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CRITIQUES DE CONCERTS 24 février 2018

Récital de la soprano Sumi Jo et du ténor Antonino Siragusa dans le cadre des Grandes Voix au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Un duo tout en panache

Concert radieux pour la première de la nouvelle série des Grandes Voix que dirige Jean-Pierre Le Pavec : la diva Sumi Jo, découverte par Karajan il y a trente ans, et le ténor Antonino Siragusa, qui triomphe dans le Barbier de Séville à la Bastille, font assaut de virtuosité autant que d’humour dans des airs de bel canto.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 26/09/2009
Nicole DUAULT
 



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  • Ils ont avec eux l’Orchestre national d’Île-de-France, formation dont on ne parle guère, la reléguant souvent à des rôles de faire-valoir et à des concerts de proximité. Il mérite beaucoup mieux, du moins quand il est dirigé par de grands chefs. Tel est le cas ce samedi soir au Théâtre des Champs-Élysées.

    Le chef milanais Daniele Callegari est certes un spécialiste du répertoire italien, mais pas uniquement, puisqu’on l’a entendu diriger l’an passé une magnifique Carmen au Capitole de Toulouse. Le maestro stimule aujourd’hui les musiciens franciliens dans les ouvertures de Don Pasquale de Donizetti puis de Guillaume Tell de Rossini.

    Callegari sait également mettre en valeur les voix, comme dans l’album Cielo e mar (DGG) de Rolando Villazón. Il trouve le ton exact pour accompagner deux voix qui n’étaient pas forcément faites pour aller ensemble dans des duos difficiles, celle de la chanteuse sud-coréenne Sumi Jo et du Sicilien Antonino Siragusa.

    Depuis qu’elle a été adoubée par Karajan voilà trente ans comme « voix du ciel » et intronisée par Gabriel Dussurget au festival d’Aix-en-Provence, Sumi Jo traverse les ans et les rôles avec une aisance égale. Sa silhouette est toujours magnifique et pulpeuse, lovée dans des robes aussi séduisantes qu’extravagantes : la première, rose et orangé, entièrement rebrodée, dévoile ses épaules et la fait ressembler à un papillon ; la seconde, rouge, également rebrodée, dégage un décolleté vertigineux.

    Elle est sexy, alors que son visage affiche un sourire naïf de petite fille éblouie. Sa voix de colorature s’est au cours des ans approfondie. Elle était jadis qualifiée en raison de ses vocalises stupéfiantes de rossignol mécanique. Elle est aujourd’hui tout simplement un rossignol au timbre ravissant de transparence et de nuances qu’elle cisèle.

    C‘est fort beau, radieux et même pourvu d’intensité dramatique comme dans l’air de Gilda. L’an passé à l’Opéra Comique, elle fut une belle Zerline de Fra Diavolo. On regrette de l’entendre si peu sur les scènes nationales tant son duo avec Antonino Siragusa dans la Fille du régiment possède du charme.

    Ce soir, Siragusa se produit entre deux représentations du Barbier de Séville à la Bastille. Il est un vrai ténor rossinien. Avec une projection brillante, une émission nasale ensoleillée et des aigus très sûrs, son récital paraît une promenade de santé entre des airs pleins de contre-ut et de contre-. Il s’en réjouit avec humour et même quelques pitreries.

    Tenant une note élevée, il salue la salle tout en regardant sa montre ! Il multiplie les clins d’œil malicieux, sort de scène pour aller chercher un verre d’eau. Et, après avoir bissé la Fille du régiment, au final, lors dès les premières notes du Brindisi de la Traviata, il enlace Sumi Jo pour une valse. Le public en redemande. Siragusa fait taire les applaudissements. Il dit qu’il sera le lendemain Almaviva à la Bastille et des spectateurs répondent en chœur : « On y sera ! ». Voici un concert sympathique, plein d’entrain et de panache, où des as de la scène ne jouent pas les stars.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 26/09/2009
    Nicole DUAULT

    Récital de la soprano Sumi Jo et du ténor Antonino Siragusa dans le cadre des Grandes Voix au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Donizetti, Rossini, Bellini, Verdi, Meyerbeer
    Sumi Jo, soprano
    Antonino Siragusa, ténor

    Orchestre national d’Île-de-France
    direction : Daniele Callegari

     


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