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CRITIQUES DE CONCERTS 17 février 2020

Nouvelle production de la Flûte enchantée de Mozart mise en scène par Laura Scozzi et sous la direction de Darrell Ang à l’Opéra de Bordeaux.

Mozart sur les pistes
© FrĂ©dĂ©ric Desmesure

Saugrenue, bon enfant et fidèle, la Flûte Enchantée de Mozart revue par la metteure en scène et chorégraphe Laura Scozzi se passe aux sports d’hiver. Aucune référence à la franc-maçonnerie : Tamino et Pamina n’ont que la neige, le ski et les télésièges pour magie. Un spectacle amusant, porté par la baguette encore fraîche de Darrell Ang.
 

Grand-Théâtre, Bordeaux
Le 22/01/2010
Nicole DUAULT
 



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  • L’histoire se dĂ©roule conformĂ©ment au livret « entre vallĂ©es et montagnes Â» oĂą, selon les trois Dames, vit Ă©galement Sarastro. Laura Scozzi a pris le texte au mot avec un certain dĂ©calage... Ă  l’aube des dernières annĂ©es du XXe siècle, dans une station de sports d’hiver avec tĂ©lĂ©cabine. Selon le texte, les trois jeunes garçons se dĂ©placent en machines volantes ; les voici donc sur des tĂ©lĂ©sièges. Seule incongruitĂ©, ils sont chantĂ©s par trois filles. On se demande la raison : les maĂ®trises bordelaises manquent-elles de garçons ?

    La metteure en scène est bien connue des mĂ©lomanes parisiens notamment pour ses chorĂ©graphies de PlatĂ©e au Palais Garnier et de la Belle HĂ©lène au Châtelet. Elle a situĂ© l’action dans une station des Alpes enneigĂ©es parmi des chalets de carte postale. Elle Ă©crit dans le programme : « L’ascension d’une montagne est très significative : un dĂ©fi, le grand effort qui vous confronte Ă  vos limites, que dans l’idĂ©al on dĂ©passe. On peut y voir une sorte de mĂ©taphore de la recherche de soi par nos jeunes hĂ©ros. Â»

    Entre humour et irrespect, Scozzi multiplie farces et clins d’œil. On pense évidemment au film les Bronzés font du ski. D’ailleurs, la troupe que dirigeait Schikaneder, auteur du livret de Mozart et interprète jovial, dit-on, drolatique et sulfureux de Papageno, n’était-elle pas à son époque en quelque sorte l’équivalent des comédiens du Splendid ?

    © Frédéric Desmesure

    Le spectacle se démultiplie dans le cocasse. Les animaux dansants, ours, loups et chamois, sont ceux des Alpes. Autour d’un Sarastro figé dans une sorte d’éternité statique, tous les autres chanteurs gambadent et se divertissent. Sont-ils sensibles à l’inaccessibilité de leurs destins ? Au moment des épreuves de l’eau et du feu qui vont initier et grandir Tamino et Pamina, ce sont les montagnes qui déversent une cascade et crachent du feu : ces cimes élèvent autant les corps qui les escaladent que les âmes qui les gravissent vers la connaissance et l’innocence.

    Implicite et explicite, cette mise en scène très réussie prend le pas sur l’interprétation musicale. L’Orchestre de Bordeaux est certes à la hauteur, plein de sensibilité et de couleurs, dirigé par l’une des nouvelles jeunes vedettes, le maestro asiatique Darrell Ang. Natif de Singapour, élève du Conservatoire de Saint-Pétersbourg, de l’Université de Yale et de Sir Colin Davis, il est un pur produit de la mondialisation musicale.

    Couronné par de nombreux prix, y compris à Besançon en 2007, il a besoin de maîtriser, d’intérioriser tous ces apports. Il semble posséder fulgurance, sensibilité et maîtrise. Ce qui lui manque encore, c’est cette pugnacité, cette hauteur de vue, ce charme et cette aura qui font les maestros d’exception.

    Direction d’orchestre et mise en scène mettent un peu dans l’ombre des interprètes de qualité, pleins de malice, tels l’Américain Alek Shrader (Tamino) et Maria Bengtsson (Pamina). À la fin du spectacle, nos parfaits amoureux partent pour un voyage de noces. Apparaît alors sur la toile de fond un avion qui décolle et une carte postale d’Égypte. Ouf ! Nous voilà avec humour revenus dans les triangles, les pyramides et les symboles d’un Mozart maçonnique !




    Grand Théâtre de Bordeaux, jusqu’au 7 février.




    Grand-Théâtre, Bordeaux
    Le 22/01/2010
    Nicole DUAULT



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