altamusica
 
       aide
















 

 

Pour recevoir notre bulletin régulier,
saisissez votre e-mail :

 
désinscription




CRITIQUES DE CONCERTS 19 novembre 2018

Week-end du festival Présences à la Maison de la Radio, Paris.

Le mariage des contraires

Le vent de la création a soufflé pour le nouveau week-end parisien du festival Présences. Si le très attendu concerto pour deux altos de Bruno Mantovani déçoit franchement, la première d'Evanoui de Michaël Levinas surprend par son raffinement. Couvrant un large spectre de musiques, de Reich à Ligeti, le festival de Radio France proposera le week-end prochain une nouvelle salve de concerts.
 

Salle Olivier Messiaen - Maison de la Radio, Paris
Le 07/03/2009
Laurent VILAREM
 



Les 3 dernières critiques de concert

  • Lucifer mène la danse

  • En fond de cale

  • Tout en finesse

    [ Tous les concerts ]
     
      (ex: Harnoncourt, Opéra)




  • Première bonne nouvelle de ce week-end que Radio France dédie à la musique contemporaine : l'affluence. On déplorait dans ces colonnes la relative désaffection du public pour le premier rendez-vous parisien de Présences qui mettait pourtant en vedette en octobre dernier Jonny Greenwood, le guitariste du groupe de rock Radiohead.

    Pour le concert d'ouverture de l'Orchestre Philharmonique de Radio France que dirigeait Pascal Rophé, une foule compacte et enthousiaste se pressait ainsi devant les portes de la Maison de la Radio et piaffait d'impatience pour écouter les deux créations attendues.

    La première, de Michael Levinas, dont Évanoui mêle électronique (réalisé à l'Ircam) et orchestre au grand complet, et la seconde de Bruno Mantovani, jeune étoile montante de la composition, qui proposait un concerto pour les deux magnifiques altistes que sont Tabea Zimmermann et Antoine Tamestit.

    La pièce de Levinas surprend par sa poésie, et entraîne dans un tourbillon harmonique déviant durant une dizaine de minutes avec une singulière délicatesse de touche, quand le concerto de Mantovani est un harassant maelström orchestral ponctué de belles cadences pour ses deux altos solistes. C'est que Mantovani cherche à l'instar d'un Wolfgang Rihm à créer des symphonies fleuves, mais son dessein narratif tombe ici sur l'écueil de la répétition et de la boursouflure.

    Et ces trente-cinq minutes de musique, emmenées par un excellent Philhar’, ne sont réveillées par aucune originalité ou signature particulière dans le traitement sonore. Au cours du même concert, deux Études du génial György Ligeti interprétées par Michael Levinas au piano, et le vain Fulgur de Serge Nigg, disparu en novembre dernier.

    Le lendemain, l'Orchestre Philharmonique se montrait une nouvelle fois excellent, cette fois sous la direction de François-Xavier Roth, qui s'affirme de plus en plus comme l'un des chefs les plus sûrs de sa génération. En ouverture, une nouvelle création : celle de la Mémoire de Narcisse de Roger Tessier, qui évoque la musique spectrale des années 1980 mais reste platement désincarnée. Et deux oeuvres « postromantiques »: Songs from North and South de Magnus Lindberg, malhabilement chantées par la Maîtrise de Radio France et la merveilleuse Partita de Witold Lutoslawski sous l'archet de Hélène Collerette.

    Pour conclure enfin après l'entracte, un programme américain par l'intermédiaire de deux œuvres de Pierre Charvet – le célèbre animateur de l'émission Presto sur France 2 qui a vécu longtemps aux États-Unis et qui s'affirme ici excellent compositeur, par l'intermédiaire de ce Regardez-le, étonnant et troublant mélange d'influences de Ligeti, de John Adams et de musique disco, et la City Life de Steve Reich, évocation sonore de New York et hommage à la musique techno comme aux Symphonies d'instruments à vent de Stravinski.

    Ce premier week-end de Présences brosse ainsi un portrait stimulant et d'une grande variété de la création d'aujourd'hui. Un deuxième week-end est prévu les samedi et dimanche 21 et 22 mars, avec la venue de la Société de Musique Contemporaine du Québec sous la direction de Walter Boudreau. On y entendra le truculent Frankenstein de Grüber mais aussi du Franck Zappa, les Pleïades et la création française de Et je reverrai cette ville étrange du prodigieux compositeur québecois mort assassiné à Paris en 1983, Claude Vivier. C'est un événement !

    Et pour reprendre l'expression consacrée, c'est un événement gratuit dans la limite des places disponibles.




    Salle Olivier Messiaen - Maison de la Radio, Paris
    Le 07/03/2009
    Laurent VILAREM

    Week-end du festival Présences à la Maison de la Radio, Paris.
    6 mars 2009

    Michaël Levinas (*1949)
    Évanoui
    Création mondiale
    Gyorgy Ligeti (1923-2006)
    Etudes pour piano, Premier Livre: n° 1 (« Désordre ») et n° 2 (« Cordes à vide »)
    Bruno Mantovani (*1974)
    Concerto pour deux altos et orchestre
    Création mondiale
    Serge Nigg (1924-2008)
    Fulgur
    Benoit Meudic, réalisation informatique musicale Ircam
    Antoine Tamestit, alto
    Tabea Zimmermann, alto
    Michael Levinas, piano
    Orchestre Philharmonique de Radio France
    direction : Pascal Rophé

    7 mars 2009

    Roger Tessier (*1939)
    La Mémoire de Narcisse
    Création mondiale
    Magnus Lindberg (*1958)
    Songs from North and South
    Witold Lutoslaswski (1913-1994)
    Partita
    Pierre Charvet (*1968)
    Regardez-le !
    Steve Reich (*1936)
    City Life

    Hélène Collerette, violon
    Maitrise de Radio France
    direction : Sofi Jeannin
    Orchestre Philharmonique de Radio France
    direction : François-Xavier Roth

     


      A la une  |  Nous contacter   |  Haut de page  ]
     
    ©   Altamusica.com