.
    Johannes Brahms (1833-1897)
    Wie Melodien zieht es mir
    Meine Liebe ist grün
    Wiegenlied
    O wuss’ich doch Weg zurück
    Von ewiger Liebe

    Richard Strauss (1864-1949)
    Nun Mut !
    Meinem Kinde
    Stänchen
    Die Nacht
    Zueignung
    Morgen
    Cäcilie

    Nikolaï Medtner (1880-1951)
    Ispanskij romans
    Val’s
    Lish’rozy uvjadajut
    Babochka
    Noch

    Georgy Sviridov (1915-1998)
    Osen
    Ochalivshaja Rus
    Gde ty, gdety, otchij dom
    Tam, za mlechnymi kholmami
    Po-osennemu
    O rodina

    Olga Guryakova, soprano
    Anna Rakhman, piano

     


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