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CRITIQUES DE CONCERTS 20 août 2018

Concerts de l’Orchestre philharmonique de Radio France et des Jeunes du Venezuela sous la direction de Gustavo Dudamel à la salle Pleyel, Paris.

Un tempérament explosif
© Mathias Bothor / DG

Le Vénézuélien Gustavo Dudamel, 28 ans, est un maestro avec lequel il va falloir compter parmi les meilleures baguettes mondiales. Les deux concerts qu’il vient de donner ce week-end à Paris à la tête de deux orchestres foncièrement différents ont transporté le public par la joie et l’énergie délirantes qu’ils ont communiqués.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 24/10/2009
Nicole DUAULT
 



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  • Dudamel, nommé voici quelques jours chef de l’Orchestre de Los Angeles, succédant ainsi à Esa-Pekka Salonen, n’est pas venu seul à Paris mais en compagnie des 205 musiciens de la formation où il a fait ses classes et qu’il dirige également, l’Orchestre Simon Bolivar des jeunes du Venezuela. Un orchestre peu ordinaire : ces musiciens, âgés entre 12 et 26 ans, viennent tous de quartiers difficiles. Ils doivent leur recrutement à un homme, économiste de haut niveau, compositeur et chef d’orchestre, qui fut pendant une dizaine d’années ministre de la Culture du Venezuela : José Antonio Abreu.

    Révolté par la misère et la délinquance des jeunes, il a mis en place depuis le milieu des années 1970 un apprentissage collectif qui a abouti à la création de près de trois cents orchestres dont l’émanation la plus virtuose est le Simon Bolivar. On n’avait jamais entendu cette formation à Paris. Elle vient de faire des débuts fulgurants d’enthousiasme. Vendredi, les muchachos de Dudamel, comme il les appelle, participaient à un concert à deux orchestres.

    En première partie, le prodige de la baguette retrouvait l’Orchestre Philharmonique de Radio France avec lequel il collabore comme chef invité depuis 2005. Il dirigeait la seconde suite de Daphnis et Chloé de Ravel : cette partition, les musiciens du Philhar’ la possèdent par atavisme. Dudamel donne à ce ballet vibrant et sensuel encore plus de rondeur, de langueur, de magie. Son magnétisme est aussi intense sur les musiciens du Philharmonique que sur ceux qui leur succèdent dans la festive, pétulante et encore plus dansante suite symphonique Santa Cruz de Pacairigua du compositeur Evencio Castellanos (1915-1984) : une œuvre de 1954, très cinématographique.

    En deuxième partie, aux instrumentistes français sont associés les jeunes Vénézuéliens, soit quelques cent cinquante musiciens sur la scène de Pleyel, dont quatre harpes, treize contrebasses. Ils donnent à la Symphonie fantastique de Berlioz son vrai sens. Dudamel réussit l’homogénéité des deux orchestres issus d’écoles si différentes. C’est intense, fou, émouvant et enthousiasmant.

    Le public qui emplit la salle Pleyel jusqu’au plus petit espace est en délire : les spectateurs vénézuéliens agitent des drapeaux. Les jeunes musiciens tirent de leurs poches des foulards à leurs couleurs qu’ils passent au cou de leurs collègues français en dansant. Dudamel les lancent tous dans le mambo de West Side Story. Embrassades et re-délire de la salle.

    Bis repetita le lendemain, les musiciens du Bolivar se produisant seuls. Sur la scène de Pleyel, ils sont encore plus nombreux, un effectif peut-être excessif, avec quatorze contrebasses pour une très sonnante Symphonie alpestre de Richard Strauss.

    Auparavant, ils ont accompagné Renaud Capuçon dans le Concerto pour violon de Tchaïkovski. Le violoniste au milieu d’un tel appareil, en connivence malicieuse avec le chef (ils ont déjà joué ensemble), semble planer et partage l’ardeur juvénile des musiciens qui l’accompagnent. À moitié assis sur la chaise d’un altiste, Dudamel écoute ensuite Capuçon interpréter la danse d’Orphée et Eurydice de Gluck qu’il donne en bis.

    Au rang d’honneur sont ce soir installés Frédéric Mitterrand, Renaud Donnedieu de Vabres, nouveau et ancien ministre de la Culture. C’est l’heure des médailles : Mitterrand remet la Légion d’honneur à José Antonio Abreu et les Arts et Lettres à Gustavo Dudamel avant que l’orchestre n’embarque le public, comme la veille, dans un mambo frénétique, dansant et jonglant même avec leurs instruments.

    Le tempérament latino-américain est certes pour beaucoup dans l’enthousiasme : si les élèves des conservatoires français en avaient le dixième, si notre politique musicale était plus inventive et plus joyeuse, les salles de concert parisiennes habituelles seraient-elles plus radieuses.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 24/10/2009
    Nicole DUAULT

    Concerts de l’Orchestre philharmonique de Radio France et des Jeunes du Venezuela sous la direction de Gustavo Dudamel à la salle Pleyel, Paris.

    Vendredi 23 octobre
    Maurice Ravel (1875-1937)
    Daphnis et Chloé, suite n° 2
    Orchestre Philharmonique de Radio France
    Evencio Castellanos (1915-1984)
    Santa Cruz de Pacairigua
    Orchestre des jeunes Simon Bolivar du Venezuela
    Hector Berlioz (1803-1869)
    Symphonie fantastique
    Orchestre des jeunes Simon Bolivar du Venezuela
    Orchestre Philharmonique de Radio France
    direction : Gustavo Dudamel

    Samedi 24 octobre
    Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893)
    Concerto pour violon et orchestre en ré majeur op. 35
    Renaud Capuçon, violon
    Richard Strauss (1864-1949)
    Eine Alpensinfonie op. 64
    Orchestre des jeunes Simon Bolivar du Venezuela
    direction : Gustavo Dudamel

     


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