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CRITIQUES DE CONCERTS 18 février 2018

Récital du pianiste Arcadi Volodos dans le cadre de Jeanine Roze Production au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Oui, mais…

Superbe virtuose et incontestable musicien, pourquoi le pianiste russe Arcadi Volodos ne parvient-il pas à convaincre vraiment dans ce récital du Théâtre des Champs-Élysées ? Sans doute par le choix d’un programme comportant des pièces assez mineures et ne permettant pas de révéler plus qu’un art accompli de l’instrument. Dommage !
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 29/04/2009
Gérard MANNONI
 



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  • On ne peut contester le fait qu’Arcadi Volodos joue extrêmement bien du piano. Formé aussi bien en Russie qu’en France et en Espagne dans les plus grands conservatoires et avec les meilleurs maîtres, il figure à 37 ans dans cet étonnant bataillon de virtuoses actuels à qui tout semble possible dans le domaine technique. Il s’est fait une solide réputation avec Rachmaninov et Liszt d’abord, avec un beau disque Schubert et aussi ses propres transcriptions. Préjugé donc très favorable en s’apprêtant à écouter ce récital au programme cependant un peu dispersé.

    Pour commencer, sept pièces de Scriabine, une étude, deux préludes, une Danse languide, les Flammes sombres, les Guirlandes et la 7e sonate, dite « Messe blanche ». Et d’emblée, l’impression mitigée qu’il ne s’agit ni du meilleur Scriabine, ni tout simplement d’œuvres très significatives. Des pages incertaines, virtuoses certes, mais aussi souvent alanguies, diaphanes, finalement pas vraiment intéressantes.

    Ou bien est-ce le pianiste qui ne parvient pas à y mettre assez de sa subjectivité, à y investir autre chose qu’un art virtuose de prestige, tant dans la vitesse que dans la légèreté ? Il doit certainement y avoir moyen de faire scintiller, parler, vivre ces pages avec un engagement plus personnel, plus d’imagination. Comme l’aurait fait Horowitz, à qui l’on a parfois comparé Volodos.

    Avec les Valses nobles et sentimentales qui suivent – idée d’ailleurs assez séduisante de rapprocher les deux compositeurs –, on peut constater l’évidente supériorité de Ravel dans ce domaine où l’intérêt de l’écriture joue sur les couleurs et la subtilité, la versatilité des nuances, leur fluidité, leur lumière. Volodos joue en bon coloriste, même si une fois encore, il en reste à une approche plus instrumentale que sensible.

    La deuxième partie débute avec Cordoba et La Vega, deux pièces d’Albéniz, qui elles non plus ne nous apportent pas grand chose ni sur le compositeur ni sur l’interprète. En revanche, avec Après une lecture de Dante de Liszt, Volodos semble retrouver son élément naturel, le grand piano orchestral romantique, avec ses avalanches d’accords, de traits, d’octaves, ses pluies de notes cristallines, sa puissance, son immatérialité aussi, sans oublier la folie et les tumultes intérieurs suscités chez le compositeur par ce contact avec l’auteur de la Divine Comédie.

    Du piano au plus haut niveau et une lecture on ne peut plus exacte et convaincante de ces pages tellement célèbres et même rabâchées, mais qui reprennent leur vie authentique et nous concernent en profondeur lorsqu’elles sont jouées avec un tel instinct et une telle technique.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 29/04/2009
    Gérard MANNONI

    Récital du pianiste Arcadi Volodos dans le cadre de Jeanine Roze Production au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Alexandre Scriabine (1872-1915)
    Étude en fa# majeur op. 42 n° 3
    Prélude en si bémol mineur op. 37 n° 1
    Prélude en si bémol mineur op. 11 n° 16
    Danse languide en sol majeur op. 51 n° 4
    Flammes sombres op. 73 n° 2
    Guirlandes op. 73 n° 1
    Sonate n° 7 op. 64 « Messe blanche »

    Maurice Ravel (1875-1937)
    Valses nobles et sentimentales

    Isaac Albéniz (1860-1909)
    Cordoba (Chants d’Espagne op. 232 n° 4)
    La Vega (Suite Alhambra n°1)

    Franz Liszt (1811-1886)
    Après une lecture de Dante, fantaisie quasi Sonate (Années de Pèlerinage, Deuxième année – Italie S. 161 n° 7)

    Arcadi Volodos, piano

     


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