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CRITIQUES DE CONCERTS 26 mai 2018

Création scénique de Pastorale de Gérard Pesson dans la mise en scène de Pierrick Sorin et sous la direction de Jean-Yves Ossonce au Théâtre du Châtelet, Paris.

Insolente Pastorale
© Marie-Noëlle Robert

Par-delà l'anecdote d'inviter des chanteurs et le chorégraphe de la Star Academy, Pastorale de Gérard Pesson est l'étonnante surprise de la fin de saison du Théâtre du Châtelet. Magnifiée par la mise en scène de Pierrick Sorin, cette relecture savante de l'Astrée d'Honoré d'Urfé subvertit avec une tranquille insolence les codes et les habitudes de l'opéra. Un merveilleux spectacle.
 

Théatre du Châtelet, Paris
Le 24/06/2009
Laurent VILAREM
 



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  • Donné en création mondiale scénique au Théâtre du Châtelet – une version de concert avait été présentée à Stuttgart en 2006 –, Pastorale de Gérard Pesson commence par dérouter, étonne ensuite et finit par fasciner durablement. C'est que cette lecture va bien au-delà d'une relecture de l'Astrée, le roman galant par excellence du XVIIe siècle, dans l'univers finalement tout aussi « galant » d'émissions télévisées telles l'Île de la tentation ou Koh-Lanta. Dans les conditions idéales d'une ultime représentation, le spectacle devient même, par moments, l'une des expériences les plus désorientantes qu'il nous ait été données à voir cette saison.

    L’opéra est un peu à l'image d'un de ses personnages, le magicien Adamas (fort bien chanté par Marc Labonnette) : à empêcher les amours d'Astrée et Céladon (qui devra se déguiser en jeune fille) par les subterfuges les plus improbables, il crée de l'hétérogène, de la surprise et fait bientôt planer un fort parfum subversif.

    Pastorale ressemble donc à un opéra, mais auquel on aurait injecté des éléments incongrus. Il y a bien des airs, des chansons de variété qui sidèrent dans ce contexte, des situations dramatiques traditionnelles, mais qui seraient soit données dans le désordre soit démesurément étirées – telle scène de sommeil qui se transforme en une longue scène (silencieuse) de trio libertin.

    Le livret dû à Martin Kaltenecker, Philippe Beck et Gérard Pesson, est volontairement obscur et rempli de chausse-trappes narratives. Il faut avoir vu le deuxième acte, où un groupe de chanteurs cherche le héros Céladon sans trop y croire, pour se rendre compte que le compositeur n'a pas cherché l'efficacité ni la droite ligne émotionnelle.

    C'est même dans ces moments de creux, où il ne se passe pratiquement rien, que Pesson ouvre une brèche à l'opéra. En quarante-deux numéros qui tressent un réseau très serré de références aussi bien littéraires que musicales – en vrac Pelléas, auquel est empruntée la prosodie, Mahler, mais aussi Nono –, il écrit une musique qui paraît s'inventer dans l'instant. Même sensation d'improvisation et de flânerie dans la magnifique mise en scène de Pierrick Sorin, qui montre sur les côtés de la scène comment se fabriquent les grandes images sur les écrans.

    La musique, magnifiquement servie par l'Orchestre symphonique Région Centre-Tours de Jean-Yves Ossonce et par une distribution de jeunes chanteurs parmi lesquels on remarquera le Céladon d'Olivier Dumait et la délicieuse Phillis d'Hoda Sanz, furète ainsi dans un univers visuellement magique. Plus encore, elle garde une fraîcheur et un bonheur rares dans la musique contemporaine.

    Audacieux mélange de naïveté originelle et de cynisme audiovisuel, de musique contemporaine et de comédie musicale, de Grand Siècle et d'aujourd'hui, Pastorale est un spectacle complet, et c'est aussi une fabuleuse réussite.




    Théatre du Châtelet, Paris
    Le 24/06/2009
    Laurent VILAREM

    Création scénique de Pastorale de Gérard Pesson dans la mise en scène de Pierrick Sorin et sous la direction de Jean-Yves Ossonce au Théâtre du Châtelet, Paris.
    Gérard Pesson (*1958)
    Pastorale, opéra en quatre actes et quarante-deux numéros
    Livret de Martin Kaltenecker, Philippe Beck et Gérard Pesson avec la collaboration d’Hervé Péjaudier d'après l'Astrée d'Honoré d'Urfé (1607-1627)

    Création scénique mondiale

    Chœur du Châtelet
    Orchestre symphonique Région Centre-Tours
    direction : Jean-Yves Ossonce
    mise en scène, vidéo, décors, costumes et éclairages : Pierrick Sorin
    chorégraphie : Kamel Ouali
    préparation des chœurs : Alexandre Piquion

    Avec :
    Judith Gauthier (Astrée), Olivier Dumait (Céladon), Ivan Geissler (Listandre), Marc Labonnette (Adamas), Pierre Doyen (Silvandre), Marie-Ève Munger (Florice et Sylvie), Hoda Sanz (Phillis), Raphaelle Dess (Diane), Melody Louledjian (Bergère), Amaya Dominguez (Léonide et Bergère), Sophie Leleu (Galathée et Bergère), Jean-Gabriel Saint-Martin (Hylas), Thomas Huertas (Lycidas).

     



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