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CRITIQUES DE CONCERTS 14 juillet 2020

Reprise d’Ariane à Naxos de Richard Strauss dans la mise en scène de Robert Carsen, sous la direction de Bertrand de Billy au festival de Munich 2009.

Munich 2009 (2) :
Une Ă©blouissante Ariane

© Wilfried Hösl

Temps fort de Munich 2009, la reprise de l’Ariadne auf Naxos étourdissante signée par Robert Carsen pour l’édition 2008 de la manifestation. Un spectacle straussien aussi brillant et virtuose que le mythique Songe d’une nuit d’été de Britten qui avait révélé le metteur en scène canadien au festival d’Aix-en-Provence il y a dix-huit ans.
 

Prinzregententheater, MĂĽnchen
Le 20/07/2009
Monique BARICHELLA
 



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  • L’Ariane Ă  Naxos de Robert Carsen avait Ă©tĂ© l’évĂ©nement du festival de Munich 2008, dans le cadre idĂ©al d’un Prinzregententheater magnifiquement rĂ©novĂ© et rouvert après avoir Ă©tĂ© laissĂ© Ă  l’abandon depuis la fin de la dernière guerre. Un lieu d’autant plus magique que la salle est la copie Ă©largie – d’oĂą une acoustique qui n’a pas la mĂŞme perfection que l’original – de Bayreuth.

    Succès oblige, cette éblouissante Ariadne, quintessence de l’art du prolifique metteur en scène canadien, a été reprise pour trois représentations avec sa distribution originale mais, cette fois, avec l’impeccable Bertrand de Billy (succédant à Kent Nagano) au pupitre.

    Dominée par l’étourdissante Zerbinetta de Diana Damrau, dont le numéro de comédienne constitue une prouesse physique indépendamment de sa virtuosité vocale, la distribution est satisfaisante. Pourtant, elle ne se hisse jamais au niveau des interprètes historiques et même de certaines représentations qu’on pouvait entendre à Vienne, Salzbourg ou Munich il y a seulement deux décennies avec des interprètes légendaires.

    Adrienne Pieczonka est une Ariane intense, d’une vraie sensibilité mais fragile dans tous les sens du terme : la tessiture très tendue pendant le duo avec Bacchus (Burkhard Fritz, puissant mais peu raffiné) est à l’extrême limite de ses moyens. Confondante de naturel avec sa silhouette androgyne, Daniela Sindram incarne à la scène un Compositeur de rêve. Malheureusement, la voix est ingrate et non dénuée de stridences dans l’aigu.

    Pourtant, si la représentation est totalement magique et nous installe sur un petit nuage, c’est grâce à la mise en scène d’un Robert Carsen au sommet de son art. On n’a pas le souvenir d’une Ariane reliant avec autant de brio, d’intelligence, de perspicacité et d’évidence miraculeuse les deux parties de l’opéra.

    Le metteur en scène canadien utilise à fond toutes les possibilités du théâtre dans le théâtre avec les coulisses, les répétitions, les rapports entre le plateau et la salle éclairée où se déroule une partie du prologue. Avec une aisance confondante, Carsen a pensé à tout : à chaque seconde il se passe quelque chose de nouveau, d’imprévu, de brillant et chaque geste a sa signification, sa raison d’être.

    On est ébloui par la façon dont il fait démarrer l’ouvrage dans un studio de répétitions où des danseurs sont en train de s’échauffer, de la façon dont il introduit petit à petit les protagonistes sur le plateau nu sans décor, de l’utilisation de la salle où le Compositeur se réfugie parmi les spectateurs pour assister, perché sur la fosse d’orchestre, à son opéra enchaîné – sans entracte. À la toute fin, le Compositeur regagne le plateau acclamé par les deux troupes : celle de l’opéra et celle des vulgaires qui se sont livrés avec Zerbinetta à un show dans le plus pur style de Broadway.

    La partie chorégraphique du début est intégrée avec maestria à la partie sérieuse de l’opéra grâce à des doubles d’Ariane et Bacchus incorporés au spectacle de façon magistrale : Carsen reprend ici en l’allégeant le procédé qu’il avait utilisé dans Elektra et Katia Kabanova, avec ses héroïnes muettes multipliées. Sans oublier des éclairages sublimes. Chapeau, l’artiste !




    Prinzregententheater, MĂĽnchen
    Le 20/07/2009
    Monique BARICHELLA

    Reprise d’Ariane à Naxos de Richard Strauss dans la mise en scène de Robert Carsen, sous la direction de Bertrand de Billy au festival de Munich 2009.
    Richard Strauss (1864-1949)
    Ariadne auf Naxos, opéra en un prologue et un acte (1916)
    Livret de Hugo von Hofmannsthal

    Bayerischer Staatsorchester
    direction : Bertrand de Billy
    mise en scène : Robert Carsen
    décors : Peter Pabst
    costumes : Falk Bauer
    Ă©clairages : Manfred Voss
    chorégraphie : Marco Santi

    Avec :
    Adrianne Pieczonka (Prima Donna / Ariadne), Diana Damrau (Zerbinetta), Daniela Sindram (Le Compositeur), Burkhard Fritz (Le TĂ©nor / Bacchus), Nikolay Borchev (Harlekin), Ulrich Ress (Scaramuccio), Steven Humes (Truffaldin), Kevin Conners (Brighella), Guy de Mey (Der Tanzmeister), Martin Gantner (Der Musiklehrer).

     



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