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CRITIQUES DE CONCERTS 22 septembre 2020

Nouvelle production du Vaisseau Fantome à l'Opéra-Bastille, Paris.

Un vaisseau plut√īt en rade
© Eric Sebbag

Avec cette nouvelle production signée Willy Decker, c'est la seconde fois que le hollandais volant revient hanter l'opéra Bastille. Signé par le cinéaste Werner Herzog en 1993, le premier vaisseau n'avait pas laissé un souvenir insubmersible ; le même sort est probable pour son successeur.
 

Opéra Bastille, Paris
Le 23/06/2000
Michel PAROUTY
 



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  • √Ä la fin de cette nouvelle production du " Vaisseau fant√īme ", Senta ne se jette pas dans les flots, elle se poignarde. C'est, visiblement, l'univers int√©rieur d'une schizophr√®ne qu'a voulu repr√©senter Willy Decker : tout ce qui existe autour d'elle, hormis, peut-√™tre, Eric, son fianc√©, n'est qu'illusion, r√™ve ou cauchemar. Incapable de supporter la vie, mais tout aussi incapable de vivre ses fantasmes, la jeune femme n'a d'autre issue que la mort. Et le d√©cor glacial de Wolfgang Gussmann, cens√© √©voquer une partie d'un appartement bourgeois du si√®cle dernier, prend facilement des allures de prison ou d'asile d'ali√©n√©s. Une vision efficace, coh√©rente, pas vraiment originale mais qui se tient : Decker a fait mieux (son " On√©guine ", par exemple) mais rien, dans sa conception du " Vaisseau ", n'est r√©pr√©hensible.
    On se demande, en revanche, ce qui est arriv√© √† l'orchestre, qui sonne gros, gras et gris, et √† Conlon, qui peine √† tenir la distance de ces trois actes jou√©s, comme il se doit, √† la file, ignore les nuances, et se r√©fugie dans un fortissimo quasi constant. Les choeurs (dont la gr√®ve avait conduit √† annuler la premi√®re repr√©sentation), les solistes, tout le monde chante √† pleins poumons. Tonitruante et v√©h√©mente, cette illustration du romantisme manque singuli√®rement de po√©sie. Inutile de s'appesantir sur la distribution, sur la voix large et sonore mais sans charme de Deborah Voigt (Senta), sur celle, √ī combien terne et r√™che de Jan-Hendrik Rootering (Daland). Seul, dans ce naufrage incompr√©hensible, Falk Struckmann (le Hollandais) conserve sa dignit√© musicale et tente d'esquisser un personnage. On le constate fr√©quemment √† l'op√©ra de Paris : le m√™me spectacle, d'un jour √† l'autre, peut varier du tout au tout. La barre se redressera-t-elle au fur et √† mesure des repr√©sentations ? (1)


    (1) NDR : effectivement, la représentation du 28 proposait un orchestre beaucoup moins monolithique




    Opéra Bastille, Paris
    Le 23/06/2000
    Michel PAROUTY

    Nouvelle production du Vaisseau Fantome à l'Opéra-Bastille, Paris.
    Le Vaisseau fant√īme de Richard Wagner
    Direction musicale : James Conlon.
    Mise en scène : Willy Decker.
    Décors : Wolfgang Gussmann
    Avec Deborah Voigt (Senta), Falk Struckmann (le Hollandais), Jan-Hendrik Rootering (Daland), Thomas Moser (Eric), Kurt Streit (le Pilote), Anne-Marie Owens (Mary).

     


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