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CRITIQUES DE CONCERTS 23 février 2018

Concert du Philharmonia Orchestra sous la direction d’Esa-Pekka Salonen au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Expressionnisme sans voix
© Nicho Soedling

Dans un TCE qu’on aurait imaginé plus comble, le Philharmonia et Esa-Pekka Salonen tiennent toutes leurs promesses dans un superbe programme consacré à la Seconde École de Vienne. Après une Nuit transfigurée aux contrastes exacerbés, la Symphonie lyrique de Zemlinsky pèche comme tant d’autres quant au choix des deux solistes vocaux.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 04/03/2009
Yannick MILLON
 



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  • À une époque où à travers la programmation combinée de ses différentes salles, Paris offre à longueur de saison un gavage symphonique, la sélection devient sans doute de plus en plus difficile pour le mélomane au budget non illimité.

    C’est ce qui explique au moins en partie que le Théâtre des Champs-Élysées ne soit pas rempli à ras-bord pour un événement comme la venue du Philharmonia et de son nouveau directeur musical Esa-Pekka Salonen, le seul choix du répertoire, axé sur la Seconde École de Vienne, ne suffisant pas à expliquer la relative désaffection du public – les deux pièces au programme comptent tout de même parmi les tubes du genre.

    Dans la Nuit transfigurée, le Philharmonia n’a guère à rougir de la comparaison avec des formations encore plus prestigieuses : gestion admirable de la relative sécheresse de la salle par un magnifique soutien du son, tapis de cordes dense et charnu, avec des pupitres graves à la fête, superbe homogénéité globale.

    Salonen joue la fulgurance des contrastes agogiques comme dynamiques, entre la lenteur presque immobile de l’introduction et la manière de propulser les épisodes au contrepoint délirant, entre des fortissimi chauffés à blanc où l’archet chuinte sur la corde et des passages apaisés jusqu’à la plus infime frontière du silence.

    Par rapport à la tradition germanique portée à son faîte par le Karajan de la fin des années 1980, le chef finlandais s’avère moins tranché intellectuellement et plus hésitant quant à une conception d’ensemble. Plus analytique toutefois, il aère la pâte sonore, faisant redécouvrir les deux parties d’alto du sextuor original, souvent sacrifiées dans cette version pour orchestre à cordes de 1943, et n’élabore pas un tissu de legato continu, en coupant bien net les sons à l’issue de leur valeur réelle. Il réussit en tout cas à imposer un long silence terminal que pas une bronchite ne viendra altérer. Du grand art.

    Souffle épique

    Après l’entracte, même succès dans une Symphonie lyrique de Zemlinsky d’une incommensurable énergie, d’un souffle épique, d’une violence parfois terrifiante – la percussion – mais ménageant de réelles plages d’angoisse nocturne, soulignées par d’oppressants roulements de grosse caisse.

    On regrettera d’autant plus qu’une fois encore, Zemlinsky doive se contenter de solistes insuffisants au point de priver le titre de l’ouvrage de son adjectif, et de le cantonner à une abstraction expressionniste, perdant tout le bénéfice littéraire des poèmes sur l’amour de l’Indien Rabîndranâth Tagore.

    Solveig Kringelborn s’essaie à endosser le texte jusque dans son attitude corporelle, mais son instrument la cantonne avec cruauté à une diction floue, à un timbre ingrat, d’émission souvent dure, à un vibrato qui tient du hululement dans le médium et la prive de tout rayonnement expressif.

    Juha Uusitalo, avec son inclassable couleur claironnante et ses rugissements à la projection finalement bien limitée, semble aussi concerné que s’il lisait la liste des musiciens de l’orchestre, ignorant totalement la puissance intérieure du désir, la douleur, le renoncement, et termine même à la manière crooner, avec une nasalité, une sentimentalité et une émission ouverte à côté de la plaque.

    Dommage, car le Philharmonia et Salonen, d’une excellence constante, méritaient assurément mieux.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 04/03/2009
    Yannick MILLON

    Concert du Philharmonia Orchestra sous la direction d’Esa-Pekka Salonen au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Arnold Schoenberg (1874-1951)
    Verklärte Nacht (1899)
    Version pour orchestre à cordes de 1943

    Alexander von Zemlinsky (1871-1942)
    Lyrische-Symphonie en sept chants, op. 18 (1924)
    Poèmes de Rabîndranâth Tagore
    Solveig Kringelborn, soprano
    Juha Uusitalo, baryton

    Philharmonia Orchestra
    direction : Esa-Pekka Salonen

     


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