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CRITIQUES DE CONCERTS 20 mars 2019

Nouvelle production d’Eugène Onéguine de Tchaïkovski mise en scène par Jean-Yves Ruf et sous la direction de Pascal Verrot à l’Opéra de Lille.

Un sage Onéguine
© Frédéric Iovino

C’est devenu une habitude. L’Opéra de Lille donne la primeur, dans chacune de ses productions, à des voix jamais entendues en France. C’est encore plus vrai dans ce nouvel Eugène Onéguine de Tchaïkovski. Un succès de ce point de vue, malgré une mise en scène et une direction musicale pour le moins sages.
 

Opéra, Lille
Le 12/01/2010
Nicole DUAULT
 



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  • Nimbée de voilages blanc ou noirs, la production de ce nouvel Eugène Onéguine signée du comédien Jean-Yves Ruf n’innove guère. Au premier degré, elle est toujours respectueuse de l’intrigue et de la musique avec une réussite, le bal du dernier acte, plein d’un charme désuet. Le metteur en scène met l’accent dans le jeu des chanteurs sur la tendresse et la désespérance de cette histoire de faillite amoureuse. Dans la fosse, le chef Pascal Verrot et son frêle Orchestre de Picardie sont eux aussi respectueux de l’œuvre, sans doute un peu trop, jusqu’à la pusillanimité. Ils manquent d’emportements romantiques et ne communiquent guère le frisson.

    L’intérêt de cette production tient aux chanteurs qui font pour la plupart leurs premiers pas sur une scène française. Quel drôle de parcours que celui du baryton norvégien Audun Iversen, qui débuta dans la comédie musicale Jésus-Christ Superstar ! Il doit sa reconversion dans l’opéra à des chefs comme le maestro aujourd’hui lyonnais Kazushi Ono, qui l’a propulsé vers de grands rôles lyriques. Iversen sera prochainement Albert de Werther au Covent Garden de Londres. Il possède une voix équilibrée, une prestance imposante et un sens inné de la scène.

    Pleine d’espoir est la voix du ténor russe Sergei Romanovski (Lenski). Il a étudié autant en Russie qu’en Occident : il est en plein épanouissement et on lui prête une carrière riche de succès. Autre voix masculine passionnante, celle de la basse Wojtek Smilek en Prince Grémine. Par un extraordinaire concours de circonstances, entre deux représentations lilloises, il vient de remplacer le Français Nicolas Testé, aphone, dans Norma de Bellini au Châtelet, où il a été ovationné, à juste titre, comme le meilleur chanteur de la production.

    La romantique Tatiana garde pour nous le visage de Galina Vischneskaïa, la femme de Rostropovitch. On se souviendra toujours de cet Onéguine au Palais Garnier où la magnifique diva vieillissante interprétait l’héroïne. Quand dans la lecture de la lettre, elle faiblissait, Rostro, qui dirigeait l’Orchestre de l’Opéra de Paris, couvrait la voix de sa femme. Personne n’était dupe, mais on saluait cette expressivité et cette tendresse.

    À Lille, la frêle adolescente est interprétée par une chanteuse de grand gabarit. Cheveux tombant jusque aux reins, robe cintrée, serrée à la taille qui met en valeur des formes exubérantes : tout cela ne donne guère de crédibilité au personnage mais sa voix pulpeuse séduit. Même gabarit épanoui pour Olga, la sœur de Tatiana, somptueuse de timbre.

    Le charme de cette production qui séduit, avec raison, les spectateurs lillois, tient aux chanteurs. Souvenez-vous de Dina Kuznetsova (Tatiana) et de Louise Poole (Olga) ! Elles pourraient, aux côtés de Wojek Smilek, créer partout la surprise. Dans le rôle de Madame Larina, on retrouve une vedette du grand circuit, Marie McLaughlin, égale à elle-même.




    Opéra, Lille
    Le 12/01/2010
    Nicole DUAULT

    Nouvelle production d’Eugène Onéguine de Tchaïkovski mise en scène par Jean-Yves Ruf et sous la direction de Pascal Verrot à l’Opéra de Lille.
    Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893)
    Eugène Onéguine, opéra en trois actes (1879)
    Livret de Modest Tchaïkovski d’après Pouchkine

    Chœur de l’Opéra de Lille
    Orchestre de Picardie
    direction : Pascal Verrot
    mise en scène : Jean-Yves Ruf
    décors : Laure Pichat
    costumes : Claudia Jenatsch
    éclairages : Christian Dubet
    préparation des chœurs : Yves Parmentier

    Avec :
    Audun Iversen (Eugène Onéguine), Dina Kuznetsova (Tatiana), Sergei Romanovski (Lenski), Louise Poole (Olga), Wojtek Smilek (Prince Grémine), Marie McLaughlin (Madame Larina), Nina Romanova (Filipievna), François Piolino (Monsieur Triquet), Vincent Vantyghem (Zaretski), Aurélien Pernay (le Capitaine).

     



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