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CRITIQUES DE CONCERTS 19 février 2018

Nouvelle production du Rake’s progress de Stravinski mise en scène par Antoine Gindt et sous la direction de Franck Ollu au Théâtre de l’Athénée, Paris.

Le diable au quotidien
© Pascal Victor / ArtComArt

Un diable sans ricanement, un anti-héros plus veule que libertin : de quoi faire encore plus frémir tant les personnages du Rake’s progress donné en ce moment à l’Athénée dans une mise en scène d’Antoine Gindt semblent sortir du quotidien d’aujourd’hui. Un spectacle qui tendrait toutefois à banaliser le petit chef-d’œuvre de Stravinski, y compris du côté de la fosse.
 

Athénée Théâtre Louis-Jouvet, Paris
Le 24/11/2009
Nicole DUAULT
 



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  • Rien de grandiloquent ni d’excessif chez ce Tom Rackewell. C’est un jeune homme de 2009 bien plus paresseux et oisif que le libertin vicieux des gravures du peintre anglais Hogarth dont s’inspira Stravinski. Sans doute est-ce cela qui rend le personnage plus proche de nous ? Ses envies et ses tentations ne sont-elles pas à notre portée ? Baba la Turque et Mother Goose sont une seule et même personne, une jeune femme glamour, magnifique, sortie d’un univers bling-bling sur papier glacé. On se croirait dans une rubrique mondaine.

    Voici un vrai plaisir de théâtre avec pourtant des limites. Les musiciens de l’Orchestre des Lauréats du Conservatoire sont de blanc vêtu. L’action se déroule sur un proscenium également blanc comme les deux fauteuils tournants qui constituent les seuls accessoires du décor. Au fond, un losange blanc change de couleur au gré de l’intrigue, rouge pour le bordel, bleu pour le mariage. Entre les scènes descend des cintres un écran blanc (toujours) sur lequel des croquis alertes restituent ce qui manquerait dans le décor.

    En actualisant l’histoire avec un piètre Rackewell et un diable au degré zéro, le metteur en scène banalise à l’extrême et perd l’idée percutante et drolatique du propos qui amusait, au début des années 1950, Stravinski dans sa vieillesse. Le metteur en scène et directeur de T&M, Antoine Gindt, auquel on doit tant de productions réussies comme la Medea de Pascal Dusapin ou le superbe Richter de Mario Lorenzo, ne va pas assez loin. Et ce vrai plaisir de théâtre mériterait un degré de plus dans l’ironie et le sarcasme.

    L’orchestre – temps de crise – est un peut trop réduit. Il manque de chair et d’envolées. À la tête de cette formation composée pourtant de bons musiciens, Franck Ollu ne donne pas assez d’énergie, de pulsion, de dynamisme.

    Le régal de cette production vient des interprètes, quatre d’entre eux notamment : la soprano Elizabeth Calleo incarne une Anne Trulove intense, réservée et très émouvante ; le Tom Rakewell du ténor Jonathan Boyd, beau chanteur et bel acteur, est un vrai plaisir tant les inflexions de sa voix collent à la veulerie de son personnage.

    Si le Nick Shadow d’Ivan Ludlow reste vraiment peu diabolique, un peu trop dans l’ombre, la personnalité d’Allison Cook en Mother Goose et Baba la Turque brûle les planches : voix magnifique, silhouette splendide – heureusement elle ne porte pas la barbe traditionnelle pour son personnage – et jeu impeccable.

    Même si cette production ne comble pas toutes les espérances, elle mérite d’être encouragée. Avec un peu plus de dynamisme orchestral, malgré les coupes – l’introduction et le final notamment –, elle montre qu’en dehors des grandes institutions, l’opéra, avec peu de moyens, peut toucher le public.

    Patrice Martinet s’attache à montrer depuis des années des productions lyriques de haut niveau. On lui dit bravo en attendant avec gourmandise l’opéra bouffe Au temps des croisades de Claude Terrasse et Franc-Nohain par la compagnie des Brigands et Christian Gagneron.




    Athénée Théâtre Louis-Jouvet, Paris
    Le 24/11/2009
    Nicole DUAULT

    Nouvelle production du Rake’s progress de Stravinski mise en scène par Antoine Gindt et sous la direction de Franck Ollu au Théâtre de l’Athénée, Paris.
    Igor Stravinski (1882-1971)
    The Rake’s progress, opéra en trois actes (1951)
    Livret de Wystan Hugh Auden et Chester Kallman

    Chœur T&M-Paris
    Orchestre des Lauréats du Conservatoire de Paris - CNSMDP
    direction : Frank Ollu
    mise en scène : Antoine Gindt
    scénographie : Antoine Gindt & Carolina Espirito Santo
    costumes : Carolina Espirito Santo
    lumières : Laurent Cauvin
    préparation des chœurs : Léo Warynski

    Avec :
    Elizabeth Calleo (Anne Trulove), Jonathan Boyd (Tom Rakewell), Ivan Ludlow (Nick Shadow), Allison Cook (Mother Goose / Baba la Turque), Johannes Schmidt (Trulove), Paul-Alexandre Dubois (Sellem).

     



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