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CRITIQUES DE CONCERTS 21 août 2018

Récital du pianiste Yundi Li dans le cadre de Piano**** à la salle Pleyel, Paris.

Au-delà de la technique

Avec ce remarquable récital à la salle Pleyel, dans le cadre de la série Piano**** d’André Furno, le pianiste chinois Yundi Li confirme bien que son premier prix du Concours Chopin de Varsovie obtenu à 17 ans n’était pas usurpé. En dix ans, il n’a cessé de confirmer des dons exceptionnels et une maîtrise magnifique de son art.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 14/05/2009
Gérard MANNONI
 



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  • Son récital de mai 2005 salle Gaveau avait produit la plus forte et positive impression. Virtuosité infernale mais authentique sens musical et vraie profondeur de l’interprétation, bref, rien d’une super mécanique bien huilée mais sans âme. Cette apparition salle Pleyel toujours dans le cadre de Piano**** confirme tout cela et donne raison une fois de plus à André Furno, créateur de cette série qui révéla tant de génies de l’instrument, de n’annexer qu’avec parcimonie de nouveaux noms sur une si glorieuse affiche.

    L’année prochaine, ce sera le tour de Rafal Blechacz, autre choix indiscutable. Car, même si tous ces pianistes n’ont pas les armes techniques d’un Yundi Li, ils ont tous en commun la préoccupation première de faire de la musique, grâce à ce que la nature leur a donné dans le domaine de la sensibilité, du goût et de l’intelligence musicale.

    Li est typique à cet égard. Il sait avoir une des plus fortes techniques actuelles, mais préfère d’abord montrer ce qu’il peut raconter sans transformer son piano en orchestre. Tout commence par Chopin, bien sûr, mais avec le Nocturne op. 9 n°2 en mib majeur, où il s’agit d’abord de poésie, de charme, d’un état d’âme en apesanteur dans des couleurs et des nuances de la plus extrême subtilité.

    Toucher tout en finesse, qualité chatoyante du son même dans les instants les plus estompés, voilà qui caractérisera aussi les 4 Mazurkas op. 33 qui suivent. Cette fois, il y aussi tout un jeu astucieux sur la mise en valeur du rythme, théoriquement toujours le même, mais en fait toujours différent suivant ce qui l’entoure, comme cette danse multiforme était pratiquée en Pologne.

    Avec la transcription du Lied Widmung de Schumann par Liszt, on parvient dans un monde romantique déjà plus ouvertement passionné, plus extérieur aussi, au moins dans la manière dont le compositeur interprète la mélodie initiale. Ici encore, Yundi Li traduit parfaitement les différentes humeurs du texte de la mélodie originale, tour à tour amour apaisant et tumultueux. De très belles sonorités encore, avec un phrasé d’une fluidité et d’un naturel magnifiques.

    Que dire des pièces de Jian-Zhong Wang qui viennent ensuite ? Elles permettent surtout au pianiste de déployer toute une palette de couleurs dans les demi-teintes et la fluidité d’un jeu qui demeure fascinant à cet égard. On est souvent plus proche d’un instrument à archet que des percussions de marteaux sur des cordes ! Mais ne nous y trompons pas. Quand arrivent les accents plus guerriers de l’Andante Spianato et Grande polonaise brillante op. 22 de Chopin, le grand piano romantique reprend ses droits, avec une approche débordante d’imagination de ces pages si connues.

    Et avec les Tableaux d’une exposition de Moussorgski qui occupent la deuxième partie du récital, si la puissance retrouve ses droits, c’est à bon escient. En effet, tout ce qui peut être traduit par l’émotion, la finesse du toucher, la vérité du choix des tempi est mis en miroir avec les pages plus puissantes, notamment celles de la fin, cette Grande Porte de Kiev où tant de pianistes semblent vouloir détruire leur instrument.

    Avec Yundi Li, la force n’est jamais sèche ni brutale. Elle est profonde, rayonnante, chaleureuse, vaste, mise en valeur par une utilisation parfaite du silence, élément de langage si souvent oublié par les musiciens. Un art pianistique exceptionnel, une fois encore, qui n’en sera que plus grisant encore lorsqu’il s’appliquera, le moment venu, aux grands monuments romantiques de Brahms, de Schumann, de Beethoven. Laissons à l’artiste la liberté de ce choix là aussi.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 14/05/2009
    Gérard MANNONI

    Récital du pianiste Yundi Li dans le cadre de Piano**** à la salle Pleyel, Paris.
    Frédéric Chopin (1810-1849)
    Nocturne op. 9 n° 2 en mib majeur
    4 Mazurkas op. 33

    Robert Schumann (1810-1856)
    Widmung (arrangement Liszt)

    Jian-Zhong Wang (*1933)
    Rosy Clouds after the Moon
    Five Yunnan Folksongs

    Frédéric Chopin (1810-1849)
    Andante spianato et Grande polonaise brillante op. 22

    Modest Moussorgski (1839-1881)
    Tableaux d’une exposition

    Yundi Li, piano

     


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