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CRITIQUES DE CONCERTS 18 février 2018

Version pour baryton du Werther de Massenet dans la mise en scène de Jürgen Rose, sous la direction de Jean-François Verdier à l’Opéra de Paris.

Werther en toute intériorité
© Bernd Uhlig

Ludovic Tézier (Werther)

Longtemps négligée sinon oubliée, la version pour baryton de Werther réalisée par Massenet est redevenue à la mode. Donnée dans la mouvance de celle pour ténor à l’Opéra Bastille, elle permet à Ludovic Tézier de triompher grâce à une approche intériorisée, bien construite et surtout admirablement chantée de ce rôle mythique.
 

Opéra Bastille, Paris
Le 24/03/2009
Gérard MANNONI
 



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  • On ne changera sans doute pas la personnalité de Ludovic Tézier. Il ne sera jamais un chanteur du type Villazón, totalement extraverti, donnant l’impression de jouer sa vie entière sur chaque note. Même s’il progresse dans le jeu dramatique, il y a des barrières qu’il ne franchira sûrement pas, mais qu’importe.

    Il a d’autres armes, en particulier celle d’une voix au timbre exceptionnel par sa couleur et son homogénéité, d’une technique d’émission sans la moindre faille, d’une élocution française idéale et d’une musicalité permanente. Que demander de plus, car il ajoute à cela un physique convenant à tout jeune héros ?

    Bénéficiant de tous ces avantages, son Werther prend une dimension que l’on n’attendait pas forcément et qui, d’une certaine manière, s’intègre dans cette production et aux côtés de la sculpturale Susan Graham mieux que Villazón, passionnant par lui-même, mais un peu comme un ovni dans un univers visuel décalé.

    Au lieu d’être dévoré à l’extrême par le mal d’amour romantique dont les tortures marquent chacun de ses gestes, chacune de ses inflexions vocales et de ses intentions scéniques comme Villazón le joue avec brio, Tézier semble davantage atteint d’un désespoir intérieur, d’une souffrance aussi cérébrale que physique.

    Il n’y pas chez lui cette volupté dans la douleur, très romantique, c’est vrai, qu’exprime si bien le ténor mexicain, mais plutôt une manière de se refermer sur lui-même, plus proche de l’intellectualisme littéraire d’un Schumann. On pense, même si le contexte est différent, aux dernières paroles de l’Amour et la vie d’une femme, avec ce repli sur soi-même dans la douleur extrême.

    La sobriété, relative d’ailleurs, de cette interprétation est finalement très à sa place dans le contexte un peu glacé de ce décor et de ces costumes milieu XXe siècle évoquant plus le côté impersonnel d’une civilisation bon marché que les grandes tempêtes du monde romantique naissant.

    Ce que fait Tézier prend alors un relief suffisant pour mener à son terme la progression dramatique de l’œuvre en toute crédibilité et composer un personnage très attachant et émouvant. Et quel régal que son chant ! C’est un plaisir permanent. Rien ne semble jamais contraint ni inutile. La ligne est parfaite, le souffle absolument sous contrôle. Une leçon magistrale.

    Voix solide, sans excès de finesse et avec une certaine brutalité, Franck Ferrari est un Albert effectivement à l’opposé du héros romantique, contre image totale de l’évasion vers le rêve. Au pupitre, Jean-François Verdier conduit le spectacle avec autorité, sans démériter aucunement après Kent Nagano, et sans doute même avec plusieurs moments menés de manière théâtralement plus efficace.




    Opéra Bastille, Paris
    Le 24/03/2009
    Gérard MANNONI

    Version pour baryton du Werther de Massenet dans la mise en scène de Jürgen Rose, sous la direction de Jean-François Verdier à l’Opéra de Paris.
    Jules Massenet (1842-1912)
    Werther, drame lyrique en quatre actes et cinq tableaux (1892)
    Poème d’Édouard Blau, Paul Milliet et Georges Hartmann d’après Gœthe

    Production de la Bayerische Staasoper de Munich

    Maîtrise des Hauts-de-Seine/Chœur d’enfants de l’Opéra national de Paris
    Orchestre de l’Opéra national de Paris
    direction : Jean-François Verdier
    mise en scène, décors et costumes : Jürgen Rose
    éclairages : Michael Bauer & Jürgen Rose

    Avec :
    Ludovic Tézier (Werther), Franck Ferrari (Albert), Alain Vernhes (le Bailli), Christian Jean (Schmidt), Christian Tréguier (Johann), Susan Graham (Charlotte), Adriana Kucerova (Sophie).

     



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