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CRITIQUES DE CONCERTS 18 février 2018

Concert de l’Orchestre Symphonique de la BBC sous la direction de Jiří Bělohlávek, avec la participation de la soprano Karita Mattila au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Un double état de grâce

Trop longtemps absente des scènes parisiennes, Karita Mattila reçoit un accueil délirant du public du TCE. Chantant les Quatre derniers Lieder de Strauss avec une lumineuse franchise, elle remet bien des pendules à l’heure, en parfaite osmose avec Jiří Bělohlávek, qui offre également une Symphonie du Nouveau Monde d’une simplicité évidente.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 21/04/2009
Monique BARICHELLA
 



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  • Alors qu’elle triomphe sur toutes les scènes du monde, Karita Mattila a disparu des opéras de la capitale depuis le départ d’Hugues Gall de l’Opéra de Paris et de Jean-Pierre Brossmann du Châtelet. Le public parisien, lui, n’a pas oublié celle qui a été, entre autres, Lisa de la Dame de Pique et Salomé à l’Opéra Bastille ou Arabella au Châtelet. Chacune des trop rares apparitions concertantes de la soprano finlandaise à Paris est une occasion pour le public de manifester son attachement à l’une des plus charismatiques cantatrices d’aujourd’hui.

    La saison dernière, la scène finale de Salomé avec l’Orchestre de Paris et Christophe Eschenbach avait enivré Pleyel. Cette fois, elle transporte le Théâtre des Champs-Élysées avec une autre facette de son art du chant straussien dans les Quatre derniers Lieder.

    À la sophistication hédoniste préconisée par beaucoup de chanteuses, d’Elisabeth Schwarzkopf à Renée Fleming, Mattila préfère une approche plus charnelle, plus naturelle, plus expressive aussi dans la mesure où cette saine franchise élimine totalement le côté parfois artificiel, voire chichiteux des visions trop éthérées de ces mélodies, créées par Kirsten Flagstad en 1950 – c’est dire qu’à l’origine, il ne s’agissait pas d’un chant désincarné !

    Avec sa voix saine, richement colorée, éclatante, ses aigus flottants, son timbre glorieux et lumineux de véritable soprano straussien – Arabella plus que la Maréchale –, Karita Mattila impose un chant rayonnant et sensuel.

    Avec elle, l’émotion vient du naturel des contrastes, d’une sincérité généreuse exprimée autant par le texte que par la musique. Les mêmes qualités, surtout un naturel identique, caractérisent la simplicité de l’accompagnement de Jiří Bělohlávek avec un BBC Symphony Orchestra lui aussi en état de grâce. Après une Jenůfa miraculeuse au Teatro Real de Madrid en décembre 2008, puis Eugène Onéguine au Met en février dernier, la complicité entre la soprano et celui qui semble devenu son chef de prédilection se confirme à nouveau.

    Visiblement très émue par l’accueil enthousiaste qui lui est réservé, Mattila remercie en français avant d’offrir une « petite chanson de son pays » a cappella. Puis, les acclamations ne tarissant pas, elle balbutie : « je suis folle mais je vous adore », avant d’improviser Plaisir d’amour, faisant chavirer la salle par sa spontanéité.

    Le grand public français a découvert tardivement Bělohlávek. Un chef peu médiatisé, ancien directeur musical de la Philharmonie Tchèque, devenu en juillet 2006 celui du BBC Symphony. L’orchestre s’affirme tout au long de la soirée comme l’une des plus prestigieuses formations britanniques tant au niveau des cordes – magnifique violon solo d’Andrew Haveron – que des cuivres, avec une homogénéité sonore d’une rondeur impressionnante.

    En authentique chef de théâtre, Bělohlávek n’oublie jamais l’œuvre originale, c’est-à-dire Peter Grimes, dans les Quatre interludes marins de Britten, réunissant les pages symphoniques de l’opéra, donnés en ouverture de soirée. Limpidité, clarté, mais aussi dramatisme sont donc au rendez-vous, avec un final bouillonnant exprimant la tragédie qui est en train de se dérouler.

    En seconde partie, le chef nous offre un Dvořák à la tchèque, non seulement aussi idiomatique que ses Janáček, mais tout simplement irrésistible. Une Symphonie du Nouveau Monde étourdissante d’élan, de rythme, colorée, vibrante, confondante de naturel et d’authenticité. Tout simplement évidente.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 21/04/2009
    Monique BARICHELLA

    Concert de l’Orchestre Symphonique de la BBC sous la direction de Jiří Bělohlávek, avec la participation de la soprano Karita Mattila au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Benjamin Britten (1913-1970)
    Four sea Interludes

    Richard Strauss (1864-1949)
    Vier letzte Lieder
    Karita Mattila, soprano

    Antonín Dvořák (1841-1904)
    Symphonie n° 9 en mi mineur op. 96 « du Nouveau Monde »

    BBC Symphony Orchestra
    direction : Jiří Bělohlávek

     


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