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CRITIQUES DE CONCERTS 22 février 2018

Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction de Christoph Eschenbach, avec la participation du pianiste Daniel Barenboïm à la salle Pleyel.

Barenboïm, boulimique et faillible
© Sheila Rock

Passionnant et passionné, intelligent et cultivé dans de vertigineuses et fulgurantes interprétations de Mozart, Beethoven, Wagner aussi bien en tant que pianiste que chef, Daniel Barenboïm est l’une des personnalités musicales les plus prestigieuses de notre époque. Ce qui le rend encore plus fascinant, c’est que ce boulimique est aussi faillible, comme parfois dans Chopin…
 

Salle Pleyel, Paris
Le 29/09/2009
Nicole DUAULT
 



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  • C’était un grand soir : mardi, la salle Pleyel était archicomble et, jusqu’au milieu de l’avenue Hoche, des spectateurs cherchaient des places à acheter. La star de la soirée était en quelque sorte un enfant du pays. Le chef et pianiste israélo-argentin Daniel Barenboïm a en effet dirigé l’Orchestre de Paris plus longtemps qu’aucun autre maestro, de 1975 à 1989. Il a gardé un public aussi fidèle qu’enthousiaste.

    Aussi chacun de ses concerts parisiens échappe-t-il à toute critique objective tant la ferveur de ses fans emporte la moindre réserve. Il est olympien. Sourire solaire, quand il entre sur scène, il envoie un salut à tous et à chacun des musiciens. Il les connaît si bien. Le chef Christoph Eschenbach, pianiste comme lui, est un de ses amis. Ils se congratulent avec cette ferveur à la fois sincère et superficielle qui est celle des artistes.

    Le programme est phénoménal. Deux romantiques, antagonistes (ils détestaient chacun l’œuvre de l’autre) au programme : Chopin et Berlioz. De ce dernier d’abord, Eschenbach et l’Orchestre de Paris jouent deux moments du même opéra, Benvenuto Cellini : l’ouverture à proprement parler, puis le Carnaval romain. Ces pièces sont intrinsèquement liées à l’histoire de l’orchestre. Elles en sont le fondement, la matière première. Les musiciens les jouent depuis les origines. Ils en sont quasiment les dépositaires.

    Alors pourquoi ce flou brouillon, convenu, tonitruant, plein de flons-flons et sans aucune sensibilité, des accélérations dans les mouvements lents et l’inverse ? C’est désolant. Les solistes de l’orchestre se taillent dans ce brouillamini, une part héroïque. Manque de répétitions sans doute, à moins qu’elles aient été toutes axées sur les deux concertos de Chopin interprétés en soliste par Daniel Barenboïm.

    Spectaculaire tour de force, l’interprétation dans la même soirée de ces deux concertos est très rare. Certains l’ont fait avec de résultats moyens tant l’univers des deux œuvres est différent et peut-être même antagoniste. Cela ne pose guère de problèmes à Barenboïm, habitué à franchir tous les obstacles, toutes les contraintes et à extraire des œuvres les plus intimes leur substantifique moelle. Y réussit-il ?

    Du point de vue technique, à part quelques notes savonnées dans le 2e concerto, qui, contrairement à la classification, a été le premier écrit par Chopin, il en magnifie l’atmosphère. Avec élégance, il suggère l’exubérance, la délicatesse, la préciosité de détails ciselés en orfèvre sans jamais tomber dans le sentimentalisme ni la langueur. Voilà du grand art, sinon que dans ces deux œuvres magistrales, on sent un Barenboïm appliqué.

    Où sont la fragilité et l’onirisme romantiques dans son jeu précis, énergique et rigoureux ? Chopin-Barenboïm : ce n’est pas la fusion, mais une collaboration impeccable certes mais qui ne nous fait pas rêver. En revanche dans les trois bis qu’il offre à son public conquis, il se libère, nous envoûte et s’amuse avec un nocturne, une mazurka et une valse.

    On se réjouit surtout d’entendre Barenboïm à nouveau comme pianiste en récital dans Chopin en février dans la série Piano**** . Sans doute ira-t-il plus loin et plus profond dans son analyse du musicien romantique ! Auparavant, en novembre, il dirigera le Requiem de Verdi avec les Chœurs et l’Orchestre de la Scala et une distribution comptant notamment la soprano Barbara Frittoli et le ténor Jonas Kaufmann.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 29/09/2009
    Nicole DUAULT

    Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction de Christoph Eschenbach, avec la participation du pianiste Daniel Barenboïm à la salle Pleyel.
    Hector Berlioz (1803-1869)
    Benvenuto Cellini, ouverture op. 23
    Frédéric Chopin (1810-1849)
    Concerto pour piano n° 2 en fa mineur, op. 21
    Daniel Barenboïm, piano
    Hector Berlioz
    Carnaval romain, ouverture op. 9
    Frédéric Chopin
    Concerto pour piano n° 1 en mi mineur, op. 11
    Daniel Barenboïm, piano

    Orchestre de Paris
    direction : Christoph Eschenbach

     


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