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CRITIQUES DE CONCERTS 19 décembre 2018

Intégrale de la musique de chambre de Korngold dans le cadre des Convergences de l’Opéra de Paris.

Korngold en chambre

Parallèlement aux représentations de la Ville morte , l'Opéra Bastille présentait l'intégrale de la musique de chambre d'Erich Wolfgang Korngold. Admirablement interprété par le Quatuor Aron, le compositeur y apparaît tantôt comme le chantre d'une Vienne disparue, tantôt comme le témoin inquiet des turbulences historiques de son époque.
 

Amphithéâtre de l'Opéra Bastille, Paris
Le 05/11/2009
Laurent VILAREM
 



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  • Belle idée que de présenter un compositeur dans l'étendue de sa production. Ainsi, suite aux représentations de son opéra la Ville morte saluées dans ces colonnes, l'Opéra Bastille offrait dans sa série Convergences quatre concerts qui donnaient l'intégralité de la musique de chambre de Korngold. Né en 1897, le compositeur autrichien aura connu Zemlinsky et Mahler dans son enfance avant que son destin ne bascule tragiquement à l'avènement du Troisième Reich et qu'il n'embrasse l'exil à Hollywood.

    Pour les deux concerts du cycle qui nous intéressent ici, l'excellent Quatuor Aron a la judicieuse idée de marier le compositeur à deux de ses contemporains: Hanns Eisler d'un côté dont le Quatuor à cordes de 1938 est une authentique œuvre de guerre avec sa dense polyphonie, ses angles nerveux et sa course à l'abîme, et Richard Strauss de l'autre dont le sextuor initial de Capriccio ressasse dans une mélancolie obsessionnelle la chute de l'Empire austro-hongrois. Choix judicieux tant ses pôles contradictoires synthétisent parfois à l'intérieur d'une même pièce l'inspiration de Korngold.

    Le programme commence avec le 2e quatuor à cordes, véritable bain de jouvence de 1934. En quatre mouvements, son épanchement mélodique et harmonique rappellerait presque la musique française la plus luxuriante (celle de Franck ou Florent Schmitt) s'il n'y avait cette valse finale presque anachronique. Commençant par des gestes musicaux pas toujours exempts de sentimentalisme – notamment dans le Larghetto –, ce quatuor régale cependant par son élégance et sa perfection.

    La Suite pour piano et cordes qui suit est plus inégale. Commandée en 1930 par le pianiste Paul Wittgenstein (commanditaire entre autres du Concerto pour la main gauche de Ravel), elle surprend tout d'abord par son atmosphère à la Chostakovitch et son entrée en matière motorique admirablement rendue par le pianiste finlandais Henri Sigfridsson.

    Bientôt, les autres mouvements retrouvent cependant des contrées plus balisées, celles de Dvořák ou Brahms. On gagerait qu'une force vive poussait Korngold à organiser et ordonner la sauvagerie initiale par des procédés formels très classiques. Dans cette musique qui exige beaucoup des musiciens, le Quatuor Aron est en revanche engagé, cinglant, lyrique. En un mot, parfait.

    Maîtrise et sensibilité qui sont également à l'œuvre au cours du deuxième concert. Du débordant Sextuor à cordes op. 10 qui affirme à quel point Korngold ne s'appelait pas Wolfgang pour rien – il avait alors à peine 18 ans –, on retiendra davantage le 3e quatuor à cordes de 1946, qui brosse une nouvelle fois le portrait d'un homme contradictoire.

    Heurté, aux motifs inquiets, le Moderato allegro initial rappelle une fois encore le Chostakovitch de la même époque, avant que le discours ne jette à son tour un œil désuet vers la Vienne d'antan. Il y a bien ce troisième mouvement intitulé Sostenuto, like a folk tune, où l’auteur se fait bouleversant. Par cette chanson populaire, son écriture s'épure et préfigure même des compositeurs soviétiques comme Arvo Pärt, Edison Denisov ou Alfred Schnitkke.

    Dans ce mouvement, Korngold décrit enfin au présent un monde qu'il aura vu disparaître avec pertes et fracas. Drôle de compositeur finalement dans sa production chambriste, capable de fulgurances comme de facilités ; ce qui ne le rend pas moins passionnant.




    Amphithéâtre de l'Opéra Bastille, Paris
    Le 05/11/2009
    Laurent VILAREM

    Intégrale de la musique de chambre de Korngold dans le cadre des Convergences de l’Opéra de Paris.

    Jeudi 8 octobre

    Hanns Eisler (1898-1962)
    Quatuor à cordes op. 75
    Erich Wolfgang Korngold (1897-1957)
    Quatuor à cordes n° 2 en mib majeur op. 26
    Suite pour piano et cordes op.23
    Henri Sigridsson, piano

    Jeudi 5 novembre

    Richard Strauss (1864-1949)
    Sextuor de Capriccio
    Thomas Selditz, alto
    Marius Diaz, violoncelle

    Erich Wolfgang Korngold (1897-1957)
    Quatuor à cordes n° 3 en ré majeur op. 34
    Sextuor à cordes en ré majeur op. 10

    Quatuor Aron
    Ludwig Muller, violon I
    Barna Kobori, violon II
    Georg Hamann, alto
    Christophe Pantillon, violoncelle

     


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