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CRITIQUES DE CONCERTS 22 août 2018

Concert de l’Orchestre national du Capitole de Toulouse sous la direction de Tugan Sokhiev à la salle Pleyel, Paris.

Toulouse à l’heure russe

Comme il fallait s’y attendre, l’Orchestre national du Capitole de Toulouse a remporté un beau succès salle Pleyel sous la baguette de son directeur musical, le brillant et jeune Tugan Sokhiev. Programme tout russe pour une soirée excitante placée sous le signe de Prokofiev, et qui confirme la qualité de la formation comme la personnalité flamboyante du chef.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 20/03/2009
Gérard MANNONI
 



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  • C’est décidément de Russie que sont sortis ces dernières années certaines des personnalités les plus stimulantes du monde des chefs d’orchestre. De Jurowski à Sokhiev, ils sont quelques uns, héritiers déjà des Jansons et Gergiev. Dès son arrivée à Toulouse et même avant d’être intronisé finalement directeur musical, Sokhiev avait impressionné par ses qualités de coloriste et par une vraie nature de meneur, de ceux qui savent communiquer enthousiasme et passion.

    Il a fait depuis un parcours sans faute, s’affirmant comme un défenseur brillant et convaincant de son répertoire national, mais aussi d’autres grandes fresques musicales plus occidentales. Cette fois, il propose un programme tout Prokofiev, jusqu’aux bis, à l’exception du dernier, le pas de deux de Casse-Noisette de Tchaïkovski.

    S’il fallait émettre une réserve sur l’interprétation de la cantate Alexandre Nevski constituant la première partie du concert, ce serait sur un problème de dynamique. Il faudra bien s’habituer au fait que la nouvelle salle Pleyel, avec toutes ses qualités, a quand même un défaut, celui d’être par nature extrêmement sonore. On l’a dit et redit, mais il semble que certains chefs n’en tiennent toujours pas compte.

    L’écriture orchestrale de Nevski, avec cet énorme rôle donné aux cuivres et aux basses, et ce grand nombre d’instrumentistes auxquels s’ajoute un énorme chœur, en l’occurrence celui toujours magnifique mais très présent de l’Orfeon Donostiarra, impliquent que dans une salle comme celle-ci, on ne force pas sur l’intensité de l‘harmonie avec tuba, contrebasson, saxophone, trombones, rehaussés par une très importante percussion très variée.

    Sans quoi, une certaine pesanteur s’installe, qui nuit à l’impression de grandeur guerrière nationaliste qui anime l’œuvre. C’est un peu la cas par moments, d’autant que les vents de l’Orchestre du Capitole savent s’affirmer avec autorité. Hormis cela, on peut apprécier la vaillance de tous les pupitres, des bois en particulier, et la manière une fois encore admirable dont Sokhiev sait apporter les vraies couleurs que réclame l’alliance si savante des instruments dans les partitions de Prokofiev.

    Le chœur a l’ampleur et l’impact adéquats, avec ce rayonnement qui lui est propre et qu’il déploie dans toutes les grandes œuvres chorales qu’il défend dans le monde entier. L’intervention de la mezzo Larissa Diadkova dans le Champ des morts est d’une intensité rare dans sa sobriété grâce à la qualité d’un timbre et d’une émission conduits avec beaucoup d’intériorité et de science.

    La deuxième partie est consacrée à des extraits des suites de Roméo et Juliette. Avec un orchestre moins pléthorique, Sokhiev sait passer par toutes les intentions de cette admirable musique tour à tour joyeuse et mortifère. Aucune subtilité, et elles sont nombreuses, n’échappe une fois encore à l’harmonie, mais les cordes sont ici également sollicitées de manière abondante et exigeante, tant pour la variété des couleurs qu’elles doivent trouver que pour celle des sentiments exprimés, notamment dans la séquence Juliette enfant, où l’on passe d’un jeu de toute jeune fille à l’insidieuse angoisse interrogative d’une demande en mariage qui se glisse dans l’âme d’une Juliette qui ne se sent encore guère prête pour cette aventure.

    Les Toulousains peuvent être fiers de leur orchestre, et c’est avec un intérêt de plus en plus intense que l’on suivra l’évolution du dynamique Tugan Sokhiev.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 20/03/2009
    Gérard MANNONI

    Concert de l’Orchestre national du Capitole de Toulouse sous la direction de Tugan Sokhiev à la salle Pleyel, Paris.
    Sergei Prokofiev (1890-1953)
    Alexandre Nevski, op. 78
    Larissa Diadkova, mezzo-soprano
    Chœur Orfeon Donostiarra
    préparation : direction José Antonio Sainz Alfaro
    Roméo et Juliette, extraits des suites n° 1 et 2

    Orchestre national du Capitole de Toulouse
    direction : Tugan Sokhiev

     


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