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CRITIQUES DE CONCERTS 16 octobre 2018

Récital du pianiste Grigory Sokolov au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

L’art du récit de voyage
© Opus 111

Chaque automne ramène au TCE Grigory Sokolov pour un copieux récital qui désormais fait à chaque fois salle pleine. Le public parisien apprécie à raison ce pianiste à la carrière non médiatisée ni soumise aux lois du marketing de l’industrie phonographique. Schubert et Schumann sont au programme cette année avec des œuvres de longue haleine.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 01/12/2009
Olivier BRUNEL
 



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  • Contrairement à Boris Berezovsky qui la veille à Pleyel avait dû supporter stoïquement les tousseurs, racleurs de gorge et autres applaudisseurs pendant les silences entre deux pièces, Sokolov bénéficie d’un calme absolu, d’une concentration étonnante et plutôt rare avenue Montaigne.

    Salle pleine à craquer d’inconditionnels, dont un bon nombre de ses compatriotes, au premier rang desquels le pianiste Evgeny Kissin, qui semble beaucoup aller écouter ses confrères cette saison. L’immuable rituel est au rendez-vous, avec une lumière très feutrée, l’économie totale des saluts et l’absence de regard et encore plus de sourire. Ses grâces, Sokolov les réserve pour la seule musique.

    Avec la Sonate en ré majeur D. 850 de Schubert, le pianiste nous embarque dans un vrai voyage tout au long de ses quatre mouvements, en observant même les reprises. Voyage apaisé car cette sonate appartient à l’un des rares et brefs épisodes heureux de la vie du compositeur. On peut y mettre plus de couleurs, plus de tendresse, plus d’élans que ne le fait Sokolov, mais le résultat est qu’il vous prend par la main et vous force à écouter dans ses termes le récit de ce périple.

    Plus ardu est celui de la seconde partie, dévolue à la Grande sonate en fa mineur op. 14 de Schumann surnommée sans que l’on comprenne bien pourquoi « concert sans orchestre ». Sa virtuosité n’est pas pour faire peur au technicien hors pair, mais plus d’une fois, il laisse cette virtuosité l’emporter sur l’expressivité. Pas dans l’Andantino, qui est un cycle de variations sur un thème de Clara, joué ce soir avec une science inouïe des plans sonores. Mais l’ensemble de cette œuvre de jeunesse qui est longue montre plus d’une fois sous ses doigts son caractère composite et fragmenté.

    Sokolov est généreux avec son public, revenant de nombreuses fois, avec quelques Préludes de Chopin et des pages de Scriabine, captivant son audience jusqu’au bout d’un récital de deux grandes heures.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 01/12/2009
    Olivier BRUNEL

    Récital du pianiste Grigory Sokolov au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Franz Schubert (1797-1828)
    Sonate pour piano en ré majeur op. 53 (D. 850)
    Robert Schumann (1810-1856)
    Sonate pour piano n° 3 en fa mineur op. 14
    Grigory Sokolov, piano

     


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