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CRITIQUES DE CONCERTS 12 décembre 2019

Nouvelle production du Vaisseau Fantome à l'Opéra-Bastille, Paris.

Un vaisseau plutôt en rade
© Eric Sebbag

Avec cette nouvelle production signée Willy Decker, c'est la seconde fois que le hollandais volant revient hanter l'opéra Bastille. Signé par le cinéaste Werner Herzog en 1993, le premier vaisseau n'avait pas laissé un souvenir insubmersible ; le même sort est probable pour son successeur.
 

Opéra Bastille, Paris
Le 23/06/2000
Michel PAROUTY
 



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  • À la fin de cette nouvelle production du " Vaisseau fantôme ", Senta ne se jette pas dans les flots, elle se poignarde. C'est, visiblement, l'univers intérieur d'une schizophrène qu'a voulu représenter Willy Decker : tout ce qui existe autour d'elle, hormis, peut-être, Eric, son fiancé, n'est qu'illusion, rêve ou cauchemar. Incapable de supporter la vie, mais tout aussi incapable de vivre ses fantasmes, la jeune femme n'a d'autre issue que la mort. Et le décor glacial de Wolfgang Gussmann, censé évoquer une partie d'un appartement bourgeois du siècle dernier, prend facilement des allures de prison ou d'asile d'aliénés. Une vision efficace, cohérente, pas vraiment originale mais qui se tient : Decker a fait mieux (son " Onéguine ", par exemple) mais rien, dans sa conception du " Vaisseau ", n'est répréhensible.
    On se demande, en revanche, ce qui est arrivé à l'orchestre, qui sonne gros, gras et gris, et à Conlon, qui peine à tenir la distance de ces trois actes joués, comme il se doit, à la file, ignore les nuances, et se réfugie dans un fortissimo quasi constant. Les choeurs (dont la grève avait conduit à annuler la première représentation), les solistes, tout le monde chante à pleins poumons. Tonitruante et véhémente, cette illustration du romantisme manque singulièrement de poésie. Inutile de s'appesantir sur la distribution, sur la voix large et sonore mais sans charme de Deborah Voigt (Senta), sur celle, ô combien terne et rêche de Jan-Hendrik Rootering (Daland). Seul, dans ce naufrage incompréhensible, Falk Struckmann (le Hollandais) conserve sa dignité musicale et tente d'esquisser un personnage. On le constate fréquemment à l'opéra de Paris : le même spectacle, d'un jour à l'autre, peut varier du tout au tout. La barre se redressera-t-elle au fur et à mesure des représentations ? (1)


    (1) NDR : effectivement, la représentation du 28 proposait un orchestre beaucoup moins monolithique




    Opéra Bastille, Paris
    Le 23/06/2000
    Michel PAROUTY

    Nouvelle production du Vaisseau Fantome à l'Opéra-Bastille, Paris.
    Le Vaisseau fantôme de Richard Wagner
    Direction musicale : James Conlon.
    Mise en scène : Willy Decker.
    Décors : Wolfgang Gussmann
    Avec Deborah Voigt (Senta), Falk Struckmann (le Hollandais), Jan-Hendrik Rootering (Daland), Thomas Moser (Eric), Kurt Streit (le Pilote), Anne-Marie Owens (Mary).

     


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