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CRITIQUES DE CONCERTS 17 août 2018

Rigoletto de Verdi par Opéra en plein air, dans les jardins du Luxembourg, Paris.

L’opéra pour tous

Grande foule pour remplir les vastes gradins dressés dans les jardins du Luxembourg avec le Palais lui-même comme toile de fond. Si la première du Rigoletto de Verdi selon Opéra en plein air fut perturbée par la pluie, la seconde se déroula par un temps frisquet mais sous un ciel dégagé. Un grand spectacle populaire.
 

Jardins du Sénat, Paris
Le 11/06/2009
Gérard MANNONI
 



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  • C’est devenu une tradition : après quelques spectacles dans les jardins du Sénat – l’an prochain aux Invalides pour son dixième anniversaire –, Opéra en plein air va partir dans toute la France, là où châteaux, remparts et jardins fournissent un cadre assez grandiose pour accueillir l’art lyrique. Si vous êtes adeptes des productions décalées où les reines sont en jeans crasseux, les héros en shorts et en tongs et où la Kalachnikov et le 22 Long Rifle remplacent le glaive et le poignard, un spectacle comme ce Rigoletto n’est pas pour vous.

    Dans une mise en scène finalement pas plus figurative ni premier degré que celle de Jérôme Savary à l’Opéra Bastille, Francis Perrin a la simple audace de raconter l’histoire telle que Victor Hugo puis Verdi et Francesco Maria Piave son librettiste ont choisi de le faire, une fois encore sans transformer les courtisans débauchés en extraterrestres ni le Duc de Mantoue en PDG de grosse entreprise avariée.

    L’époque est celle du drame, traduite également par les ravissants costumes imaginés par Agnès Letestu, qui ne se contente plus d’être l’une des plus belles et plus éclatantes danseuses Étoiles du moment mais s’affirme comme une véritable professionnelle du costume de scène dépassant désormais le monde du ballet. Donc, si Francis Perrin n’invente rien, au moins sait-il donner vie à cette tragique histoire sans pousser non plus dans un mélo excessif.

    D’ailleurs, ce serait ici hors de propos, vu la dimension des lieux. Pas plus qu’aux Arènes de Vérone ou au Théâtre antique d’Orange, encore moins aux Thermes de Caracala, un battement de cil ni un sourire en coin ne sont perceptibles au-delà des deux premiers rangs. Mieux vaut jouer la carte des déplacements, des effets simples mais efficaces, d’une gestuelle sans sous-entendus complexes ni allusions tordues.

    Le spectacle étant forcément sonorisé, les chanteurs ont en outre une sécurité vocale appréciable, n’étant jamais obligés à forcer leurs moyens. Si la voix du ténor coréen Hyun-Jong Roh est bien celle du Duc de Mantoue, elle est encore très jeune, assez raide et pas toujours à l’aise dans le registre aigu. Il faut un côté plus belcantiste à ce rôle, Rigoletto n’étant pas encore du Verdi des années 1870, même si ce n’est déjà plus du Donizetti.

    Excellente impression produite en revanche par la soprano serbe Olivera Topalovic. Joli physique, timbre radieux, émission égale sur toute la tessiture, aigus faciles et rayonnant d’une limpidité totale, beaucoup de qualités, décidément. Le micro, dira-t-on, facilite les choses, mais il amplifie aussi les défauts. On n’en n’a pas trouvés dans la voix de cette jolie cantatrice. Le Rigoletto d’Arnaud Guillou ne bénéficie pas d’un timbre exceptionnel ni d’une projection bouleversante, mais il existe tant vocalement que scéniquement de façon plausible. Il en va de même pour les autres interprètes et les chœurs.

    Avec un enthousiasme et une énergie à ressusciter les morts, Mélanie Thiebaut dirige l’Orchestre Manifesto enfoui sous le plateau et en sort l’essentiel du message verdien : de la couleur, des effets électrisants à chaque fin d’acte et de beaux phrasés comme on aimait les écrire et les entendre au milieu du XIXe siècle.

    Bref, un spectacle qui correspond exactement à ce que l’on doit en attendre et qui reçoit un franc succès de la part de tous ceux qui préfèrent voir un Verdi présenté sans prétentions excessives et l’entendre sonorisé plutôt que d’être soumis aux tortures psychanalytiques à la mode, trop souvent cache-misère de distributions mal ficelées à l’élocution inaudible. Opéra en plein air ne se prend pas, certainement, pour la Scala de Milan, mais sait incontestablement recréer la fête autour d’un opéra.




    Tournée au Château du Champ de Bataille (19 et 20 juin), au Parc de Sceaux (25, 26 et 27 juin), à la Cité de Carcassonne (4 juillet), au Cloître de l’Évêché de Luçon (15 et 16 juillet), au Château de Haroué (4 et 5 septembre), au Château de Vaux le Vicomte (10, 11 et 12 septembre), au Château de Chambord (19 septembre)




    Jardins du Sénat, Paris
    Le 11/06/2009
    Gérard MANNONI

    Rigoletto de Verdi par Opéra en plein air, dans les jardins du Luxembourg, Paris.
    Giuseppe Verdi (1813-1901)
    Rigoletto, opéra en trois actes (1851)
    Livret de Francesco Maria Piave d’après le Roi s’amuse de Victor Hugo

    Chœurs et Orchestre Manifesto
    direction : Mélanie Thiebaut
    mise en scène : Francis Perrin
    décors : Jean-Michel Adam
    costumes : Agnès Letestu

    Avec :
    Arnaud Guillou (Rigoletto), Olivera Topalovic (Gilda), Hyun-Jong Roh (le Duc de Mantoue), Suren Shahi-Djanyan (Sparafucile), Sarah Breton (Maddalena), Daniel Ottevaere (Comte de Monterone), Olivier Ayault (Marullo), Xavier Mauconduit (Matteo Borsa), Julien Veronese (Comte Ceprano), Muriel Ferraro (Comtesse Ceprano / Le page).

     



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